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Euro 2017 Féminin

Groupe D : les Anglaises surclassent les Portugaises, l’Espagne, punie par l’Ecosse, mais repêchée

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Angleterre qualifiée

Le groupe D a rendu son verdict. Moins dans le résultat que dans la manière. Car si la tête du groupe était promise à l’Angleterre, on s’attendait moins à une défaite de l’Espagne 1 à 0 face à l’Ecosse, ouvrant un boulevard aux Portugaises pour une qualification en quart qu’elles ne surent pas saisir. Défaites 2 à 1 par les Anglaises, elles pourront nourrir des regrets, car dimanche, c’est l’Espagne qui affrontera l’Autriche pour se hisser en demi-finale. Les Portugaises seront déjà rentrées chez elles.

L’Angleterre ne fait pas de cadeau

Sachant sa formation déjà qualifiée, Mark Sampson avait décidé d’aligner une équipe B sur la pelouse du Willem II Stadion à Tilburg, afin de laisser ses cadres souffler, dans l’hypothèse probable où l’Angleterre rencontrerait la France en quart de finale. Seule la solide défenseuse Bright et l’attaquante Duggan avaient été reconduites, histoire de donner dans ce onze tout neuf quelques repères.

Equipe de doublures, mais de premier choix. Du moins eurent-elles à cœur de le démontrer. Car dès la 8ème minute, les Anglaises ouvraient déjà la marque, par Tony Duggan, la néo Barcelonaise, future coéquipière d’Elise Bussaglia, qui profitait d’une bourde monumentale de la gardienne portugaise. Acculée à dégager suite à une passe Ponce Pilate de sa défense, Patricia Morais expédie la balle très précisément dans l’abdomen de Tony Duggan, qui n’a qu’à contrôler proprement, lever un sourcil vers la cage vide, et envoyer une belle frappe transpercer les filets adverses. Huit minutes de jeu seulement, et voici le Portugal condamné à produire du jeu, et non du moindre, pour espérer surnager. Autant dire qu’à ce moment de la partie, cela paraissait mission impossible.

Tony Duggan marque (crédit UEFA)

Les Lusitaniennes croulaient sous leurs déchets techniques, Ana Borges, l’arrière droite, plus que les autres, les Anglaises poursuivaient leur pressing, et Isobel Christiansen, la milieue offensive gauche menait des raids dévastateurs dont la défense se sortait à coups de tacles et de dégagement en touche (10ème, 13ème). Alex Scott y alla également de sa chevauchée sur son côté droit, dégagé in extremis en corner (14ème).

Après un quart d’heure de jeu, un abîme s’était déjà creusé entre une équipe anglaise possédant dans son jeu les atouts maîtres du football : jeu court, jeu long, contrôle, contrôle orienté, jeu en triangle,… et une sélection portugaise ne parvenant pas à enchaîner deux passes consécutives.

L’heure du petit miracle portugais

Et voilà qu’un petit miracle a lieu. Le Portugal va connaitre un état de grâce qui va durer un bon quart d’heure.

Soudain, voilà Claudia Neto, la capitaine portugaise, sans doute la plus à l’aise techniquement, qui réalise un petit numéro dans le terrain anglais, passe à Diana Silva à droite, dont la vitesse met dans le vent la défense adverse. Elle s’y reprend à deux fois pour trouver Carolina Mendes. Le ballon est contré une première fois, Diana Silva s’arrache pour éviter qu’il sorte, expédie un centre parfait pour Mendes qui n’a qu’à réaliser le plus facile.

Carolina Mendes égalise (crédit UEFA)

A ce moment de la partie, le Portugal est en quart de final. Dans l’autre match, qui se joue simultanément, l’Espagne a la bonne idée de se faire mener au score.

On se dit quand même que les Anglaises exagèrent, elles sont punies de leur nonchalance vis-à-vis de leur adversaire, dont elles se savent bien supérieures. Elles ne se sont pas méfiées. Le remake du but portugais se produit à la 22ème. Diana Silva centre, Mendes rate sa tête d’un cheveu. Nous, public, derrière notre télévision, on savoure encore la vitesse de cette jeune joueuse flanquée du numéro 16, on se dit que cette équipe-là, avec une joueuse aussi rapide, peu avoir une bonne carte à jouer.

La capitaine Claudia Neto sait aussi que c’est le moment où jamais. L’Angleterre vexée, bafouille, ne trouve plus ses repères. Neto élève son niveau de jeu, celui de son équipe également, même Ana Borges se met à jouer impeccable. Ces tuniques vert et bordeaux se mettent à exceller dans l’art de ce jeu court qui consiste à envoyer la balle à n’importe quelle joueuse pourvu qu’elle soit démarquée. Dans les gradins, trois syllabes sont hurlées « POR TU GAL ! POR TU GAL ! ».

Claudia Neto (crédit UEFA)

Tenir son rang

L’Angleterre n’est pas la quatrième nation FIFA pour rien.

Dès le retour des vestiaires, elle affirme son statut. A la 48ème minute, parfaitement servie par Isobel Christiansen, Parris, se paie un billet simple dans la défense portugaise. Drible, avec des contre favorables, se retrouve seule face à Patricia Morais qui n’avait pas besoin de ça, marque.

Nikita Parris marque (crédit UEFA)

Nous passâmes les quarante-cinq minutes suivantes à nous demander si le Portugal pourrait revenir. La stratégie de la passe à dix en périmètre restreint semblait ne plus suffire. On changea les pièces pour relancer la machine. Ni Ana Leite, ni Laura Luis, ni Amanda da Costa ne permirent d’entrevoir l’espoir. Par ailleurs, un psychodrame à distance se joua entre Patricia Morais et le coach Francisco Neto, la première souhaitant sortir, visiblement blessée, le second restant sourd à ses demandes. Elle le gratifiait de regards désemparés et lui, implacable répondait, de loin, « non » de la tête.

D’autant qu’en face, avec son but, Parris était libérée. Remuante, elle semblait bien décidée à ne pas s’arrêter en si bon chemin, et n’aurait pas été contre un petit deuxième. Nous jetions alors des regards inquiets sur cette sélection lusitanienne, tout à son jeu en petites passes courtes, se répétant mentalement les consignes du coach « Je passe à ma copine à côté de moi, celle qui est démarquée ». Cette stratégie inspira une tendresse douloureuse, lorsque les Portugaises ne parvinrent à l’appliquer plus que sur leur propre moitié de terrain, puis dans leur propre surface de réparation. On crut assister à un match de rookies.

England ! England !

L’Angleterre ne força pas, se contenta de réciter ses gammes. Le public éparpillé en tribunes, hurlait « England ! England ! »

Le dernier acte du psychodrame entre Patricia Morais et Francisco Neto eut lieu à la 93ème. L’arbitre accorda aux Portugaises un coup franc comme on donne une bénédiction. Nous étions dans le terrain anglais, l’objectif est donc simple : mettre dans le paquet massé dans la surface, en espérant qu’un pied, une main, une balle fuyante, quelque chose du destin fasse mouche. Ca s’est déjà vu.

Le sélectionneur portugais Francisco Neto (crédit UEFA)

Patricia Morais veut en être également. Il reste vingt secondes dans le temps additionnel. Seul un but ouvrirait les portes des quarts. Mais Francisco Neto ordonne à sa gardienne de rester sagement dans ses buts. Elle ne comprend pas, fait des gestes de mauvaise humeur, puis d’impuissance. Puis obéit. Bien sûr le coup franc ne donnera rien. Le Portugal est éliminé dix secondes plus tard. La caméra se fixe sur Patricia Morais. La dernière image que nous emporterons sera son désarroi et sa détresse, de n’avoir pas eu droit à la rédemption.

L’Ecosse ne rentrera pas les mains vides

Gemma Faye a multiplié les arrêts (crédit UEFA)

Dans l’autre match, dont le coup d’envoi fut donné simultanément, la donne était claire. L’Ecosse après deux défaites prendrait le chemin du retour, après cette ultime escale ibérique, au Stadion De Adelaarshorst à Deventer. L’Espagne, quant à elle, pouvait se contenter du minimum syndical pour rejoindre l’Angleterre en quart de finale.

Et pourtant, ce soir là, tout s’est écrit à l’envers. Sur une sortie hasardeuse de la gardienne espagnole Sandra Paños (42ème), Caroline Weirs ne marque pas le but le plus ébouriffant de l’histoire du foot, mais sans doute l’un des plus symboliques pour cette sélection écossaise. Il lui permet de repartir avec une victoire au compteur, montrant que la déroute face à l’Angleterre (6-0) était un accident. Les Espagnoles, crurent bien la qualification compromise. L’égalisation portugaise, et surtout leur incapacité à tromper Gemma Faye, auteur d’arrêts décisifs, et protégée des dieux du Stadion De Adelaarshorst : la barre transversale, le poteau vinrent à son secours.

Ces mêmes dieux durent avoir une tendresse particulière pour la sélection de Jorge Vilda, car au final, ses filles continuent leur course. Kennen Sie Osterreich ?

Camille Cordouan


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