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Tournoi des 6 Nations

Italie – Angleterre : exploit historique ou vrai changement de dimension pour la Nazionale ?

Etienne Goursaud

Publié le

Italie - Angleterre exploit historique ou vrai changement de dimension pour la Nazionale
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TOURNOI DES 6 NATIONS 2026 – Tombeuse de l’Angleterre, l’Italie a-t-elle changé de dimension ? Éléments de réponse.

C’est un évènement dans la planète rugby. Ce samedi, pour son 33ème match face au XV de la Rose, l’Italie a enfin battu l’Angleterre dans un match international à XV. Un succès 23-18, au terme d’un final fou qui a fait rugir le Stadio Olimpico de Rome. Une première historique qui fait que les Italiens ont enfin battu tous les pays engagés dans le Tournoi des 6 Nations.

Vingt-six ans après son entrée dans le Tournoi, et malgré des débats. Des débats renforcés à la fin des années 2010 et au début des années 2020, quand les Italiens ont enchaîné la triste série record de 36 défaites consécutives.

Contre l’Angleterre, l’Italie a fini fort

Au-delà du score, c’est intéressant de noter que l’Italie a fini fort son match. Pendant des années, et même face à l’Angleterre, on a vu des Italiens parfois bien jouer, notamment dans le premier acte, avant de s’écrouler physiquement et parfois encaisser des scores lourds. Ce samedi, l’Italie a infligé un 13-0 aux Anglais dans les 25 dernières minutes du match. Rivalisant statistiquement avec le XV de la Rose tout au long du second acte et n’encaissant aucun essai. L’Italie a eu légèrement la possession (51 %) et a fait plus de passes (64 contre 52), dont quatre après contact, dont deux qui amènent à l’essai.

Ce qui est intéressant à noter, c’est que ce n’est pas la première fois que l’Italie termine fort un match dans ce Tournoi. Contre l’Irlande, malgré la défaite 20-13, la domination a été italienne dans le dernier quart d’heure et il n’aurait pas été usurpé que cette équipe reparte avec les deux points du match nul. Une force physique contre les Anglais, symbolisée par son second essai. Une action dans laquelle Monty Ioane et Tommaso Menoncello ont remporté leur duel et cassé des plaquages adverses.

L’Italie a su surmonter ses erreurs

Outre sa capacité à finir fort le match, l’Italie a su également passer au-delà de ses erreurs. On l’a vu par le passé : une équipe italienne parfois séduisante, mais offrant trop de points à ses adversaires et payant cher son indiscipline. Ce samedi, tout n’a pas été parfait. À l’image de cette dernière action dans le premier acte. Alors que l’Italie mène 10-5, ses joueurs décident de relancer un ballon après la sirène. Perte de balle et, au bout de l’action, l’équipe encaisse un essai qui permet à l’Angleterre de passer en tête à la pause (10-12).

Par le passé, cela aurait pu marquer un vrai tournant et le début des ennuis. D’autant que cette équipe d’Italie sera indisciplinée au retour des vestiaires. Deux pénalités encaissées, dont celle qui a amené un carton jaune largement évitable de Giacomo Nicotera. L’infériorité numérique ne se fera absolument pas sentir. Car l’Italie a su remettre la main sur le ballon. Mieux, elle a poussé les Anglais à commettre à leur tour des fautes. Jusqu’à évoluer pendant 2:30 à 13 contre 15.





Un effectif qui arrive à maturité

Quand on se penche sur le XV aligné contre l’Angleterre ce samedi, ce qui est intéressant, c’est de voir que l’effectif italien commence à avoir une certaine maturité et un savant mélange d’expérience et de jeunesse. La jeunesse incarnée par Tommaso Menoncello (23 ans), mais aussi par sa charnière avec les deux Garbisi. Alessandro a 23 ans et Paolo 25 ans. La deuxième et la troisième ligne sont composées de joueurs ayant soit 25 soit 27 ans : encore jeunes, mais qui commencent à avoir une certaine expérience internationale et une puissance physique. On a vu les avants italiens rivaliser dans les duels avec les Anglais.

Le XV aligné contre l’Angleterre présente une moyenne d’âge de 26,66 ans, avec quelques joueurs qui « vieillissent » l’effectif. Une première ligne qui commence à être expérimentée, dans des postes qui requièrent une certaine maturité. Danilo Fischetti a 28 ans, Giacomo Nicotera en a 29, tandis que Simone Ferrari a dépassé les 30 ans (31). Monty Ioane (31 ans) et Ignacio Brex (33 ans) contribuent aussi à apporter cette expérience pour encadrer les jeunes talents.

Quels espoirs pour la Coupe du monde 2027 ?

Il ne faut pas oublier que l’Italie a vaincu l’Angleterre sans Ange Capuozzo, l’un des meilleurs joueurs du monde. Preuve que l’Italie sait jouer même sans son arme principale. De bon augure à 18 mois de la Coupe du monde. Aucun de ces joueurs ne semble « hors d’âge » pour se rendre en Australie et on peut espérer, pour les Italiens, un Capuozzo en forme.

Un effectif qui aura encore pris de l’expérience et de la confiance, née de quelques grandes premières. En 2022, l’Italie avait battu pour la première fois l’Australie (28-27). Mieux, trois ans après, les Italiens ont remis cela (26-19). Ils restent donc sur deux victoires consécutives face aux Australiens.

Placée avec le double tenant du titre l’Afrique du Sud, la Géorgie et la Roumanie, l’Italie peut profiter de ce nouveau format à 24 pays, avec des huitièmes de finale, pour franchir la phase de poules pour la première fois de son histoire. Sauf immense exploit face à l’Afrique du Sud (qu’elle n’a battue qu’une fois en 2016), l’Italie devrait terminer 2ème de sa poule B.

Et retrouver le vainqueur de la poule F, qui pourrait bien être… l’Angleterre. On sera dans une autre configuration que lors du Tournoi des 6 Nations, mais la Squadra Azzurra s’est prouvé qu’elle pouvait vaincre les Anglais. De quoi rêver de prendre le quart ? Qui sait…

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