Irak Coupe du monde 2026 : liste, calendrier, joueurs à suivre, ambitions… tout savoir sur les Lions de Mésopotamie
COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2026 – De retour au Mondial quarante ans après sa seule participation, l’Irak débarque en Amérique du Nord avec une qualification arrachée au bout du suspense, un peuple derrière lui et l’ambition de créer l’exploit dans un groupe très relevé.
Le 18 novembre dernier, l’Irak accueillait les Émirats arabes unis pour le match retour du barrage qualificatif en Asie, cinq jours seulement après le match nul concédé en terres émiraties (1-1). Réputé pour sa ferveur impressionnante, le Basra International Stadium était plein à craquer, avec 65 000 supporters.
Au bout d’un match disputé sous très haute tension, Amir Al-Ammari s’est transformé en héros national en convertissant un penalty au bout du temps additionnel. Un scénario fou, qui a donné un supplément d’âme à cette équipe avant d’arracher l’un des derniers tickets disponibles lors du barrage intercontinental, en renversant la Bolivie (2-1) en mars dernier, au Mexique.
Perturbée par un contexte géopolitique instable, la sélection irakienne a pu savourer cette récompense au bout d’un véritable marathon dans les éliminatoires asiatiques. Avant d’en arriver là, les Lions de Mésopotamie avaient survolé leur deuxième tour face au Vietnam, aux Philippines et à l’Indonésie, avant de manquer une première occasion de se qualifier au troisième tour, en échouant à un point de la Jordanie.
Au quatrième tour, c’est ensuite l’Arabie saoudite qui leur a barré la route à la différence de buts. Des frustrations finalement évacuées lors de l’ultime tour, pour offrir à tout un pays un retour historique en Coupe du monde.
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— قنوات الكاس (@AlkassTVSports) November 18, 2025
Calendrier et groupe de l’Irak à la Coupe du monde 2026
Véritable petit poucet du groupe I, l’Irak débutera par une opposition délicate face à une Norvège redoutable sur le papier, portée par une génération capable d’être l’une des révélations de ce Mondial. Mais ce ne sera qu’un premier défi avant le plat de résistance que représentera l’équipe de France dès le deuxième match.
Enfin, les Lions de Mésopotamie croiseront le fer avec une autre nation citée parmi les potentielles bonnes surprises de la compétition, le Sénégal. Un calendrier particulièrement relevé pour une sélection qui devra livrer trois matchs quasiment parfaits pour espérer exister.
Ces trois rencontres représentent donc autant de montagnes à gravir pour une sélection qui n’est plus habituée aux joutes internationales de ce niveau. Les hommes de Graham Arnold auront d’abord à cœur de mouiller le maillot pour rendre fier tout un peuple, qui attendait de vivre un tel moment depuis quatre décennies.
À noter que les Irakiens disputeront leurs trois rencontres sur la côte Est de l’Amérique du Nord. Les deux premières auront lieu aux États-Unis, avant un dernier déplacement au Canada pour défier le Sénégal à Toronto.
Le programme complet de l’Irak
- Mardi 16 juin à 00h00 : Irak 1-4 Norvège, Gillette Stadium, Foxborough (États-Unis)
- Lundi 22 juin à 23h00 : France 3-0 Irak, Lincoln Financial Field, Philadelphie (États-Unis)
- Vendredi 26 juin à 21h00 : Sénégal 5-0 Irak, BMO Field, Toronto (Canada)
Liste et effectif de l’Irak pour la Coupe du monde 2026
L’Irak fera partie des sélections les plus atypiques de cette Coupe du monde. Très peu de joueurs évoluent sur le continent européen. La plupart jouent encore au pays ou dans des clubs situés aux quatre coins de la confédération asiatique.
Malgré tout, plusieurs éléments disposent d’une expérience dans de bons championnats européens, en raison d’une diaspora fortement représentée. C’est notamment le cas de l’un des dépositaires du jeu irakien, Zidane Iqbal. Né à Manchester, le milieu de terrain a été formé à Manchester United, où il a même effectué une apparition en Ligue des champions, avant de rejoindre le FC Utrecht, en Eredivisie.
Buteur contre la Bolivie, Ali Al-Hamadi est lui aussi un habitué du football anglais. Devenu le premier joueur irakien à évoluer en Premier League avec Ipswich, il sort toutefois d’une saison plus discrète en troisième division anglaise. Le véritable fer de lance de l’attaque reste Aymen Hussein, auteur de neuf buts lors des éliminatoires et redoutable buteur dans le championnat local.
L’effectif est globalement expérimenté, avec pour guide le gardien centenaire Jalal Hassan. En défense, le sélectionneur s’appuie sur une ligne à quatre bien identifiée, articulée autour de la charnière Akam Hashem – Zaid Tahseen, avec les latéraux Hussein Ali et Merchas Doski.
Merchas Doski illustre parfaitement cette diaspora irakienne. Né en Allemagne, il évolue actuellement en République tchèque, au Viktoria Plzeň. Cette défense, qui se connaît sur le bout des doigts, représente sans doute le meilleur atout des Lions de Mésopotamie.
Le milieu de terrain est particulièrement fourni, avec dans l’entrejeu la doublette technique composée d’Amir Al-Ammari et d’Aimar Sher, chargée d’assurer l’équilibre entre la défense et l’attaque. Pour dynamiser les côtés, les solutions ne manquent pas, même si Marko Farji et Ali Jasim semblent incontournables. Ibrahim Bayesh et Ahmed Qasem, récemment arrivé en sélection, constituent également des options crédibles.
La liste de l’Irak pour la Coupe du monde 2026
Gardiens : Ahmed Basil (Al-Shorta), Jalal Hassan (Al-Zawraa), Fahad Talib (Al-Talaba)
Défenseurs : Hussein Ali (Al-Shorta), Merchas Doski (Viktoria Plzeň/RTC), Akam Hashem (Al-Zawraa), Rebin Sulaka (Port FC/THA), Zaid Tahseen (Pakhtakor/OUZ), Ahmed Yahya (Al-Shorta), Manaf Younis (Al-Shorta)
Milieux : Amir Al-Ammari (Cracovia/POL), Youssef Amyn (Larnaca/CHY), Ibrahim Bayesh (Al-Dhafra/EAU), Marko Farji (Venise/ITA), Zidane Iqbal (Utrecht/P-B), Zaid Ismail (Al-Talaba), Ali Jasim (Al-Najma/ARS), Frans Putros (Persib/IND), Ahmed Qasem (Nashville/USA), Mustafa Saadoon (Al-Shorta), Aimar Sher (Sarpsborg/NOR), Kevin Yakob (Aarhus/DAN)
Attaquants : Ali Al-Hamadi (Luton Town/ANG), Mohanad Ali (Dibba/EAU), Aymen Hussein (Al-Karma), Ali Yousef (Al-Talaba)
Aymen Hussein, le joueur à suivre de l’Irak
Auteur du but décisif qui a offert la qualification face à la Bolivie en mars dernier, Aymen Hussein symbolise à lui seul la résilience du football irakien. Né en 1996, l’attaquant a grandi dans un pays marqué par la guerre, les violences et l’instabilité permanente.
Son histoire personnelle est indissociable de celle de l’Irak contemporain. En 2008, son père, officier au sein de l’armée irakienne, a été tué par l’État islamique. En 2014, son frère, policier dans le civil, a disparu lorsque l’organisation a déferlé sur le nord du pays. Alors âgé de 18 ans, Aymen Hussein avait dû fuir sa maison pour se réfugier à Bagdad, au moment même où sa carrière commençait à décoller.
Attaquant particulièrement doué, il a rapidement été repéré, jusqu’à intégrer les sélections de jeunes, ce qui lui a notamment permis de disputer les Jeux olympiques 2016. Buteur redoutable avec Al-Naft, l’un des clubs de la capitale, il a en revanche connu plus de difficultés à s’exporter.
Ses expériences en Tunisie, au CS Sfaxien, puis au Maroc, au Raja Casablanca, n’ont pas été couronnées de réussite. Il a ensuite enchaîné plusieurs saisons irrégulières au Qatar. Mais dans le football local, ses statistiques parlent pour lui. Il a notamment signé deux saisons exceptionnelles à 22 puis 27 buts sous les couleurs d’Al-Quwa Al-Jawiya.
C’est surtout avec les Lions de Mésopotamie qu’il s’est forgé une réputation. Depuis plus d’une décennie, il a accumulé les buts en sélection et s’est imposé comme l’un des visages majeurs du football irakien. Même lorsqu’il traversait des périodes plus creuses en club, porter le maillot national l’a toujours transcendé.
Devenu capitaine et véritable symbole pour tout un peuple, Aymen Hussein disputera cette Coupe du monde avec une émotion particulière. Plus qu’un simple attaquant, il incarne l’histoire, les douleurs et les espoirs d’un pays qui retrouve enfin la plus grande scène du football mondial.
أيمن حسين يحتفل مع أمه وخاله بعد الإنجاز 🔥 pic.twitter.com/FGzfcm79XL
— العراق سبورت (@Iraq_Sport1) April 3, 2026
Graham Arnold, le sélectionneur de l’Irak
Âgé de 62 ans, Graham Arnold est une véritable figure du football australien. Ancien attaquant prolifique, auteur de 19 buts en 58 sélections avec l’Australie, il a effectué une belle carrière de joueur, qui l’a notamment mené en Europe.
Entre 1990 et 1997, il a passé sept ans entre les Pays-Bas, avec le Roda JC et le NAC Breda, et la Belgique, avec le RFC Liège et Charleroi. Également passé par le Japon, il a ensuite bâti sa carrière d’entraîneur dans son pays, d’abord avec un court mandat à la tête de la sélection australienne, puis en club.
Avec les Central Coast Mariners puis le Sydney FC, Graham Arnold a remporté des titres et consolidé sa réputation. Entre 2018 et 2024, il a de nouveau pris en main l’Australie, qu’il a menée jusqu’à la Coupe du monde 2022.
Le 9 mai 2025, la sélection irakienne l’a convaincu de tenter un pari improbable. Très impliqué, l’Australien est venu s’installer sur place malgré les réticences de sa famille. Après une première fenêtre délicate, il a rapidement remis la sélection sur les bons rails, jusqu’à la conduire à la Coupe du monde.
Dans son staff, il s’est notamment entouré d’une légende locale comme adjoint : Ali Abbas. Un joueur qu’il avait connu au Sydney FC et qui l’a aidé à s’acclimater dans cette aventure humaine et sportive très particulière.
Tactiquement, le sélectionneur australien s’appuie soit sur un 4-4-2, soit sur un 4-2-3-1, selon l’adversaire. Dans cette Coupe du monde où l’Irak fera figure de petit poucet, la deuxième option devrait être privilégiée, avec Aymen Hussein sur le front de l’attaque et Ali Al-Hamadi en joker en sortie de banc.
L’animation est plutôt simple, avec un bloc défensif bas et compact, articulé autour d’une défense à quatre solide, aidée par un milieu de terrain travailleur. Le tout avec un jeu direct, où les phases arrêtées auront une importance capitale. Au cœur du jeu, Amir Al-Ammari sera l’un des principaux dépositaires du jeu irakien.
La principale interrogation concerne le poste de milieu gauche, qui pourrait être occupé par Ibrahim Bayesh pour renforcer le bloc, ou par Ali Jasim dans une configuration plus offensive.
🇦🇺 El australiano Graham Arnold es la pesadilla de la repesca de Conmebol
En el 2022 dirigió a Australia 🇦🇺 en su victoria por penales sobre Perú 🇵🇪
Ayer condujo a Irak 🇮🇶 a clasificar 40 años después venciendo 2-1 a Bolivia 🇧🇴
Dice Arnold que el que ríe al último, ríe mejor pic.twitter.com/FJpR2RuKIR
— Ienzo Duarte (@ienzoduarte) April 1, 2026
L’histoire de l’Irak à la Coupe du monde
L’Irak s’apprête à disputer la deuxième Coupe du monde de son histoire. Il y a exactement 40 ans, en 1986, la sélection avait réussi à s’extirper des éliminatoires de la zone Asie, décrochant l’un des deux seuls tickets en jeu pour le Mexique aux côtés de la Corée du Sud.
À l’époque, la sélection s’appuyait notamment sur deux buteurs prolifiques, Hussein Saeed et Ahmed Radhi, encore aujourd’hui parmi les plus grands noms de l’histoire du football irakien. Mais l’aventure avait tourné court. Malgré une belle résistance, l’Irak avait concédé trois courtes défaites face au Paraguay (0-1), à la Belgique (1-2) et au Mexique (0-1).
Ahmed Radhi avait toutefois marqué l’histoire en inscrivant ce qui reste à ce jour le seul but irakien en Coupe du monde.
Cette participation a précédé une période particulièrement sombre pour le football irakien. Le règne de la terreur instauré par Oudaï Hussein, fils de Saddam Hussein, à la tête de la Fédération, a profondément marqué plusieurs générations. Déjà avant son mandat, certains joueurs avaient été envoyés en prison lorsque les résultats n’étaient pas jugés suffisants. Par la suite, plusieurs générations ont subi pressions, violences et tortures, notamment dans les bâtiments du Comité olympique irakien.
Cette page sombre, qui a duré jusqu’en 2003, a freiné le développement du football local et brisé de nombreux talents. Quelques années plus tard, l’Irak a pourtant signé le plus bel exploit de son histoire moderne en remportant, contre toute attente, la Coupe d’Asie 2007.
Depuis, la sélection tournait régulièrement autour d’une qualification en Coupe du monde, sans parvenir à dépasser les cadors continentaux que sont le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite ou encore l’Iran. Avec l’élargissement du Mondial à 48 équipes, l’Irak n’a cette fois pas laissé passer sa chance.

Les ambitions de l’Irak à la Coupe du monde 2026
En se qualifiant, les Lions de Mésopotamie ont déjà réussi à entrer dans le cœur de tout le peuple irakien. Le simple fait de faire le voyage en Amérique du Nord représente une immense satisfaction pour un pays dont l’amour du football est souvent sous-estimé.
Malheureusement, le tirage au sort s’est révélé particulièrement corsé. Face à l’un des favoris à la victoire finale, la France, mais aussi deux outsiders crédibles, le Sénégal et la Norvège, l’Irak va surtout tenter d’éviter de revivre le scénario de 1986, où la sélection avait quitté la compétition avec trois défaites en trois matchs.
Une qualification en phase à élimination directe semble donc très improbable. Mais sur un match, cette sélection possède suffisamment de cœur, de discipline et d’organisation pour gêner l’un de ses adversaires. Ce sera sans doute sa mission principale : tenir, résister, et essayer de saisir la moindre opportunité.
Avec un bloc compact, des phases arrêtées importantes et un attaquant capable de peser comme Aymen Hussein, les Irakiens peuvent poser des problèmes. La Bolivie en a fait les frais lors du barrage intercontinental. Mais avec une profondeur de banc limitée, notamment défensivement, l’Irak devra livrer trois matchs d’une intensité totale pour espérer écrire une nouvelle page de son histoire.


