Euro 2024 : 2008, quand le génie Andreï Archavine sortit de sa lampe
CHAMPIONNAT D’EUROPE DE FOOTBALL 2024 – A quelques jours du début du championnat d’Europe, focus aujourd’hui sur un homme ayant marqué durablement la compétition : Andreï Archavine. Lors de l’édition 2008, l’ailier aura brillé de mille feux, emmenant la Russie jusqu’aux demi-finales, en livrant au passage un match légendaire face aux Pays-Bas. Retour sur le grand moment de gloire d’un joueur léché, aussi brillant qu’irrégulier.
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L’Euro 2008 organisé conjointement par la Suisse et l’Autriche n’aura pas été le plus marquant de l’histoire. Cependant, il aura été le théâtre de nombreux évènements plus ou moins importants. Il s’agit en effet du premier sacre de la génération dorée de l’Espagne, qui dominera le monde les années suivantes. Ce fut également l’année où Raymond Domenech fit sa demande en mariage devenue célèbre devant des millions de téléspectateurs, quelques minutes seulement après l’élimination cinglante des Bleus en phase de poules. Mais la véritable étincelle de cette édition aura bel et bien été Andreï Archavine, au sein d’une sélection russe surprenante.
Le Zenit remporte la Coupe UEFA, l’Europe découvre Archavine
Retraité des terrains depuis cinq ans maintenant, le natif de Léningrad aura été le joueur frisson de l’été. Une véritable surprise étant donné que le garçon avait déjà 27 ans, et venait de se faire connaître seulement les mois précédents. En effet, l’ailier n’avait encore jamais quitté la Russie et son club formateur, le Zenit Saint-Petersbourg. Mais les deux partis vont grandir ensemble, jusqu’à connaître une consécration inattendue lors de l’année 2008.
Cette année-là, le club russe déjoue tous les pronostics en allant remporter la coupe de l’UEFA, ancienne nomination de l’actuelle Ligue Europa. Une performance XXL au terme d’un parcours héroïque. Sorti à l’arrache de la phase de poules, le Zenit a ensuite renversé l’OM en 8e (1-3 puis 2-0) avant d’écraser successivement Leverkusen et le Bayern Munich. Puis, les Rangers ne pourront rien faire en finale. Si Pavel Pogrebnyak termine meilleur buteur de la compétition, Andreï Archavine aura marqué les esprits, livrant notamment un récital lors du 4-0 infligé au Bayern. Agile balle au pied, vif, rapide, instinctif, l’ailier russe a tout d’un grand. Et il va le confirmer à l’Euro.
🏆 @fczenit_en 🎉
🌊 Zenit won their first UEFA Cup title #OnThisDay in 2008, beating Rangers 2-0 in Manchester 👏#UEL | #OTD pic.twitter.com/v9YwdtCSuz
— UEFA Europa League (@EuropaLeague) May 14, 2020
La Russie dans le dernier carré, Archavine dans la légende
La Russie est alors une équipe lambda, dont l’objectif principal pourrait se résumer à sortir des poules. A l’exception d’Ivan Saenko (Nüremberg), l’intégralité de l’effectif évolue en Russie, principalement au Zenit et chez les cadors de Moscou (CSKA, Spartak). Cependant, l’alchimie va prendre avec une multitude de joueurs qui vont se révéler, de Yuri Zhirkov à Andreï Archavine, en passant par Roman Pavlyuchenko ou les frères Berezutskiy.
Pourtant, l’histoire aurait pu ne jamais exister. En raison d’un rouge pris lors du dernier match des éliminatoires, Archavine était suspendu pour les deux premières rencontres de poule à l’Euro. Balayée par l’Espagne en ouverture (1-4), la Sbornaïa va réagir face au champion d’Europe en titre, la Grèce (1-0). Puis, elle assure sa qualification dans un match décisif face à la Suède (2-0). Pour son premier match, Archavine inscrit son premier but, et est élu homme du match. La Russie est en quarts, mais doit faire face à l’un des grands favoris de la compétition, les Pays-Bas.
En première période, il va préchauffer doucement. Le temps pour lui de s’amuser d’Ooijer et d’envoyer un enroulé léché, obligeant Edwin Van der Sar à se déployer. Déjà, le bonhomme a pris l’ascendant sur ses adversaires. Malgré le traitement de faveur infligé, à l’image d’un tacle rugueux de Bouhlarouz, le Russe ne va pas se laisser faire. Dans le second acte, il décoche un coup franc surpuissant au ras du poteau. Puis, il déclenche l’avant-dernière passe, emmenant l’ouverture du score de Roman Pavlyuchenko. Inarrêtable avec ses dribbles chaloupés et sa rapidité d’exécution, il multiplie les différences sur son côté. Si les Néerlandais égalisent et forcent la prolongation, cela ne sera qu’un supplice supplémentaire.
Sur un nuage, Archavine va porter à bout de bras la Sbornaya. Personne n’arrive à l’arrêter, et il va être à l’origine des vagues qui s’abattent sur la défense hollandaise. À de nombreuses reprises, il va offrir des ballons à ses partenaires ou tenter lui-même sa chance. Chaque occasion russe provient de ses pieds. Sa persévérance va alors finir par payer. Il offre d’abord le but du 2-1 à Dmitri Torbinski en bout de course. Puis, il se charge de plier les débats subtilement en réalisant un enchaînement soigné, feinte de corps puis frappe à bout portant. La Russie l’emporte 3-1 et rallie le dernier carré. Élu homme du match, Andreï Archavine est rentré dans une autre dimension. L’histoire prendra fin ensuite brutalement en demi-finale face à une Espagne lancée à toute berzingue vers le sacre. Malgré Archavine, la Russie s’écroule en deuxième période et s’incline 3-0.

Une année 2008 XXL sans lendemain
Au lendemain de cet exploit, l’ailier russe a lui pris une autre dimension, et est devenu l’un des joueurs les plus convoités en Europe. Il reste six mois supplémentaires à Saint-Petersbourg avant de faire le choix de rejoindre Arsenal en janvier 2009. Ses débuts seront alors encourageants, le talent du garçon étant indéniable. Seulement, le manque de régularité dans les performances lui fera défaut. En quatre saisons, son plus grand fait d’armes restera le quadruplé inscrit face à Liverpool le 21 avril 2009 dans un 4-4 inoubliable. Un fait d’armes qui symbolise parfaitement un joueur frisson, capable d’être l’un des meilleurs joueurs du monde certains soirs. Et qui fut peut-être le meilleur du monde le temps d’un été.
Comme sa sélection et la plupart de ses coéquipiers, il retrouvera ainsi rapidement l’anonymat après plusieurs années d’errance. D’abord en Russie, de nouveau avec le Zenit puis Krasnodar, puis durant trois années au Kazakhstan, avec le Kairat Almaty. Une fin toute en discrétion pour un joueur qui aura marqué une génération.


