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Euro 2017 Féminin

Euro 2017 – Groupe C : La Suisse se remet à l’heure

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Dans ce match où aucune des deux équipes n’avait droit à l’erreur, l’Islande crut en sa bonne étoile en ouvrant le score. La Suisse, menée par une Ramona Bachmann des grands soirs revint à sa hauteur, la dépassa d’une tête. Islande 1 – Suisse 2.

C’était le match des vaincues, celui où l’on sait ne pas avoir droit à l’erreur. La Suisse, tombée face à l’opportunisme de l’Autriche se demandait si son état était grave, tandis que l’Islande, défaite d’un cheveu par la France, pensait tenir la bonne formule.

Dans les onze de départ, la pluie de sanctions s’était plutôt abattue sur la Suisse. La sélectionneuse allemande de la Nati Martina Voss-Tecklenburg laissa sur le banc sa capitaine Caroline Abbé, même sort réservé à Géraldine Reuteler et Fabienne Humm. Rappelons que Rahel Kiwic, suite à son carton rouge, était suspendue.

Dans cette fin d’après-midi, le public du Stadion De Vijverberg à Doetinchem était acquis à l’Islande. Des tribunes chargées de supporters rouge et bleu, casque viking pour certains, visages peinturlurés, émanaient des « Iceland ! Iceland ! » quelques clapping aussi.

Le public islandais (crédit UEFA)

L’Islande en puissance, la Suisse en précision

D’entrée, l’on vit une équipe suisse en pleine rédemption, soucieuse de gommer les errements du match face à l’Autriche. Les Helvètes prirent la partie à leur compte, comme à leur habitude dans cet Euro, mais elles surent construire, et surtout accélérer quand nécessaire. Dès l’entame, Noelle Maritz se montra dans tous les bons coups. On la vit cavaler le long de son couloir gauche pour servir Vanessa Burki (17ème), à la réception d’un centre de Mozer, corner à suivre. Ramona Bachmann se montra également sous de meilleurs auspices. Face à l’Autriche, elle avait trop porté la balle, la perdant systématiquement d’un drible de trop, suffisance gommée face à l’Islande, où elle retrouva son registre précieux : une technicienne maîtrisant la science de la passe. Côté Lara Dickenmann, de persistantes inquiétudes. L’ancienne Lyonnaise semblait passer la soirée à côté de ses crampons, vendangeant la bonne relance de Walti (21ème), expédiant sur une Islandaise une balle de but signée Bachmann (24ème).

L’Islande, pour sa part, se reposa sur son arme principale : son engagement physique. Katrin Ásbjörnsdóttir et Sigrídur Gardarsdóttir en milieu de terrain faisaient preuve de leur détermination, fauchant de ci delà quelques Suissesses, ouvrant la voie des premières occasions scandinaves. Des contres, surtout. La première alerte sur le but de la gardienne suisse Thalmann se produisit à la 30ème minute, par une frappe de Fanndís Fridriksdóttir, facilement captée.

La remuante Fanndís Fridriksdóttir

Les raids islandais se révélèrent payants. Sur une récupération de Dagný Brynjarsdóttir, Fanndís Fridriksdóttir, très remuante, hérite du ballon sur son flanc gauche, enrhume la défenseuse suisse Brunner qui ressentit douloureusement les prémisses de la mauvaise soirée que l’attaquante islandaise s’apprêtait à lui faire passer, s’envole d’un crochet vers la gardienne helvète, la fixe, expédie une balle au ras du sol qui fit mouche. C’était la 38ème minute. Dans les tribunes une clameur monta au ciel, Fridriksdóttir était aux anges. Elle parcourut le terrain bras écartés poursuivie par ses partenaires.

Le but de Fridriksdóttir (crédit UEFA)

A ce moment de la rencontre, on se dit qu’élégance ne rime pas avec Islande, mais l’activité de son incontournable numéro 10 Dagný Brynjarsdóttir lui permettait de rêver.

Pas longtemps.

Et Lara Dickenmann se réveilla

Dix minutes plus tard, le réveil de Lara Dickenmann sonna. Mozer centre au millimètre pour la numéro 11 suisse, qui n’a plus qu’à expédier le cuir dans les cages vulnérables de Gudbjörg Gunnarsdóttir.

Compteurs à zéro, avec deux buts inscrits chaque fois contre le cours du jeu.

L’Islande entama la seconde période, bien décidée de prendre le jeu à son compte. Cela dura trois minutes. Les tuniques rouges avaient manifestement reçu de leur coach les mêmes consignes à la pause. La puissance islandaise face à la précision suisse. Cette dernière l’emporta. Des tribunes, pour la première fois, s’élevèrent des « Ob Suisse ! ». Bachmann, insatiable architecte animait le jeu suisse, trouva à son tour le chemin des filets, où, isolée dans cette surface islandaise, entourée de tuniques bleues qui ne la voyaient pas, elle se trouva à la réception d’un centre de Mozer, d’un coup de tête transperça Gudbjörg Gunnarsdóttir. Alea jacta est.

La tête victorieuse de Ramona Bachmann (Crédit UEFA)

Kaléidoscope de la seconde période

Les Suissesses traversèrent la seconde période à leur aise, accroissant la qualité de leur jeu dans tous les secteurs. Même Brunner se mit à mieux défendre.

Des images qui resteront, celle de la gardienne de la Nati, se faisant recoudre l’arcade sourcilière à même la pelouse, suite à un choc violent à la 57ème avec l’athlétique Gunnhildur Jónsdóttir. Cela dura une bonne dizaine de minutes qui furent décomptées dans le temps additionnel. Image émouvante de cette gardienne à terre, le staff médical s’affairant autour d’elle, et Bachmann, Bernauer et Wälti la tenant par le gant. Lorsqu’elle se releva enfin, des bandelettes enveloppaient son visage, façon momie. Elle tint sa place jusqu’au bout.

Le choc entre Thalmann et Jónsdóttir (Crédit UEFA)

Le jeu reprit, le sélectionneur islandais lança la jeune Agla Maria Albertsdottir, 17 ans comme son numéro dans le dos, attaquante hargneuse que l’on verra courir aux quatre coins du terrain à la recherche de jambes suisses à cisailler.

Les temps forts suisses se multiplièrent, Bachmann à la baguette, par exemple dans ce relais avec Eseosa Aigbogun (68ème) ou ce service pour une Lara Dickenmann ressuscitée dont la frappe frôla le poteau (73ème), ou Bahmann encore, à la 81ème, dans un numéro tout personnel, rappelant les grigris des maîtres brésiliens, toutes porportions gardées, naturellement.

L’insurmontable déchet technique islandais

Les renforts offensifs islandais lancés sur le champ (Hólmfrídur Magnúsdóttir puis Harpa Thorsteinsdóttir) n’y changeront rien. Le déchet technique islandais est trop évident, le jeu trop stéréotypé, l’impatience impardonnable. Les Scandinaves multiplièrent les fautes, les Suissesses furent à deux doigts de tripler la mise sur une phase de jeu construite impliquant Ana-Maria Crnogorčević, servant Aigbogun, conclue par une frappe de Bachmann sur la transversale.

Les ultimes minutes de ces rencontres déjà à enjeu sont toujours sous tension. D’une talonnade réflexe, on crut que la capitaine Sara Bjork Gunnarsdóttir allait réaliser l’impensable.

L’arbitre siffla la fin de la partie à la 112ème minute, sanctionnant ce résultat logique de deux buts à un en faveur de la Suisse. L’Islande ne le savait pas encore, mais la soirée s’annoncerait plus sombre encore, avec son élimination suite au match nul entre la France et l’Autriche. La Suisse, elle, sur sa lancée, attend de se mesurer à la France en proie aux doutes. Nous, on prie pour que cette Bachmann-là tombe sur une Le Sommer au sommet… Réponse mercredi 26.

Camille Cordouan


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