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Euro 2017 Féminin

Euro 2017 – Groupe C : La France angoissée, la France éprouvée, mais la France libérée !

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Les Euros se suivent et ne se ressemblent pas. En 2009, pour leur match d’ouverture, les Bleues l’avaient emporté 3 buts à 1 face à l’Islande. Huit ans plus tard, la France s’impose face à ce même adversaire par un seul but, marqué sur pénalty par Eugénie Le Sommer. C’était à la 86ème minute, le compteur bleu s’ouvrit enfin, l’horizon, la compétition aussi.

Comme un air de déjà vu

Les matchs d’ouverture sont toujours, par les temps qui courent, un exercice délicat. Dans les phases finales de compétition, chez les hommes comme chez les femmes, on ne trouve plus ou très rarement, d’équipe au niveau nettement inférieur. Tout se joue dans un mouchoir de poche, et si, sur le papier, la belle troisième place de la France au classement Fifa peut lui conférer un avantage certain sur la 19ème nation qu’est l’Islande, lorsqu’il s’agit d’en découdre sur le terrain, c’est une autre paire de manche.

Il y avait certes un air de déjà vu : des hordes de supporters blonds déboulés du cercle polaire, casque viking sur les oreilles, élevant les bras, frappant des mains en poussant des cris bestiaux, du fond de la poitrine. On appelle cela le clapping. Mais si, souvenez-vous ! Nous l’avions découvert l’année dernière, lors de l’Euro des messieurs, en France ! On avait tellement aimé ça qu’on a repris la scénographie à l’identique pour nos propres matchs ! Cette année le contingent venu du Nord était plus épars, pas de quoi peupler un stade, mais il faisait néanmoins bonne figure dans ce public d’où s’échappaient, de temps à autre, quelques « Allez les Bleues ! ».

Côté coulisse, voilà le tableau.

Côté scène, onze Islandaises, onze Françaises.

Un bloc islandais solide, une gardienne aux gants magnétiques

Emmenée par sa capitaine Sara Bjork Gunnarsdóttir, cette équipe islandaise s’est révélé un véritable bloc, engagé, appliqué, agressif. Parmi ses identités remarquables, Fanndís Fridriksdóttir, floquée du numéro 23, dont on louera longtemps les qualités physiques, sa vitesse, qui s’est même payé le luxe d’un grand pont sur Sakina Karchaoui (70ème). Gunnhildur Jónsdóttir mérite une mention particulère, également, omniprésente sur les duels, et pour finir, l’incontournable gardienne Gudbjörg Gunnarsdóttir dont les gants magnétiques semblaient attirer tous les frappes de Thomis, Le Sommer, Abily.

Et en face, nos Françaises, obsédées par la volonté de bien commencer cet Euro, lestées par leur statut de favorites, tremblantes à l’idée de commettre l’irréparable. Il restera de leur copie une impression de fébrilité, un manque de confiance évident, un jeu frustrant, ralenti voire cafouillé par la pression. Pourtant le résultat est au rendez-vous, et la défense a tenu son rang. Wendie Renard, en capitaine exemplaire, Laura Georges, en taulière, Sarah Bouhaddi, en dernier rempart, en cas de nécessité (une seule fois, à la 66ème). Les arrières, Jessica Houara D’hommeaux et Sakina Karchaoui auront également été appliquées dans leur placement et leur marquage défensif, c’est donc bien l’apport offensif, l’animation du jeu qui nous aura laissé sur le carreau.

Le si grand maillot de favorite

La première mi-temps fut une mise en application du principe de réalité. Les Islandaises, plus impliquées, plus concentrées, brisaient les attaques de leurs adversaires, parvenant même, au fil des minutes, à en diminuer la fréquence et la rapidité.

Au bout d’une demi-heure de jeu, on n’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Bien sûr, il y eu quelques coups francs de Camille Abily, des centres d’Elise Bussaglia, des arrières Jessica Houara et Sakina Karchaoui, bien sûr il y eu quelques combinaisons entre Camille Abily et Eugénie Le Sommer. Mais les Islandaises avaient préparé leur partition. Elles isolèrent superbement Le Sommer, asphyxièrent ses pourvoyeuses régulières de ballons : Abily cernée, Bussaglia et Thomis, livrées aux doutes, Le Bihan, blessée dès la fin de la première mi-temps, remplacée par la néo parisienne Kadidiatou Dounia dont la performance ne restera pas dans les annales.

Les minutes s’écoulèrent paisiblement, et on s’étonna presque que l’arbitre renvoie nos protagonistes au vestiaire, tant le rythme était alanguissant. Seule, parmi cette nuée entre deux mondes, Amandine Henry, inlassablement, virevoltait à la recherche de ballons à récupérer, aux quatre coins du terrain.

Déchet technique et ballons contrés 

La seconde période laissa augurer de meilleurs espoirs. Les Bleues se montrèrent plus entreprenantes, plus impliquées dans les duels, à l’image de Jessica Houara D’Hommeaux, le Sommer se mit à toucher davantage de ballons, et avec une telle agilité, que l’on comprit pourquoi les Islandaises firent tout leur possible pour la contenir. Elle dribble, c’est élégant, c’est juste, altruiste, le Sommer joue pour passer, comme à la 64ème, ou elle nous gratifia d’un petit festival dans le coin gauche de la surface adverse, pour passer à Camille Abily, un jet, parfaitement dosé, dans la course.

Malgré cela, il y eut toujours un pied, un dos, un tacle d’archi extrême minute, ou nos propres démons, passe mal ajustée, trop lointaine, trop forte, inutile, pour contrecarrer les entreprises de nos Bleues, sans parler des gants magnétiques de la gardienne islandaise, aspirant tout ce qui se trouvait sur leur trajectoire, coup francs, frappes, corners.

Le sélectionneur islandais, Freyr Alexandersson, porté par les clapping, se mit à croire à sa saga. Son équipe était si près d’abattre la foudre sur nos filles ! A la 61ème minute il sortit la milieue Agla Maria Albertsdottir pour faire entrer Katrin Ásbjörnsdóttir, au jeu plus offensif.

Gaëtane Thiney détone, Le Sommer transforme

 Marie-Laure Delie et Gaëtane Thiney (Crédit : Le Parisien)

Enfin vint la 63ème minute, et l’entrée de Gaëtane Thiney, l’emblématique joueuse de Juvisy (néo Paris Football Club) pour rafraichir cette physionomie de rencontre au verni déjà craquelé. Ce n’est pas que tout changea, mais tout devint de nouveau possible, la milieue offensive, par son mouvement permanent commença à ébouriffer les Islandaises jusqu’alors bien peignées, à bouger, multiplier les solutions, les combinaisons.

Et soudain, sur les vingt dernières minutes, voilà que Abily touche davantage de balles, que le Sommer est mieux servie, qu’Amandine Henry respire aussi, et, sur une passe dans la profondeur, la voilà ceinturée par Jensen, en plein milieu de la surface de réparation (85ème minute).

Sentence immédiate. La suite est connue.

Le Sommer marque son 18ème but en bleu, comme un coup de revolver, lançant enfin le début de la véritable compétition pour les Bleues.

Les dix dernières minutes furent un régal, un vent de légèreté, au dessus de la pelouse, on aurait aimé que le match commence à ce moment là, et les regarder jouer 90 minutes.

Mesdames, la victoire vous va si bien. Pour votre prochain match, si on disait que vous commenciez à la 85ème….

Les françaises sont soulagées (Crédit : BFM TV)

Camille Cordouan


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