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La surprise Raynaud, Diabaté brille, Risacher en danger… le grand bilan des Français en NBA cette saison

Léo Derambure

Publié le

La surprise Raynaud, Diabaté brille, Risacher en danger, le grand bilan des Français en NBA cette saison
Photo Icon Sport

NBA 2025-2026 – Entre la domination stratosphérique de Victor Wembanyama, les promesses de la génération 2024 et la solidité des vétérans, la délégation française n’a jamais semblé aussi puissante et influente outre-Atlantique.

Wembanyama, du titre d’Alien à celui de patron de la Ligue

Il n’est plus seulement l’attraction de la ligue, il en est devenu l’un des tauliers. Pour sa troisième saison, Victor Wembanyama a franchi le cap qui sépare les All-Stars des légendes en devenir. Toujours aussi dissuasif (et immense favori à sa propre succession pour le titre de Défenseur de l’Année), l’intérieur des Spurs a pris une dimension offensive terrifiante. Autour de lui, San Antonio a retrouvé une culture de la gagne et valide son ticket pour la post-season. L’« Alien » grandit, et très vite. À tel point qu’il est nommé parmi les prétendants au titre de MVP de la saison régulière. On a hâte de découvrir Wemby en mode playoffs.

La surprise de la saison : l’éclosion de Maxime Raynaud

C’est la grande satisfaction que beaucoup n’avaient pas vu venir de ce côté de l’Atlantique. Sélectionné lors de la draft 2025 en 42ème place après un cursus brillant à Stanford, Maxime Raynaud a tout simplement explosé les compteurs pour sa saison rookie. L’intérieur a su s’imposer d’emblée dans la raquette de sa franchise.

Avec des statistiques folles en fin de saison (17,1 points et 8,5 rebonds sur les 15 derniers matches), une science du rebond impeccable et des mains solides près du cercle, le Parisien a posé sa candidature pour figurer très haut dans les All-Rookie Teams, de quoi remettre en question certains scouts en NBA qui n’ont pas cru en lui, alors qu’il a été élu rookie du mois de mars en conférence Ouest avec Sacramento.

Dans cette même cuvée 2025, Nolan Traoré a lui aussi montré pas mal de belles choses. Jeté dans le grand bain à la mène, il a fait étalage de son impressionnante maturité sur pick’n’roll et de sa capacité à dicter le tempo, signant une première année intéressante avec les Brooklyn Nets.

La fin de saison a été marquée aussi par Joan Beringer (Timberwolves). Drafté en 17ème position, le pivot de 19 ans a terminé sa première saison en NBA en boulet de canon. Lors du tout dernier match de la saison régulière face aux Pelicans, il est devenu le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à compiler plus de 20 points, 10 rebonds et 5 contres (24/13/7). Une prestation historique qui couronne une première année très prometteuse dans l’ombre de son mentor, Rudy Gobert.





Sélectionné très haut (12ème position), Noa Essengue a vécu une saison probablement frustrante puisqu’une blessure à l’épaule l’éloigne des parquets depuis fin novembre. Enfin, pari réussi pour Mohamed Diawara. Drafté en 51ème position initialement par les Clippers, puis vite transféré chez les New York Knicks, l’ailier ultra-polyvalent a décroché un contrat garanti et a réussi à grapiller quelques minutes.

La génération 2024 monte en puissance

Attendus au tournant après une première année d’apprentissage, les choix de la draft historique de 2024 ont, pour la plupart, montré de belles choses. Zaccharie Risacher (Hawks) a satisfait au début de sa deuxième saison en Géorgie. L’ailier a musclé son jeu et stabilisé son adresse extérieure. Il est devenu le couteau suisse offensif et défensif dont les Hawks avaient besoin. Sauf que tout ça, c’était durant l’automne. Sa deuxième partie de saison laisse un goût amer. Gêné par une adresse et une confiance en baisse, et grand perdant du trade de Trae Young, le n°1 de la draft a carrément subi un DNP (décision du coach de ne pas le faire jouer sur un match entier). Un signal d’alarme qui donne encore un peu plus de crédit aux rumeurs de trade qui l’ont entouré cet hiver en Géorgie.

Alex Sarr (Wizards) continue sa montée en puissance. Moins de fautes, plus de contres, et une association avec son compatriote Coulibaly qui donne enfin des motifs d’espoir aux fans de la capitale. La troisième saison sera déterminante pour le pivot français, notamment via son association à venir avec Anthony Davis.

Tidjane Salaün (Charlotte Hornets) est un réservoir d’énergie inépuisable. S’il doit encore peaufiner ses pourcentages au tir, ses entrées en jeu dynamisent très souvent Charlotte. On l’a malheureusement peu vu en 2026 suite à une blessure au mollet, et c’est à l’échelon inférieur qu’il a connu la consécration cette saison. Envoyé en G-League pour emmagasiner des responsabilités, l’ailier vient tout juste d’y décrocher le titre de champion avec le Swarm de Greensboro. Avant un retour en NBA ?

Pacôme Dadiet (Knicks), lui, n’a eu que très peu de temps de jeu, et lorsqu’il a pu gratter quelques minutes, il s’est parfois montré très précieux en sortie de banc au Madison Square Garden. Noah Penda (Magic) a quant à lui continué à avoir pas mal de temps de jeu, trouvant une petite place dans la rotation.

Coulibaly franchit un cap, Gobert toujours au poste

À Washington, Bilal Coulibaly n’est plus seulement le lieutenant défensif assigné à la star adverse. Pour la troisième saison de sa carrière en NBA, il a pris les clés du camion en attaque, affichant une belle progression statistique et s’affirmant comme un potentiel élément clé du futur des Wizards. Mais il lui faudra se débarrasser des blessures, qui lui ont coûté 26 matchs cette saison.

Plus au nord, le vétéran Rudy Gobert (Minnesota Timberwolves) a continué son travail de l’ombre qui lui est propre. Moins sollicité en attaque, le pivot de 33 ans reste l’un des protecteurs de cercle les plus redoutés de la Conférence Ouest et s’apprête à entamer les playoffs avec le couteau entre les dents. Reste à savoir s’il fera partie des finalistes pour le trophée de Defensive Player Of the Year.

La densité du banc tricolore

Le reste du bataillon n’a pas chômé pour gratter de précieuses minutes dans la rotation. Rayan Rupert, qui est passé des Blazers à Memphis, continue son travail de sape. Spécialiste défensif, ses longs bras continuent d’empoisonner les lignes arrière de la Conférence Ouest. Sidy Cissoko (Portland Trail Blazers) grappille quant à lui du temps de jeu grâce à son agressivité vers le cercle et sa défense rugueuse.

Moussa Diabaté (Charlotte Hornets) continue de progresser avec son profil de travailleur de l’ombre qui sécurise de précieux rebonds offensifs en relais des cadres. Alors que les Hornets ont créé la sensation avec une deuxième partie de saison tonitruante, l’intérieur parisien n’y est pas étranger. Il s’est imposé comme l’indispensable combativité de cette équipe métamorphosée. Aimant à ballons, il a brillé par son activité incessante au rebond offensif et sa dureté, offrant de précieuses secondes chances et incarnant parfaitement l’énergie de ce renouveau spectaculaire en Caroline du Nord. Il va vivre un play-in contre Miami dans quelques jours.

Pour Nicolas Batum (Clippers), même s’il a rangé le maillot bleu de l’équipe de France après les JO 2024, « Batman » veille toujours en NBA. À 37 ans, le vétéran honore sa dernière année de contrat avec ce rôle de facilitateur qu’il maîtrise à la perfection. Son QI basket, ses passes lumineuses et sa défense rendent encore de précieux services à ses coéquipiers.

Le pari manqué de Yabusele

Après une relance pourtant réussie à Philadelphie l’an passé, l’« Ours dansant » a tenté un pari à New York qui s’est avéré perdant. Incapable de trouver sa place et son rythme dans les rotations new-yorkaises, Guerschon Yabusele a été transféré aux Chicago Bulls en cours d’année. Dans l’Illinois, il a retrouvé de l’impact, mais au final, c’est une saison frustrante.

Une saison galère qui fait écho à celle de Killian Hayes, toujours à la recherche d’une stabilité perdue et qui enchaîne les contrats de courte durée sans parvenir à s’installer, ou encore aux difficultés d’Ousmane Dieng. Malgré son talent, l’ancien joueur des Breakers est resté scotché au bout du banc d’Oklahoma City, barré par la densité d’un effectif taillé pour le titre. Il a quitté le Thunder pour les Bucks, et sa polyvalence a soulagé sa nouvelle équipe sur les postes 3 et 4. Avec une moyenne de 26 minutes de jeu par match, il peut continuer sa progression dans le Wisconsin. Surtout si un certain Giannis Antetokounmpo s’en va…

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