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Les faits divers du sport : le meurtre du père de Michael Jordan

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Drogue, meurtres, prostitution… Ce n’est pas le lancement d’Enquêtes Exclusives, c’est le programme des « faits divers du sport ». Dans cette série d’articles, nous vous proposons de plonger dans les liens intimes que tissent police, justice et sports. Aujourd’hui, le meurtre de JR Jordan, père de « His Airness » Michael.

Interstate et funérailles

Combien de fois l’a-t-il prise, l’Interstate 95 ? Des allers-retours entre New-York et Chapell Hill, ça pour sûr il en a fait. Jusqu’à Boston aussi, souvent Miami. Pour aller voir son fils jouer, pour le ramener à la maison pour Thanksgiving. JR Jordan pourrait les yeux fermés faire cette route.

Fermer les yeux, c’est ce qu’il va faire. Pas longtemps. On est en juillet 1993, JR Jordan remonte de funérailles qui l’ont éprouvé. Des miles, il en a avalé sur cette Interstate. Des sacrifices, il en a fait pour que Michael ne manque de rien et devienne un joueur professionnel. Il a fait mieux que ça. Michael Jordan est devenu le meilleur basketteur de la planète. Une star incontestée, une icône.

JR Jordan, père de

JR n’y est pas pour rien. Homme d’affaires avisé et père aimant, il continue pour son fils à enquiller les bornes et les rendez-vous. Il faut dire aussi que si Michael est devenu basketteur, c’est un peu pour lui faire plaisir. Il est brillant, il aurait pu faire ce qu’il voulait. Ce qu’il voulait c’était faire plaisir à son père, son « meilleur ami ». Il lui a même piqué ce truc avec la langue quand il marque un panier.

On est donc en été, en Caroline du Nord. Il fait chaud ce 23 juillet là. JR Jordan se dit qu’il a bien mérité une pause. Il fera la sieste ici tiens, à Lumberton. C’est à deux heures de route de Chapell Hill. Là-bas, Michael est devenu un joueur universitaire de renom. Celui qui, pour son shoot sur le buzzer, a offert un titre de champion en 1982 à son université. MVP en 1984, il est drafté en 3e position par les Bulls. En 1984, Michael Jordan est aussi champion olympique. Aujourd’hui, en 1993 et alors que son père gare sa voiture, Michael Jordan est triple champion NBA en titre, triple MVP des finales et double champion olympique.

Michael Jordan sous les couleurs de Chapell Hill – College Carrier

« Air » pour les intimes

Quand JR Jordan abaisse le siège de sa voiture, ce 23 juillet 1993, à Lumberton, son fils est une star mondiale. Son second titre olympique à Barcelone n’y est pas pour rien. L’équipe à ses côtés non plus. Earvin « Magic » Johnson, Lary « Gold Hand » Bird, Scottie « Pip » Pippen, Charles « Baby TGV » Barkley… Les autres. Et Sa Majesté Michael « His Airness » Jordan. « Air » pour les intimes. L’équipe écrase tout, le public est subjugué. C’est comme s’ils voyaient jouer Cruyff, Maradona et Platini ensemble. Michael, qui était une star aux Etats-Unis et auprès des connaisseurs européens devient une star mondiale.

JR Jordan abaisse son siège, il ferme les yeux. Il va faire la sieste. Des coups de feu. JR Jordan est mort. Daniel Andre Green et Larry Martin Demery viennent de le tuer. Selon Demery, ce n’était pas le plan. Les deux jeunes hommes de 18 ans ne devaient pas le tuer, juste le voler. Que s’est-il passé dans la tête de Green pour appuyer sur la gâchette ? On ne le saura jamais vraiment.

L’équipe a fait rêver le monde. Crédits photo – CNews

Benestville, South Carolina

Ils seront bien incapables de l’expliquer aux policiers venus les arrêter quelques jours après. Un travail de policier d’autant plus rondement mené que les deux loustics passaient des appels avec le téléphone portable de Jordan Sr. Autant dire deux petites frappes inconscientes et pas très futées. Ils indiquent où ils ont jeté le corps, en Caroline du Sud. Le marais de Benetsville n’a pas été tendre avec le corps de JR Jordan. Il faudra 10 jours pour le reconnaître de manière formelle.

Daniel Green et Larry Demery sont jugés. Ils plaident coupables. Ils sont condamnés à vie. End of the story ? Pas tout à fait. D’abord parce que Michael Jordan est dévasté et qu’il prend sa retraite. Usé moralement et psychologiquement par la compétition, la mort de son père le pousse à s’éloigner des parquets. Jusqu’en 1995 et son « I’m back ». Le temps pour lui d’échouer en MLB et de parfaire son swing. Ensuite parce que Demery pourrait bien être libéré prochainement, grâce au jeu des remises de peine.

JR Jordan était pour son fils son "meilleur ami".

JR Jordan était pour son fils son « meilleur ami » – Yahoo Sports

Enfin parce que ce meurtre absurde n’a jamais cessé de faire parler. Selon un repenti médiatique, la mafia pourrait avoir commandité la mort de JR Jordan. Le père aurait payé pour les dettes de jeu du fils. Michael s’en fout, il tire la langue.

JMPPMJ


Journaliste/rédacteur depuis mai 2018 - Dans mon sang coule à la fois le feu des penne à l'arrabiata et la glace du Grand Colombier. Amoureux des belles lettres et des Talking Heads, je supporte un club olympique. Intéressé par les relations qu'entretient le sport avec la société, je m'intéresse autant à Marc Cécillon qu'à Pep Guardiola, à Tonya Harding qu'à Philipp Roth. Enfant des 90's, on ne me fera pas croire qu'il y a eu plus beau à voir depuis Zinédine Zidane, Marco Pantani et Pete Sampras. La béchamel est une invention du diable, la Super Ligue aussi.

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