Faute de moyens, Jiangsu, champion de Chine, est exclu du championnat
FOOTBALL CHINOIS – Ce lundi, la Fédération Chinoise de Football a annoncé l’exclusion de la CSL du club de Jiangsu, champion en titre. Le club basé à Nankin était en proie à des difficultés financières.
C’est ce qu’on appelle, un ascenseur émotionnel. En novembre, les fans de Jiangsu célébraient le premier titre de champion de leur club, après 62 ans d’existence. Quatre mois plus tard, le club est exclu des compétitions chinoises et va disparaitre.
En 2020, l’équipe emmenée par ses stars, en la personne d’Eder (ex-Sampdoria), Alex Teixeira (ex-Shakhtar) ou encore Miranda (ex-Atlético Madrid), avait réalisé une saison exceptionnelle, conclue par une victoire en finale face au Guangzhou Evergrande de Fabio Cannavaro (2-1). Mais la crise de la Covid-19 n’épargne personne, pas même Suning, le principal actionnaire du club. Ce même actionnaire détient 68.55% du capital de l’Inter Milan, et cherche activement un repreneur au légendaire club italien. Pour Jiangsu, le groupe chinois ne souhaite plus alimenter le club, et n’a cette fois encore pas trouvé de repreneur.
Le Jiangsu FC avait alors annoncé fin février mettre fin à ses activités, avant de se retirer de la Ligue des Champions asiatique en mars. Ce lundi, c’est la Fédération – qui n’a pas souhaité participer au sauvetage du club – qui porte le coup de grâce. Jiangsu ne fait désormais plus partie des clubs inscrits dans le championnat chinois.
Jiangsu FC was excluded from CSL 2021 officially. The club is dead. The club is murdered by Suning Group and Zhang Family. Totally a shame for one of the largest province in China. @GoJiangsu https://t.co/uJuinwhLej
— FC JIANGSU Forever (@FCJiangsu) March 29, 2021
Jiangsu, loin d’être le seul en difficulté
En mai dernier, c’est le Tianjin Tianhai qui était devenu le premier club chinois à mettre la clé sous la porte, à cause de difficultés financières. Et peu après l’annonce de la fin de l’aventure pour Jiangsu, le Shandong Luneng pourrait bien subir le même sort. Le club a déjà été exclu de la Ligue des Champions de l’AFC pour des retards de paiement répétés. La Confédération asiatique a d’ailleurs retiré la licence du club pour la saison 2021. Mais ces clubs sont loin d’être des cas isolés. En trois ans, ce ne sont pas moins de 16 clubs des trois premières divisions qui ont disparu des radars. Un football chinois bien malade, après avoir fait les beaux yeux aux stars du football mondial.
Est-ce la fin de l’Eldorado chinois ? Désireuse de devenir le point de chute de stars mondiales sur le déclin depuis 2015, la Chine semble prendre un nouveau visage. Après avoir dépensé près de 800 millions d’euros entre 2015 et 2017, les clubs de la CSL font face à des nouvelles restrictions de la Fédération. Elle a ainsi imposé un quota maximal de 5 joueurs étrangers sur la feuille de match, dont trois sur le terrain. Une manière de revenir à son postulat de base : développer un vivier de joueurs impressionnant. De plus, en décembre dernier, la Chine a mis en place un salary cap. La rémunération d’un joueur non-Chinois ne doit ainsi pas dépasser les 3 millions d’euros annuels, contre 630 000 pour ses citoyens. Sur une fenêtre de mercato, les clubs ne peuvent pas débourser plus de 5.5 millions d’euros. Alors forcément, toutes ces restrictions ne jouent pas en faveur de la CSL, qui attire beaucoup moins qu’avant. Et des grands noms désertent le championnat. Rien qu’en 2020, exit Hulk (Atlético Mineiro), Graziano Pellè (Parme), Bruno Génésio (Rennes) ou Rafael Benitez.
Un championnat en perdition qui va devoir se reconstruire autour d’un modèle beaucoup plus stable. Nul doute que la Chine optera pour une vision à long terme, en se basant sur le potentiel d’une jeunesse dorée, afin de relancer une machine enraillée.


