Retour sur un mercato d’hiver essoufflé
C’est terminé, le mercato d’hiver 2021 vient de s’achever et ce n’est pas plus mal, tant il aura été laborieux. Un mercato frappé de plein fouet par la crise et en baisse de 80% par rapport à l’année dernière.
Jamais très attractif comparé à celui de l’été, le mercato d’hiver a été particulièrement tranquille cette année, ne frétillant que ces derniers jours, avant la clôture. La crise sanitaire mondiale y est fortement pour quelque chose, puisque les clubs ont vu leurs recettes fondre comme neige au soleil. Le CEIS, observatoire du football, a ainsi établi que ce mercato est revenu au niveau de celui de l’année 2012 en termes d’échanges, passant de 1298 millions d’euros à seulement 295 millions d’euros. Le dynamiteur anglais est lui aussi resté sage, avec seulement 100 millions dépensés, alors que la Liga fait grise mine, se plaçant derrière la Ligue 1 avec 25 millions d’euros de transferts.
Drastic drop in big-5 league clubs transfer expenditure ⏬ ➖8⃣0⃣% compared to same period in 2020 🪂 From ➖7⃣0⃣% in the @premierleague 🏴 to ➖9⃣0⃣% in @LaLiga 🇪🇸 Record low since 2012 😮 More exclusive @CIES_Football data ➡️ https://t.co/2cuyvabijJ pic.twitter.com/MG8x1MrJNf
— CIES Football Obs (@CIES_Football) February 2, 2021
Le prêt avec option d’achat, la nouvelle mode
Les clubs ont usé d’une alternative qui se développe de plus en plus, le prêt avec option d’achat. Souvent obligatoire et soumis à certains impératifs sportifs, il permet aux clubs de décaler la sortie de trésorerie, en espérant donc une sortie de crise. Chez nous, en France où la situation sanitaire est doublée d’une crise concernant les droits TV, les clubs sont restés plutôt sages, à l’exception de certains qui en ont profité pour essayer de se renforcer. L’OM a été actif avec des départs, dont le transfert sec de Sanson à Aston Villa qui a fait du bien aux caisses, ou les départs des déceptions Strootman, Radonjic et Mitroglou. Le club marseillais a ainsi récupéré l’attaquant Milik, le défenseur espagnol Pol Lirola et sur le fil, le milieu du Celtic Glasgow, Olivier Ntcham.
Plus inédit, Marseille a effectué un échange de joueurs entre Ake qui file à la Juve contre le jeune Tongya qui arrive en France. Une situation où les deux clubs vont encaisser le même montant, mais qui ne creuse pas la caisse. Monaco a cassé sa tirelire pour Krepin Diatta et a réalisé le transfert le plus onéreux en France, avec 16 millions d’euros investis. Bordeaux a réussi un joli coup en attirant Seri qui s’était un peu perdu. Nice en a profité pour rebâtir sa défense en attirant en prêt les jeunes Saliba et Todibo. Beaucoup de clubs sont eux restés au statut quo, se contentant de l’effectif et plaçant leurs espoirs de renouveau à l’été prochain.
Pour le reste de l’Europe, c’est à peu près le même cas de figure. L’Angleterre n’a pas réalisé de transferts délirants alors que l’Allemagne et l’Italie ont surtout privilégié des échanges avec des championnats dits mineurs. Surtout, beaucoup de prêts ont été effectués comme Odegaard à Arsenal, ou encore Luka Jovic prêté à Francfort. L’Espagne pour sa part, a beaucoup de difficultés. En effet, le club qui a réalisé le plus gros mercato est Séville qui a attiré Papu Gomez de l’Atalanta, et c’est à peu près tout. Certains clubs de Liga ont également essayé de piocher en deuxième division et certains se sont même faits prêter des joueurs provenant de l’échelon inférieur.
Ce mercato, qui ne restera pas dans les annales, mettra du temps à retrouver les niveaux de 2019 ou 2020 mais rappelle qu’un autre mode de fonctionnement est possible. Si cet été devrait être explosif avec beaucoup de grands joueurs en fin de contrat, les plus modestes risquent d’être toujours impactés, et le mercato pourrait en pâtir encore dans quelques mois.


