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Face à face : l’unité nationale a-t-elle sa place dans le sport ?

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Chaque mercredi, les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire ainsi que vous, cher lecteur, qu’il mérite de remporter ce duel. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Aujourd’hui, le débat porte sur la participation de l’OM à la finale de l’Europa League. Les Marseillais joueront cette finale face à l’Atlético Madrid. Etant donné que c’est une équipe française, devrait-on tous supporter l’OM ? En se basant sur le cas du football et de cette finale, l’unité nationale a-t-elle sa place dans le sport ?


Pour Charlie, c’est une évidence.

👍 Charlie : Oui, cela devrait être naturel !

Sans unité nationale, la France aurait un palmarès footballistique aussi creux qu’une coquille vide.
En 1993, c’est cette même unité nationale autour de l’Olympique Marseille, en finale de Ligue des Champions qui a permis au football français d’entrer dans le cercle fermé des pays vainqueurs de la compétition européenne, la plus prestigieuse.
A l’époque, les rivalités de clubs importaient peu au vu de l’enjeu de cette rencontre alors qu’aujourd’hui,  on tente de faire passer cette rivalité au-dessus, tout en se plaignant du mauvais parcours des clubs français en Europe.

Une occasion en or, nous est offerte. D’une part, stopper la suprématie du football espagnol, bourreaux de nos représentants et d’autre part, potentiellement assurer directement trois clubs français en Ligue des Champions. Autre enjeu, élargir notre rayonnement mondial. Montrer des chamailleries entre rivaux olympiens sous fond de chants menaçants, pourraient refroidir les ardeurs de futurs investisseurs ou de téléspectateurs chinois par exemples. A la différence, unir un pays derrière le seul représentant à avoir gagné une étoile européenne, assurera davantage le spectacle, montrant que la France, est tout autant un pays de football que l’Allemagne ou l’Espagne et ainsi, permettre à son championnat d’obtenir plus de droits TV, subvenant aux besoins de nos clubs moins riches.

Dire que l’unité nationale n’a pas sa place dans le football serait du pur orgueil, quand on sait que notre pays a prôné une génération multiethnique : la génération Black-Blanc-Beur, à l’issue de la Coupe du Monde 1998. En quoi une génération intercommunale Lyonnais-Parisiens-Marseillais serait-elle différente ?


Tristan n’est pas du tout de l’avis de Charlie et il le fait savoir.

👎 Tristan : Non, c’est impossible d’avoir un élan de cœur pour un club rival !

Comment s’imaginer quelques secondes qu’un élan de cœur pour un club rival soit possible ? Ce football qu’ils aiment, ce sport dont ils vivent à chaque moment de la vie. N’est-ce pas le principe même des supporters d’avoir des rivaux, n’est-ce pas la raison centrale du succès universel du football ? Alors certes, l’Olympique de Marseille s’est qualifié pour la finale de l’Europa League, mais comment penser que les supporters de Paris ou encore  de Lyon seront derrière Marseille à ce moment-là ?

En effet, la rivalité entre le PSG et Marseille dépasse les frontières du sport. Elle est née naturellement dans l’opposition entre deux villes radicalement différentes et entre deux clubs qui épousent leur ville pour le meilleur et pour le pire, sur le fond et sur la forme. Tout comme les Marseillais lors du huitième de finale entre le Paris Saint-Germain et le Real Madrid où l’ensemble des supporters soutenaient Zidane et son club, il est tout naturel de voir les supporters du PSG, soutenir Antoine Griezmann et les siens. Existe-t-il un Barcelonais à fond derrière le Real Madrid ? Quel supporter de Saint-Etienne pourrait voir Lyon être champion de France ? Aucun, et tant que ce sera comme ça, le football tournera bien rond.

Ce n’est pas une question de fierté, mais une question de passion et celle-ci sera toujours supérieure à l’unité nationale lors d’une Coupe d’Europe.


Verdict de l’arbitre :

Marseille est en finale de l’Europa League. Ca a quand même le mérite d’être rappelé. Loin du budget faramineux parisien, et quand même en-dessous de la qualité des effectifs monégasques ou encore lyonnais, ils y sont ! Une équipe française va donc jouer pour remporter cette saison un titre européen, c’est quand même beau. Doit-on pour autant crier « Cocorico » ?

Comme le souligne très justement Charlie, il y a quelques temps, ces rivalités entre clubs n’avaient pas autant d’importance qu’aujourd’hui. Et c’est probablement ce qui a permis au club phocéen d’inscrire un petit bout de France dans le livre sacré de la prestigieuse coupe aux grandes oreilles. Puis il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que l’occasion est belle de faire rayonner la France. De ce point de vue, tous se rassembler derrière l’OM paraît presque être un devoir.

Cependant, Tristan a éveillé en moi une question. Ayant plus d’attache pour l’AS Monaco et étant fan d’Antoine Griezmann, serait-ce une « faute » de ma part que de supporter les Colchoneros ? Il est vrai que le football, et le sport en général, est un réel vecteur de valeurs, notamment celle de la solidarité.

Amoureux de football, je regarderai ce match en espérant avoir une belle partie digne d’une finale. Vous l’aurez compris, mon cœur n’est pas marseillais, encore moins madrilène. L’unité nationale a, et doit avoir une importance dans le sport. Mais cela me semble réellement difficile lorsqu’il s’agit d’une rencontre entre deux clubs. Un club n’étant finalement qu’une palette de nationalités.

Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

🏆 Tristan remporte ce débat !

Sofiane Soultan


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