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Euro 2022 féminin : Les enseignements de la victoire des Bleues face à l’Italie

Romain Fiore

Publié le

Euro 2022 féminin Les enseignements de la victoire des Bleues face à l'Italie
Photo Icon Sport

EURO FÉMININ DE FOOTBALL 2022 – Dernière équipe à entrer en lice dans la compétition, l’équipe de France féminine a impressionné lors de son éclatante victoire face à l’Italie (5-1). Mais que retenir de cette victoire ? Est-ce le début d’une aventure dorée ? Ou faut-il rester humble et ne pas s’enflammer ?

Les Françaises se sont fait désirer toute cette semaine. Alors que l’Euro féminin a débuté mercredi dernier, les Bleues, dernières à entrer en lice dans la compétition, étaient attendues. On sentait une crispation autour de ce match, pour une équipe qui était enfermée ensemble depuis déjà un mois, et qui avait hâte de débuter la compétition. Mais si l’attente fut longue, l’histoire fut des plus belles avec une écrasante victoire 5-1 face à une Italie en totale perdition. Les filles de Corinne Diacre ont réalisé un véritable festival dans la défense adverse.

Une prestation remarquable réalisée par une équipe morte de faim dès le coup d’envoi. Avec une Marie-Antoinette Katoto pressée de jouer à l’engagement, c’est par une démonstration collective et d’envie que les Bleues ont poussé ensemble vers le haut pour afficher un niveau impressionnant durant quarante-cinq minutes. En inscrivant cinq buts en première mi-temps dont un triplé de Grace Geyoro, les Françaises ont battu un record pour une rencontre d’Euro féminin. Mais elles ont surtout marqué les esprits pour conclure cette première journée de phase de poules.

Une entrée flamboyante

Si toutes les favorites ont confirmé leur statut en remportant leur premier match du tournoi, la France a été l’équipe la plus impressionnante jusqu’à présent. En jouant en dernier, les Françaises ont su totalement se relâcher et se libérer, pour démontrer qu’il fallait aussi compter sur elles. Face à l’adversaire supposé le plus redoutable de son groupe, on s’attendait à une rencontre serrée, pleine de vice, et plutôt cadenassée par les Italiennes.

Il n’en fut rien du tout. L’attaque des Bleues a littéralement dynamité la défense italienne, qui s’est totalement retrouvée perdue et dépassée par les coups de rein dévastateurs de Kadidiatou Diani et Delphine Cascarino sur les ailes. Le tout orchestré par une maestro dans un état de Grace. Geyoro a joué sa partition à la perfection, en montrant toute sa science de la passe, sa technicité, mais aussi son efficacité devant le but avec le premier triplé de sa carrière.

Hormis le match Suède – Pays-Bas qui s’est soldé par un match nul, la France était la seule équipe de la première journée à affronter l’équipe la plus compétitive de son groupe. Pour pouvoir comparer la performance des Françaises avec les autres nations fortes de l’Euro, il va donc falloir attendre les résultats d’Angleterre – Norvège dans la poule A, et d’Espagne – Allemagne dans la poule B.





Et maintenant ?

Reste à savoir désormais comment l’équipe de Corinne Diacre va aborder la suite de la compétition. Le prochain match des Bleues sera face à la Belgique, le 14 juillet, jour de fête nationale. Une date symbolique qui peut permettre aux filles de s’offrir une place pour les quarts de finale en cas de victoire. Elles termineront les phases de poule quatre jours plus tard face à l’Islande, peut-être l’équipe piège de leur groupe, avec des filles plus athlétiques qui peuvent gêner les Françaises dans ce domaine.

Si la France se qualifie pour le prochain tour, elle devra sûrement affronter les Pays-Bas ou la Suède qui se sont neutralisés dans un match très équilibré. Une étape importante pour les Bleues, qui n’ont plus dépassé le stade des quarts de finale dans une compétition internationale depuis 2012 et les Jeux olympiques de Londres. Face à des équipes joueuses qui aiment avoir la possession en phase offensive, les Bleues ont peut-être trouvé la solution. Si auparavant la stratégie de Corinne Diacre était d’avoir majoritairement la possession pour priver l’adversaire de ballon, depuis la défaite en Coupe du monde 2019, la façon de jouer a changé. C’est désormais une équipe plus tournée vers la transition et les attaques rapides qui performe.

Un changement de style bénéfique

On l’a vu face aux Italiennes, avec d’abord deux buts qui proviennent d’un centre à la suite d’un débordement des ailières, mais aussi une action personnelle conclue d’une frappe de Cascarino. Enfin, une transition rapide à la suite d’une transversale de Renard pour Périsset qui utilise Katoto en point d’appui pour lancer dans la profondeur Geyoro. En combinant différentes palettes techniques et tactiques, la France a montré qu’elle pouvait s’adapter et marquer de différentes manières afin de débloquer la situation en match. En marquant la rencontre au fer rouge dès le début, les Bleues ont pu également prouver qu’elles pouvaient mettre de l’intensité face à une équipe qui est réputée pour très bien défendre et savoir jouer à contre-courant.

Il va falloir désormais continuer à être aussi efficace offensivement lors des deux derniers matchs de poule, afin d’attaquer les phases finales avec une confiance au maximum. Face aux Pays-Bas ou à la Suède, il faudra également adopter une variété dans les attaques offensives pour déstabiliser des défenses adverses extrêmement solides. Elles devront aussi afficher un niveau défensif irréprochable et ne pas se relâcher comme lors de la deuxième mi-temps face à l’Italie, où les Françaises ont encaissé un but évitable. La concentration sera la clé dans cette compétition. En affichant un niveau éblouissant en première période, les Bleues se sont naturellement relâchées en seconde. Face à des équipes mieux armées, il faudra ne pas se laisser déconcentrer.

Si la France parvient à passer ce stade des quarts de finale (en éliminant le vainqueur du dernier Euro ou le finaliste des derniers Jeux olympiques), nul doute qu’elle fera partie des favorites pour se hisser dans le dernier carré et éventuellement remporter la compétition. Mais avant de s’enflammer, il va falloir confirmer le 14 juillet prochain face à la Belgique, en affichant le même degré d’exigence que lors du dernier match, et conclure ainsi cette phase de poule avec sérénité.

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