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Légendes du sport

Laurent Jalabert, le champion tout-terrain

Klay

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Laurent Jalabert

L’histoire sportive de Laurent Jalabert n’a pas toujours été marqué d’événements heureux. Cycliste français né le 30 novembre 1968 à Mazamet dans le Tarn, il fut au début de sa carrière un remarquable sprinteur, un peu tête brûlée. Coureur complet dès ses débuts dans le monde professionnel, il impressionne par sa régularité au plus haut niveau. Il ne lui manque que des titres. Il collectionne les podiums et les places d’honneur de 1991 à 1994. Ses talents de cascadeur dans les emballages finaux lui rapportent le maillot vert du classement par points du Tour de France en 1992, ainsi qu’une victoire d’étape. Il engrange deux victoires d’étapes en 1993 sur le Tour d’Espagne, mais ce n’est pas grand chose à coté de la véritable « razzia »qu’il réalise l’année suivante sur la Vuelta avec ses 7 victoires d’étapes et le maillot du classement par points.

Cependant, l’année 1994 marque un tournant dans la vie de Laurent Jalabert. Cette année-là, le Tour de France se coure après la Vuelta. Lors de la première étape qui arrive à Armentières, il est le grand favori. Wilfried Nelissen, autre grand sprinteur, percute un policier avancé pour prendre une photo, et c’est la chute. Les images sont terribles, lancés à pleine vitesse, ils mettent du temps à se relever. Il faudra plusieurs mois à Jalabert pour se rééduquer, reprendre confiance en lui, psychologiquement il est atteint. Lorsqu’il retrouve la compétition à la fin de l’année, il a changé d’état d’esprit. Fini les sprints collectifs, fini les victoires d’étapes, désormais il veut gagner des grandes classiques, des grands Tours. Il veut marquer les esprits.

Il évolue avec les espagnols de la ‘Once’ et dispose d’une formation très forte, capable de l’aider sur tous les terrains. Il débute l’année 1995 sur les chapeaux de roue. Il remporte des grandes classiques, Milan-San Rémo, la Flèche Wallonne. Il montre des qualités de grimpeur et de leader insoupçonnées. Il s’impose sur Paris-Nice, le Tour de Catalogne et survole le Critérium International. Il devient l’un des favoris du Tour de France. Il porte le maillot jaune, remporte une belle étape le 14 juillet à Mende et termine à une honorable quatrième place. La métamorphose ne s’arrête pas en si bon chemin. Il réalise l’exploit de triompher sur un Grand Tour, la Vuelta, qui a lieu désormais en septembre. Il tient la cadence sur les trois semaines, le cap franchit est énorme. Il gagne cinq étapes, tous les maillots distinctifs, la suprématie est totale.


Dès lors, il ne pédale plus dans la même catégorie. En 1996 et 1997, il enchaîne sur Paris-Nice et réalise le triplé, il remporte quatre étapes sur le Tour d’Espagne et deux maillots du classement par points. L’année 1997 est assez exceptionnelle, il gagne la Flèche Wallonne pour la seconde fois, le Tour de Lombardie et devient champion du monde du contre-la-montre ! Il s’impose partout, il a toutes les cordes à son arc désormais.

En 1998, il est champion de France. Avec son maillot bleu-blanc-rouge, il est le représentant d’un pays qui l’adule. Un événement vient marquer le Tour de France 1998. « L’affaire Festina » éclate à la face d’un sport qui vit dans le mensonge, dans l’hypocrisie. Il quitte un Tour de France en pleine crise. Pendant plusieurs mois, il ne coure plus en France par décision de son sponsor espagnol qui est dans le viseur des instances anti-dopage. En 2013, on apprendra que Jalabert, comme la grande majorité des coureurs à cette période, était dopé à l’EPO. Il termine cinquième de la Vuelta de 1998, quatrième du Giro l’année suivante, en portant le maillot de leader pendant huit jours, remportant trois victoires d’étapes et  le maillot du classement par points qui fait de lui l’un des rares coureurs à avoir remporté ce maillot au moins une fois sur chacun des trois Grands Tours. Il termine l’année à la première place du classement mondial de l’UCI pour la quatrième fois en cinq ans.

Les années 2000 voient Jalabert amorcer une fin de carrière riche en émotions. Il se montre sous son dernier visage, celui du guerrier, courageux, audacieux. En 2000, il retrouve le Tour de France et porte le maillot jaune pendant deux jours. Il remporte deux étapes en 2001, le maillot à pois et le trophée du super combatif deux années consécutivement. Ses dernières victoires sur la Clasica San Sebastian en 2001, puis 2002 finissent d’achever l’oeuvre d’un champion au panache légendaire. La « jajamania » du panda laissera des traces sur les routes qu’il sera difficile à effacer pour les nouvelles générations dont on attend toujours un successeur à toutes ses victoires.


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