Face à face : Benoît Paire chez les Mousquetaires, est-ce justifié ?


Chaque mercredi, les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire ainsi que vous, cher lecteur, qu’il mérite de remporter ce duel. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Aujourd’hui, le débat porte sur la présence de Benoît Paire au sein de l’équipe de France de Coupe Davis, qui vient d’être sélectionné par Yannick Noah.


Face à face : Benoît Paire
Tom est satisfait de l’arrivée de Benoît Paire chez les Mousquetaires.

👍 Tom : Oui, cette sélection de Benoît Paire est justifiée, et honnêtement, ce n’est pas trop tôt.

Onze ans sur le circuit professionnel, six ans dans le Top 100, le tout ponctué de deux titres ATP, six titres en Challenger, des victoires contre Djokovic, Wawrinka ou Del Potro, et toujours aucune nomination en Équipe de France, cela dépassait l’entendement. Et cette fois, tous les éléments étaient en sa faveur de telle façon que cette sélection ne pouvait lui échapper.

D’abord, la surface de jeu. La France a choisi de jouer cette demi-finale sur dur indoor, les conditions de jeu de prédilection de Benoît Paire. L’Avignonnais y a obtenu ses meilleurs résultats en carrière : 4 titres en Challenger, deux finales en ATP 250 et des victoires contre Wawrinka, Goffin ou encore Raonic. Ensuite, les nombreuses absences ou méformes des joueurs français ont fortement joué. Avec les blessures de Tsonga, Monfils et Herbert, et la méforme de Simon ou Chardy, Yannick Noah n’avait plus vraiment le choix. Enfin, il est clair qu’en termes de talent pur, Benoît Paire surpasse les deux derniers cités, ainsi que les autres candidats à cette dernière place, encore trop inexpérimentés (Humbert, Moutet, Halys).

Le seul argument qui pourrait jouer en sa défaveur serait bien sûr son mental. Ce qu’il se passe dans la tête du 54ème mondial restera un grand mystère. Mais, quand il branche ses neurones, il peut battre à peu près n’importe qui. Or, dans le cas de la Coupe Davis, on peut être sûr qu’il sera totalement concentré et donnera son maximum. Il le répète depuis des mois et des mois : «  J’ai vraiment envie de jouer en Coupe Davis cette année, parce qu’elle sera morte en 2019». Et rien que pour voir l’image du rejeté Benoît Paire nous apporter le point de la victoire pour cette dernière édition de la Coupe Davis, je signe tout de suite.


Face à face : Benoît Paîre
Romain n’est pas vraiment pour la sélection du tennisman français.

👎 Romain : Non, la sélection de Benoît Paire en Coupe Davis n’est pas justifiée.

Si les solutions manquaient à l’appel pour Yannick Noah, le choix de sélectionner Benoît Paire n’est pas pour autant une bonne idée. Si le talent du joueur est incontestable, malgré un classement assez moyen (54ème mondial), il paraît difficile aujourd’hui de construire une équipe avec celui qui a déjà claqué la porte au nez de l’équipe de France durant les Jeux Olympiques 2016 à Rio.

Tempérament de feu, niveau de jeu aléatoire, relationnel compliqué… Pour une première sélection en équipe de France, c’est un risque que prend Yannick Noah en convoquant Benoît Paire. Le fantasque avignonnais peut être à la fois une vraie surprise dans le groupe mais aussi une bombe à retardement.

Dans une compétition qu’il ne connaît pas, au niveau d’exigence et de professionnalisme encore plus poussé qu’à l’accoutumée, Benoît Paire va devoir faire preuve d’exemplarité pour prouver aux français mais aussi au sélectionneur sa véritable envie de jouer pour les Bleus.

Sa capacité à se fondre dans un effectif reste aussi une énigme, notamment avec son caractère bien trempé. Son meilleur classement obtenu en 2015 (19ème), Benoît Paire ne représente pas forcément l’avenir de notre Équipe de France et c’est certainement un grand coup de poker que Yannick Noah a tenté ici.


Verdict de l’arbitre :

Nos deux rédacteurs sont d’accord sur un point : la sélection de Benoît Paire est risquée, notamment sur le plan mental et sur son sens du collectif. Si le 54ème joueur mondial a souvent des sautes d’humeur spectaculaires et a un niveau assez irrégulier comme le souligne Romain, les autres choix à sa place n’étaient pas plus convaincants selon Tom. Sur un terrain dur indoor qui lui est plutôt favorable, le joueur a l’air motivé et devrait tout donner pour les Mousquetaires. Je vais donc plutôt pencher pour l’argumentaire de Tom, en espérant pour l’équipe de France qu’il ait raison dans le futur !

🏆 Tom remporte donc ce débat !

Mathieu Veillon

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