Nous suivre

Actualités

Face à face : doit-on limiter le budget des équipes cyclistes ?

Publié le

Chaque mercredi, les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire ainsi que vous, cher lecteur, qu’il mérite de remporter ce duel. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Aujourd’hui, le débat porte l’argent et le cyclisme. Après une nouvelle domination écrasante de la Sky sur le Tour de France, doit-on limiter le budget des équipes cyclistes ?

Pour Mathieu, l’argent met le cyclisme en danger

👍 Mathieu : oui, on est arrivé à un niveau de dopage technologique bien trop flagrant

Comment expliquer autrement cette insolente domination de l’équipe Sky depuis maintenant 7 années ? Mettons de côté la question du dopage médical, qui n’est toujours pas prouvé officiellement chez la Sky, pour parler du dopage technologique, ce fléau qui a tué tout suspense cet été sur le Tour. Que ce soit en termes de matériel, de méthodes d’entraînement ou de staff disponible pour l’équipe, la domination de l’équipe Sky repose aussi sur un facteur : l’argent !

C’est ce budget illimité dont dispose l’équipe britannique qui plombe finalement tout espoir chez ses concurrents : 6 des 7 derniers Tour de France ont été remportés par un coureur britannique (et un coureur de la Sky également), alors qu’avant 2012, aucun coureur de la Grande-Bretagne n’avait gagné le Tour en 108 ans d’existence.

Et quand on voit la physionomie de ces Tours de France, il y a de quoi rire : À 5 kilomètres de la fin des étapes de montagne cette année, sur 10 coureurs composant le peloton des favoris, il en restait au minimum 3 de l’équipe Sky voire 4 dans les bons jours. Des coureurs comme Mikel Landa ou Richie Porte ont fait de meilleurs résultats sur le Tour en étant 2ème ou 3ème équipier à la Sky que leader dans une autre équipe. Et Egan Bernal a cette année surpassé de nombreux leaders en montagne alors qu’il passait pourtant de nombreux relais en tête de peloton. Louche non ?

Alors, pour l’intérêt de ce sport, qui décroit de plus en plus, il faudra passer par la mise en place d’un moyen de limiter le budget de certaines équipes pour éviter qu’elle ne surpasse les autres…


Pour Alexandre, la domination des Sky n’a rien à voir avec l’argent

👎 Alexandre : non, si la Sky est si impériale, c’est avant tout grâce à sa stratégie de course plutôt qu’à ses millions consacrés jadis aux « marginal gains »

Dans les Grands Tours, les équipes alternent entre hôtels de qualité et plus rustiques. Chaque équipe est logistiquement sur un pied d’égalité. C’est sur le vélo que se fait la différence. Tout est réglé comme du papier à musique dans cette équipe. Son management fait penser à l’équipe d’Angleterre de rugby lors de la Coupe du monde 2003. Tous les scénarios sont envisagés, solution à la clé et c’est leur force. Cette année, la seule équipe à avoir voulu bousculer les règles est AG2R. Manque de chance, leur seule accélération collective leur a coûté un équipier, a épuisé Latour et cramé Bardet pour le reste de l’étape. Tactiquement c’est un échec. Leurs rivaux ont beaucoup à apprendre ne serait-ce qu’à ce niveau-là.

De nos jours, toutes les équipes savent gérer les capteurs de puissance, watts et autres procédés. La FDJ travaille depuis longtemps cet aspect-là avec l’universitaire Fred Grappe. En vain. Une preuve de plus que ces investissements ne font pas tout.

En infligeant une limite pécuniaire, les équipes trouveront des solutions pour contourner le système quoi qu’il arrive. Lorsque Sagan a quitté la Tinkoff pour Bora, c’est Specialized, son sponsor vélo, qui devait verser le salaire de la superstar du sprint. A ce jeu, nul doute que la Team Sky sera la première à trouver la faille dans le système.

Selon moi, l’effet de cette limitation sera inverse. Elle va creuser l’écart entre les valeureuses continentales qui regorgent de coureurs talentueux et les World Tour qui miseront tout sur des superstars qui gagnent le plus, soit les sprinteurs et spécialistes des courses à étapes. Cela aura pour autre conséquence la hausse en flèche du prix des coureurs, car eux aussi ont des agents qui font très bien leur métier.

Pour bousculer l’hégémonie britannique, il faudrait plutôt aller vers une nouvelle diminution du nombre d’équipiers et de la suppression de l’oreillette qui malgré ses côtés positifs, aseptise les courses.


Verdict de l’arbitre :

A la sortie d’un Tour de France durant lequel la Sky aura une nouvelle dominé les débats, la questions du budget de la formation britannique se pose. Doit-on limiter les moyens des équipes cyclistes ? Mathieu s’appuie sur le budget illimité de la Sky. Pour lui, c’est bien celui-ci qui justifie l’ultra domination des Britanniques depuis 2012 au palmarès de la Grande Boucle. Sans compter l’omniprésence des coureurs de l’équipe lors des arrivées en altitude, montrant que les coéquipiers du maillot jaune Geraint Thomas pourraient très bien être des leaders, et ce dans n’importe quelle équipe. A priori, l’argent joue ici un rôle fondamental, mais Alexandre nous prouve que les moyens financiers ne font pas tout.

Selon lui, la formation de Dave Brailsford ne laisse rien au hasard. On ne peut pas dire le contraire, quand on voit la force collective qui se dégage dans les moments clés de la course, sur le plat comme en haute-montagne. D’ailleurs, le sens tactique de Geraint Thomas & co, mis en évidence par Alexandre, n’est plus à prouver ; un argument qu’on ne peut mettre sur le compte des moyens très importants de la Sky. De plus, Alexandre semble selon moi dans le vrai lorsqu’il termine son argumentaire en évoquant la diminution du nombre d’équipiers et la suppression de l’oreillette. On a bien vu qu’avec cinq coureurs, AG2R n’a jamais pu peser dans la course alors que la Sky a déroulé durant trois semaines. Enfin, l’oreillette, le jouet préféré de Chris Froome, semble effectivement un frein indéniable à une course de mouvement.

Si l’argent est un atout, et ce comme dans tous les sports, il semble bien plus urgent d’agir sur des éléments qui sont au cœur de la course.

🏆  Alexandre remporte ce débat !


Journaliste/Rédacteur depuis septembre 2015 - Mes premiers souvenirs dans le sport ? Les envolées du Stade Toulousain et les duels Villeneuve-Schumacher et Häkkinen-Schumacher à la fin des années 90, la Coupe du monde de football en 1998, l’exploit du XV de France face aux All Blacks en 1999, mais aussi Richard Cœur de Lion qui vole sur les montagnes du Tour de France. Bien parti pour devenir professeur d’EPS, les événements de la vie (et la flemme d’animer des séances de 3x500 mètres toute ma vie) m’ont conduit à revoir mes plans. Me voilà depuis fin 2017 sur Dicodusport, média grâce (et pour) lequel je partage ma passion : le sport dans tous ses états. Le tout accompagné par les fous furieux et folles furieuses cités sur cette page !

2 Commentaires

2
Poster un Commentaire

avatar
2 Commentaires
0 Réponses
0 Followers
 
Commentaire le plus populaire
Commentaire avec le plus de réponse(s)
2 Nombre d'utilisateurs
Huon sergesprintabloc Utilisateurs récents
  S'abonner  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
Huon serge
Invité
Huon serge

Sky est une équipe bien structurée, malgré les méchancetés du public Français, la Sky a bien mené son équipe et laisser la chance à Thomas Gerents, Froome prend la troisième place méritée. La France croyait à leur favori Romain Bardet petit grimpeur .

sprintabloc
Invité
sprintabloc

l argent aide beaucoup e chose a condition d avoir un manager et staff qui savent s en servir , le sponsor SKY est aussi le sponsor de la federation anglaise cyclisme une politique de detection chez les tres jeune avec des moyen de formation pour info l equipe AG2r n avait pas monté les bon boyau pour l étape de roubaix doux les crevaisons multiple de Bardet les fameux gain marginaux et le souci du detail…

Fil Info

Actus à la une