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EuroLeague 2021-2022

Euroleague : Kenneth Faried, le « Manimal » en péril

Maxime Cazenave

Publié le

Euroleague  Kenneth Faried, le « Manimal » en péril

EUROLEAGUE 2021-2022 – Arrivé il y a deux mois au CSKA Moscou, Kenneth Faried quitte déjà la Russie dans la discrétion la plus totale. Quelques années après avoir affolé les parquets NBA par son physique, le « Manimal » est en perdition.

Avant de devenir une franchise à la lutte pour le titre derrière le phénomène Nikola Jokic, Denver était une équipe moyenne de NBA au début de la décennie. Sous les ordres de George Karl, les Nuggets ont eu des résultats positifs avant de connaître un creux de cinq saisons sans playoffs sous Brian Shaw, puis au début de l’ère Mike Malone. Entre-temps, la franchise du Colorado avait sélectionné en 2011 un monstre physique au potentiel de domination énorme : Kenneth Faried.

Passé de force brute sous les cercles à paria inadapté au jeu moderne en quelques années

Débarqué en 2011, le joueur s’était immédiatement mis dans le grand bain en effectuant une saison rookie solide (10,7 points, 7,6 rebonds). Des prémices intéressantes confirmées durant les quatre saisons suivantes, où il dépasse constamment les 12 points et 8 rebonds, avec une pointe à 13,7 points et 8,5 rebonds en 2013-2014. Toutefois, avec l’éclosion du phénomène Nikola Jokic et la nouvelle façon de jouer en NBA, le colosse est rapidement devenu obsolète. Son temps de jeu a baissé drastiquement jusqu’à son départ en 2018, avant une courte pige sans relief à Brooklyn début 2018. S’il s’était relancé en profitant des bons ballons distillés par Chris Paul et James Harden en fin de saison à Houston (12,9 points, 8,3 rebonds), il ne bénéficiera pas d’une nouvelle opportunité.

La fin de l’aventure NBA a donc pris fin à seulement 30 ans. Pourtant, cela n’est pas une réelle surprise, tant le joueur dispose d’un profil aux antipodes de ce qui est recherché aujourd’hui. Poste 4 à ses débuts dans une NBA où les raquettes étaient encore le domaine des pivots grands et physiques, il est désormais quasi inutilisable aujourd’hui. Si la menace qu’il peut représenter en tant que pivot est réelle, son impact ne serait plus aussi fort. En effet, ses qualités physiques ont diminué, et il n’a surtout rien d’autre dans son jeu pour apporter des alternatives. Il ne possède pas de shoot fiable, un handle exécrable, et sa concentration en défense n’a jamais été un point fort. Bref, face aux jeunes polyvalents qui déboulent chaque année sous les cercles, le « Manimal » n’a plus rien à voir avec le héros éponyme de la série américaine culte des années 80.

Deux mois en Russie anecdotiques

Il a donc fallu qu’il trouve un nouveau point de chute. Comme beaucoup d’anciennes stars NBA rejetées prématurément par la grande ligue, c’est en Chine qu’il a trouvé une première porte de sortie, avant d’effectuer une pige à Porto Rico. Performant dans ces deux championnats à l’adversité faiblarde, il a disputé un nombre de matchs limités (10) en deux ans. Ainsi, son arrivée au CSKA Moscou mi-octobre était un pari tenté par le club russe. Ce dernier venait de perdre sur blessure son poste 5, Nikola Milutinov. L’ancien de Denver avait donc une belle carte à jouer pour se mettre en valeur dans la plus belle vitrine européenne, en Euroleague.

Toutefois, cela ne va jamais vraiment coller. Si le joueur va laisser de bons souvenirs dans le vestiaire, son impact sur les parquets a été terriblement anecdotique. En sept rencontres européennes, il affiche un bilan d’une extrême fébrilité : 2,3 points et 2,4 rebonds, le tout à seulement 31 % au tir ! Et encore, si l’on enlève le seul tir à trois points tenté (et converti), on tombe à seulement 26,7 %. Un pourcentage abominable pour un garçon faire son beurre sous le cercle. A l’exception d’une prestation correcte face au Maccabi Tel-Aviv (6 points, 5 rebonds en 15 minutes), l’intérieur américain n’a eu aucun impact, des deux côtés du parquet. Pour son deuxième match face à l’ASVEL, on l’avait notamment vu se faire laminer par Youssoupha Fall.

Quel avenir à 32 ans ?

Bref, alors que cette pige à Moscou aurait pu lui permettre de trouver un spot pour la fin de la saison en Euroleague, c’est sans doute le contraire qui se produit. Alors que la saison est bien engagée, les opportunités vont être très limitées. Le marché recèle toujours de joueurs intéressants pour les différents clubs. A l’heure actuelle, miser sur Kenneth Faried est risqué. Son avenir semble donc se tracer en dehors de l’élite européenne. Il faudra voir dans les prochains jours quelle sera la destination du joueur, et s’il reste en Europe. Avec son expérience, il pourrait faire du bien à de nombreuses équipes européennes, mais il devra être enclin à faire des sacrifices financiers. Sinon, il n’aura d’autres choix que de retrouver une équipe exotique, à un niveau aléatoire.

A 32 ans, Kenneth Faried est donc sur une pente descendante à vitesse grand V. Titulaire indiscutable en NBA à 26 ans, il se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité de retrouver un spot en NBA, voire même en Euroleague. Les choses vont vite en basket, surtout depuis le milieu des années 2010. Malheureusement pour Faried, cette évolution lui est fatale. Cependant, s’il souhaite venir passer quelques mois dans un club de Betclic Élite, nous l’accueillerons tous à bras ouverts. Le message est passé.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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