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Face à face : êtes-vous favorable à l’arbitrage vidéo dans le sport ?

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Dans le cadre de notre dossier sur l’arbitrage vidéo, deux de nos rédacteurs, Mathieu et Benjamin, ont accepté de monter sur le ring pour défendre leur point de vue et répondre à notre question : êtes-vous favorable à l’arbitrage vidéo dans le sport ? Vous l’aurez compris, l’un, Mathieu, défendra le oui, l’autre, Benjamin, sera du côté du non. C’est ensuite à vous de les départager ! 


👍 Mathieu : Oui, l’arbitrage vidéo dans le sport est une bonne chose

D’abord, mettons au clair deux points : l’arbitrage vidéo n’est pas parfait car les images peuvent être sujettes à interprétation et la technologie est parfois encore un peu défaillante. Il y a ensuite des sports où l’utilisation de l’arbitrage vidéo est contestable, comme le football où sa mise en application est pour l’instant laborieuse et peut tuer les émotions d’un but validé puis invalidé.

Mais pour de plus en plus de sports, l’arbitrage vidéo est une bonne chose pour faciliter le travail des arbitres et pour faire en sorte que les bonnes décisions soient prises. On pense évidemment au tennis, avec le Hawk-Eye qui a simplifié l’arbitrage et permis en un clin d’œil de savoir si la balle est in ou out. Mais aussi à des sports comme le volley ou le basket : la preuve ce week-end, quand mon regard s’est posé sur Tours-Ajaccio, dans les demi-finales de Ligue A, où il a fallu à peine 15-20 secondes à l’arbitre pour aller regarder le replay et constater si la balle était faute. Suivant régulièrement la NBA, l’outil vidéo est là aussi utile pour éviter les simulations de contacts entre joueurs ou pour sanctionner les fautes trop violentes.

Si certains sports n’ont pas besoin d’arbitrage vidéo (biathlon, patinage artistique, Formule 1, cyclisme…), ceux qui l’utilisent sont rarement déçus : pour vérifier si le ballon a franchi la ligne au hand ou valider un essai au rugby, l’arbitrage vidéo est un vrai plus ! Même si je ne suis personnellement pas pour l’arbitrage vidéo dans le foot, si les outils sont mieux utilisés (introduire 2 challenges vidéos par match et par équipe pour éviter les contestations) et la technique moins défaillante (un révélateur de hors-jeu moins aléatoire ou une goal-line technology plus opérationnelle), l’arbitrage vidéo peut aussi être utile au football.

L’arbitrage vidéo est-il parfait ? Non, pas dans tous les sports. Mais il est devenu presque indispensable, pour les arbitres comme pour la justice sportive.


👎 Benjamin : L’arbitrage vidéo ou la caricature du sport

Si l’arbitrage vidéo tend à s’imposer de plus en plus dans le football, à l’image du rugby ou du tennis, cela n’empêche pas de nombreux partisans de s’y opposer fermement. Alors pourquoi ? L’argument principal de ses contredisants est la mise en danger de l’interprétation de l’arbitre. On l’a vu récemment sur quelques situations, l’arbitrage vidéo n’est pas une solution finale, en soi, aux problèmes existants dans le sport. Elle rajoute une pression sur l’arbitre si la décision à prendre est sujette à différentes interprétations : hors-jeu au football, en-avant au rugby, balle qui touche la ligne ou non au tennis…

Autre problème : le rythme. Certains affirment avec fermeté que la prise de décision sera de plus en plus rapide avec l’expérience de la vidéo, c’est faux. La vidéo a été expérimentée durant des années avant d’être installée dans des sports divers et variés. Elle est désormais au point, même au football, autrement la Fifa ne ferait pas de la Coupe du monde un test grandeur nature pour cette technologie. Si le public joue le jeu pour le hawk-eye au tennis (pas infaillible) car la décision est retransmise dans tout le stade très rapidement, les décisions peuvent être bien plus longues pour le foot ou le rugby, jusqu’à plusieurs minutes. De quoi casser le rythme des équipes, d’un match, des tribunes et du spectacle.

Enfin qu’en est-il de la magie du sport ? Si la vidéo avait existé, McEnroe n’aurait jamais pété les plombs et les Bleus auraient participé à la finale de la Coupe du monde en 1982. L’erreur d’arbitrage, aussi humaine soit-elle, fait partie de l’univers du sport. Elle existe afin de nous raconter une histoire à sa manière, même si elle est injuste pour certains. Rares sont ceux qui se réjouiront de l’arbitrage vidéo lors de la prochaine finale de la Coupe du monde si elle est utilisée, encore plus dans une situation litigieuse. Rares sont ceux qui se réjouiront de la suppression des arbitres terrain en NBA et en MLB lorsqu’Intel installera ses caméras à 360°. Elle ne ferme pas le débat, elle en ouvrira encore plus.

Il ne faut pas avoir peur de le dire, la vidéo déshumanise le sport. Elle contrarie la célébration de Federer à l’Open d’Australie en 2017, elle fait revenir deux équipes sur le terrain à la mi-temps d’un match en Allemagne la semaine passée, elle empêche tout craquage d’un ou d’une sportive quelle que soit la discipline et fait disparaître le rôle de l’arbitre. Le sport, c’est avant tout un spectacle, et le spectacle a pour but de transmettre des émotions. Avec la vidéo, c’est la fin de l’émotion instantanée par la recherche de la perfectibilité d’un jeu, d’un match ou d’une action, alors que notre société ne l’est pas.

A vous de trancher !

Êtes-vous favorable à l'arbitrage vidéo dans le sport ?
  • Oui 81%, 331 voix
    331 voix 81%
    331 voix - 81% des votes
  • Non 19%, 79 voix
    79 voix 19%
    79 voix - 19% des votes
Total des votes : 410
23 avril 2018 - 12 août 2021
Les votes sont clos

Nicolas Jacquemard


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

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