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Natation

Fantine Lesaffre : « La diversité, c’est ce que j’aime par-dessus tout dans le 4 nages »

Flo Ostermann

Publié le

Icon Sport

NATATION – Confinement, entraînements hors bassin, 4 nages, Fantine Lesaffre se confie à Dicodusport. La championne d’Europe du 400m 4 nages en 2018, également recordwoman de France sur la distance, fait aussi le point sur le calendrier et les qualifications en vue des JO de Tokyo en 2021.

Fantine, comment avez-vous vécu cette période compliquée que nous venons de traverser ?

Personnellement, j’étais en confinement chez moi, à Antibes. J’ai continué le sport comme je le pouvais. J’ai également pratiqué de nouvelles activités, comme le yoga. Le début de confinement m’a permis de me reposer et de récupérer, car notre corps souffre un petit peu tous les jours en temps normal. Après, deux mois, ça reste très long. Les bassins, l’eau et les sensations liées à la natation m’ont vite manqué.

Justement, les piscines étant fermées durant le confinement, et même au-delà, quel a été votre programme d’entraînement durant cette période ?

On a la chance d’avoir un préparateur qui s’occupe très bien de nous à Antibes. Il nous a envoyé quotidiennement des séances d’entraînement, en musculation et cardio, de façon à ce qu’on ait quelque chose à faire tous les jours.

Quand avez-vous repris l’entraînement en bassin ? Comment s’est passé le retour dans l’eau ?

Je suis retournée dans l’eau dès le 14 mai. La reprise a été très dure. Un nageur peut perdre toutes ses capacités après 15 jours d’arrêt, alors imaginez après deux mois de coupure. À titre personnel, je n’avais aucune sensation, aucune force, aucun appui, ni même aucune technique. Mais cela fait du bien de retourner dans l’eau et de retrouver son élément. Ça fait maintenant six semaines que j’ai repris, les sensations reviennent doucement, ça fait plaisir.

Parlons calendrier. Championnats d’Europe en grand bassin et Mondiaux en petit bassin ont tous les deux été reportés d’une année. Par conséquent, quel sera votre programme de compétitions d’ici la fin de l’année ?

Pour le moment, je n’ai qu’une seule compétition prévue d’ici fin 2020, avec les championnats de France d’hiver en grand bassin à Saint-Raphaël (10-13 décembre).

Concernant les JO de Tokyo en 2021, quelles sont désormais les modalités de qualification, suite aux différents reports ?

Les modalités sont sorties il y a une quinzaine de jours. Pour faire simple, il y aura une première période de qualification entre décembre 2020 et mars 2021 où la grille des minimas sera très relevée. Il faudra sortir des bons temps et se classer en première position au classement national. Il y aura ensuite une deuxième chance de qualification, lors des championnats de France en grand bassin à Chartres (15 au 20 juin 2021), avec cette fois-ci une grille de qualification plus facilement accessible.



Question à propos de votre spécialité, le 4 nages. Qu’est-ce qui vous a poussé à opter pour cette discipline, que ce soit le 200m ou le 400m ?

Je pense que l’on dit souvent qu’on ne choisit pas trop notre spécialité, mais que c’est un peu la spécialité qui nous choisit. De mon côté, j’étais brasseuse avant de faire du 4 nages. J’avais cependant la capacité de savoir tout nager, en étant correcte sur les 4 nages différentes. Quand j’ai commencé à faire du 4 nages en compétition, ça se passait plutôt bien, avec de bons résultats.



Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est la diversité que le 4 nages offre. Je dois être performante en endurance, en vitesse mais aussi dans les transitions, tout en étant compétitive dans les différentes nages. Puis, en général, je m’ennuie très rapidement à l’entraînement si je fais tout le temps la même chose. Or, avec le 4 nages, je ne travaille pas la même spécialité tous les jours. C’est vraiment ce qui me plaît.

Et parmi ces quatre nages, il y en a une que vous préférez ?

Oui, j’aime beaucoup la brasse. C’est une nage qui est très dure, très complexe, qui demande beaucoup d’implication pour devenir forte et résistante.

Enfin, quel regard avez-vous sur la médiatisation du sport féminin ? C’est un sujet devenu récurrent ces dernières années, qu’en pensez-vous de manière générale ?

De manière générale, le sport féminin est souvent moins valorisé que le sport masculin, même si de nombreuses femmes, comme Laure Manaudou, Marie-José Pérec, Florence Arthaud ou d’autres ont su faire briller leur sport et devenir des icônes au niveau national. C’est peut-être plus compliqué pour les femmes dans les sports collectifs. Je prends l’exemple de l’équipe de France masculine de football et de l’équipe de France féminine, ce n’est pas la même chose. Après, c’est une réalité dans tous les domaines, même s’il y a eu une évolution ces dernières années. Petit à petit, on commence à se faire notre place. Mais le chemin est encore long avant que l’on soit sur le même pied d’égalité que les hommes.

Dicodusport

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