FDJ United-SUEZ, un début de saison au presque parfait
FDJ United – SUEZ brille en 2026 grâce à Demi Vollering, mais aussi à un collectif redoutable sur les classiques féminines. Focus sur le début de saison remarquable de la formation française.
FDJ United – SUEZ fait broyer du noir à ses adversaires. La formation tricolore réalise un début d’année 2026 absolument exceptionnel sur tous les plans. Elle s’affirme comme l’une des meilleures équipes du monde, avec des coureuses capables de remporter les plus grandes courses. Incontestablement la meilleure équipe sur les classiques !
FDJ United – SUEZ n’est pas en tête collectivement, mais…
Pour l’heure, la FDJ United – SUEZ n’est pas première au classement UCI sur l’année 2026, devancée par UAE Team ADQ (9444 points contre 8944 points). La formation émiratie place notamment trois coureuses dans le Top 10 du classement UCI (sur l’année glissante, et non sur le seul début de saison).
Une première place qui s’explique aussi par l’impact de l’UAE Tour et du Tour Down Under. Deux courses à étapes World Tour dans lesquelles FDJ United – SUEZ n’a pas spécialement brillé (Lauren Dickson 17e en Australie et Juliette Berthet 10e aux UAE). À l’inverse d’UAE Team ADQ, qui place trois coureuses dans le Top 4 en Australie et Elisa Longo Borghini à la lutte pour la victoire aux UAE.
Les courses à étapes devraient être favorables à la formation française
Mais la dynamique devrait rapidement s’inverser pour la formation leader en 2025. Le calendrier va entrer dans une phase favorable avec les courses à étapes (sans chevauchement chez les femmes). Après la campagne des Ardennaises, ce sera un objectif majeur pour Demi Vollering, qui visera le doublé Giro-Tour.
Pour rappel, si Demi Vollering a pris la 2e place du Tour de France en 2025, FDJ United – SUEZ avait placé deux autres coureuses dans le Top 10 : Juliette Berthet (7e) et Évita Muzic (10e).
Lors de la victoire de la Néerlandaise sur la Vuelta, Juliette Berthet était 5e, Évita Muzic 10e. Aucune équipe ne fait mieux sur ces deux courses. La formation française devrait donc reprendre des points sur UAE Team ADQ, qui dispose de moins d’options au classement général.
Individuellement, Demi Vollering domine largement le classement UCI (sur les 12 derniers mois). La Néerlandaise compte 6340,57 points et près de 2000 points d’avance sur sa dauphine Lorena Wiebes (Team SD Worx – Protime). Cinq coureuses de l’équipe figurent dans le Top 25 : Elise Chabbey (8e), Franziska Koch (13e), Juliette Berthet (19e) et Ally Wollaston (25e).
Demi Vollering : le meilleur début de saison de sa carrière
Elle aura été éblouissante de février à la fin avril ! Demi Vollering a remporté six victoires depuis le début de saison, soit une de plus qu’en 2023, qui constituait jusque-là sa référence. Elle a notamment décroché quatre classiques (Omloop Nieuwsblad, Tour des Flandres, Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège), là où aucune autre coureuse n’en a remporté plus d’une cette saison.
On peut relativiser en rappelant son triplé ardennais en 2023, contre « seulement » la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège cette année.

Mais elle a surtout remporté le Tour des Flandres pour la première fois de sa carrière. En dominant les monts pavés, elle a confirmé sa progression en polyvalence. Sur Liège-Bastogne-Liège comme sur le Ronde, elle s’impose en solitaire après avoir fait exploser la concurrence dans des moments clés (la côte de la Redoute et le Vieux-Quaremont). Seul bémol : les Strade Bianche, où un problème mécanique l’a écartée de la lutte.
Après deux saisons frustrantes sur les Ardennaises, elle a remis les pendules à l’heure en 2026. Elle va désormais adapter son programme, en délaissant la Vuelta pour se concentrer sur le Tour d’Italie, avec l’objectif de remporter les trois Grands Tours au cours de sa carrière.
Demi Vollering, mais pas que chez FDJ United – SUEZ
Si Demi Vollering impressionne, la réussite de FDJ United – SUEZ ne se limite pas à elle. La force de l’équipe réside dans sa capacité à gagner avec plusieurs leaders. Cinq coureuses ont remporté une course, seul UAE Team ADQ fait mieux en volume.
Mais la différence se fait sur la qualité des succès. Là où UAE Team ADQ compte davantage de victoires globales, FDJ United – SUEZ a frappé fort sur les classiques. Quatre coureuses ont levé les bras sur des courses majeures (seule Célia Géry fait exception).
Dans le détail, Ally Wollaston a remporté la Mapei Cadel Evans Great Ocean Road Race, Elise Chabbey a remporté les Strade Bianche, et Franziska Koch a triomphé à Paris-Roubaix.
Le point d’orgue reste les Strade Bianche : malgré l’abandon de Demi Vollering, l’équipe ne s’est pas désunie. Elise Chabbey et Franziska Koch ont dynamité la course pour signer un résultat collectif marquant (1re et 3e).
La force collective s’est aussi exprimée autour de Demi Vollering. Sur le Tour des Flandres, Célia Géry a été précieuse dans le travail d’équipière. À Liège, Elise Chabbey (7e) et Juliette Berthet (9e) ont accompagné la domination collective dans le Top 10.

Le hic : des Françaises pas toutes au niveau attendu
Seule réserve dans ce début de saison : plusieurs Françaises sont en retrait. Certaines ont été freinées par des pépins physiques, comme la championne de France Marie Le Net, touchée par une hernie lombaire et de retour après trois mois d’absence.
Interrogations autour d’Évita Muzic et Juliette Berthet
Touchée par un virus respiratoire, Évita Muzic n’a pas encore retrouvé son meilleur niveau. Elle reste loin de sa dynamique de 2024, marquée notamment par une victoire d’étape sur la Vuelta et une 4e place sur le Tour de France.
Arrivée en 2025, Juliette Berthet peine également à retrouver ses standards. 10e sur l’UAE Women Tour, elle a montré des signes encourageants récemment, notamment avec une 9e place à Liège-Bastogne-Liège.
Les deux Françaises seront leaders sur le Tour d’Espagne, seul Grand Tour sans Demi Vollering. Une opportunité importante pour se relancer.
Églantine Rayer peine aussi à confirmer ses promesses, tandis que Léa Curinier s’impose comme une équipière précieuse. Enfin, Jade Wiel, championne de France 2019, marque le pas après une saison 2024 correcte. Un constat qui illustre un léger recul du cyclisme féminin français en ce début d’année 2026.


