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Ex-prodige du tennis français, Sean Cuenin a remis sa carrière sur les bons rails

Etienne Goursaud

Publié le

Ex-prodige du tennis français, Sean Cuenin a remis sa carrière sur les bons rails
Photo ITF

TENNIS – Avec deux titres ITF depuis le début de l’année, la carrière de Sean Cuenin est progressivement en train de décoller, alors qu’il n’a que 21 ans.

Demi-finaliste de Roland-Garros juniors en 2021 et jeune prodige…

Dans la galaxie du tennis français et de ses jeunes pleins de promesses, Sean Cuenin n’est pas le plus connu de tous. Il faut dire qu’à 21 ans, il occupe actuellement la 342e place mondiale virtuelle (le classement n’étant pas encore mis à jour), soit son meilleur classement ATP à ce jour. Loin d’un Jakub Menšík, d’un an son cadet, actuellement 16e mondial.

Loin également du prodige João Fonseca, déjà 34e mondial à seulement 19 ans. Mais aussi d’Arthur Fils, né en 2004 comme lui, qui a flirté avec le Top 10 ATP, même s’il est actuellement freiné par des problèmes de dos. En résumé, le Tricolore ne peut désormais plus être considéré comme un jeune prodige du tennis mondial.

… avant de mettre sa carrière entre parenthèses

« Plus », car le Français a incontestablement fait partie de ces prodiges suivis de près par la Fédération Française de Tennis. Un temps meilleur joueur de sa génération 2004 et champion d’Europe U14, son avenir semblait tout tracé. Demi-finaliste de ce fameux Roland-Garros juniors 2021, aux côtés de Luca Van Assche, Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard, il est celui dont la carrière n’a pas encore véritablement décollé. Pire encore, elle aurait même pu s’arrêter définitivement.

Dans un portrait que nos confrères de L’Équipe lui ont consacré en mai 2025, Sean Cuenin est revenu sur cette période délicate. « Je n’étais pas assez mature. J’étais trop un gamin, je pétais des câbles, je manquais de discipline, de rigueur, j’avais une mauvaise attitude, parfois je n’avais pas envie de jouer… Je n’étais pas forcément prêt à faire tous les efforts nécessaires pour atteindre le haut niveau », reconnaissait-il. Un mal-être apparu bien avant ce Roland-Garros 2021, alors qu’il avait déjà reculé dans la hiérarchie française. Il quittera le giron de la FFT deux ans plus tard, avant de reprendre le fil de sa carrière plus d’un an après.

Deux titres ITF en moins d’un mois pour Sean Cuenin

Le sport, et le tennis en particulier, n’obéissent pas à des vérités universelles. Être un crack très tôt ne garantit pas toujours de terminer au sommet, tandis que certains joueurs se révèlent plus tardivement. On peut citer le cas de Léolia Jeanjean, classée -4/6 à 12 ans et qui a dû attendre 13 ans pour remettre sa carrière sur de bons rails. Sans être descendu aussi bas que Sean Cuenin, l’Argentin Gaston Gaudio, sacré à Roland-Garros en 2004, n’était que 72e mondial à plus de 21 ans. Cela ne l’a pas empêché de remporter un tournoi du Grand Chelem.



Évidemment, le Français est encore loin du sommet et bataille pour l’instant sur le circuit ITF, le troisième échelon du tennis mondial masculin derrière l’ATP et le Challenger Tour. Et depuis le début de la saison 2026, il y performe avec réussite. En l’espace de trois semaines, il a remporté deux tournois M25 et reste sur 13 victoires lors de ses 14 derniers matchs. Le premier titre a été décroché à Marrakech fin décembre, le second à Santiago du Chili. Deux succès synonymes de gros points ATP et d’un bond d’environ 150 places au classement.



Des victoires de référence, une 115e place à la Race

Au cœur de ces deux titres, Sean Cuenin a signé plusieurs victoires de référence. Au Chili, il s’est offert Facundo Mena en demi-finale, tête de série numéro un du tournoi et ancien joueur aux portes du Top 100 ATP. Au Maroc, il a éliminé le Roumain Filip Jianu, solidement installé dans le Top 250 ATP. Des succès synonymes de gros points : 62 unités engrangées depuis le début de l’année 2026. De quoi le propulser aux portes du Top 100 de la Race, ce classement qui comptabilise les points sur l’année civile. Il occupe actuellement la 115e place, devant des joueurs comme Denis Shapovalov ou Arthur Rinderknech.

Bien sûr, nous ne sommes qu’à la fin du premier mois de l’année, et la hiérarchie va rapidement évoluer avec l’entrée en lice des meilleurs joueurs sur des tournois bien plus dotés en points. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout son coup droit qui impressionne les observateurs attentifs. Un coup droit surpuissant, sans doute sa meilleure arme à l’heure actuelle.

Quelle est la suite pour Sean Cuenin ?

Sean Cuenin devrait désormais rentrer en France. Malgré ses progrès notables au classement ATP, son rang reste insuffisant pour intégrer directement les tournois Challenger. Si le Challenger 125 de Quimper, qui débute le 27 janvier, arrive trop tôt pour lui, on peut espérer que certains organisateurs lui accordent une wildcard, que ce soit pour les qualifications ou le tableau principal.

On pense notamment à Pau, un autre Challenger 125 programmé à partir du 9 février, ou encore à Lille, également classé 125, qui se disputera du 16 au 22 février. Pourquoi pas non plus Saint-Brieuc, un Challenger 100 prévu du 23 février au 1er mars.

Ce serait l’occasion pour le Tricolore de se mesurer à des joueurs évoluant dans le Top 100 ou aux portes de celui-ci. Sans forcément viser un exploit immédiat, il s’agirait avant tout de se jauger face à des tennismen habitués aux qualifications, voire au tableau principal, des tournois du Grand Chelem.

S’il venait à réaliser un ou deux coups sur ces tournois, les points ATP seraient précieux. De quoi rêver à un retour par les qualifications de Roland-Garros ? Cinq ans après y avoir brillé en juniors, l’histoire serait belle. En attendant, Sean Cuenin a déjà réussi l’essentiel : remettre sa carrière sur de bons rails. Et c’est déjà une sacrée performance.

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