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Football

Le 11 du Real Madrid : un travail de (très) longue haleine

Nicolas Jacquemard

Publié le

A Kiev samedi, le Real Madrid va disputer la finale de la Ligue des Champions pour la quatrième fois en cinq ans. Vainqueur des trois premières finales, comment ce club a construit une équipe capable de briller dans la compétition la plus relevée ?

Keylor Navas, le fantasque sauveur

Arrivé en 2014, il est l’un des rares du 11 de départ à ne pas avoir été de la première finale contre l’Atlético. C’est suite à une très belle Coupe du monde 2015 qu’il rejoint la Maison Blanche. De nombreux noms dans les médias comme celui de David De Gea sont revenus avec insistance pour en faire son remplaçant, mais c’est sur le terrain que le portier costaricien a gagné sa place. Performant toute la saison et décisif en demi-finale, il est devenu l’un des meilleurs à son poste.

Daniel Carjaval, le poumon

Formé au club, il s’est exilé une saison en Allemagne pour revenir plus aguerri en 2013. Son profil correspond à merveille à la philosophie de jeu de Zinédine Zidane et du Real Madrid, un latéral qui court beaucoup, très actif offensivement, tout en multipliant les efforts pour être fidèle à son poste de défenseur. Sa fragilité physique et ses problèmes au coeur, qui l’ont contraint à ne jouer que 65 matchs de Liga en trois saisons, ont l’air derrière lui une fois qu’il est sur le terrain.

Marcelo, le joyau

A son arrivée au club en 2007, le jeune latéral brésilien a été souvent critiqué pour ses lacunes défensives et ses difficultés à peser sur le jeu de son équipe. Après quelques années d’adaptation, le joueur de 30 ans est devenu le meilleur à son poste. Si son jeu tourné vers l’offensif peut ouvrir certaines brèches, sa qualité technique, son volume de jeu et sa faculté à être décisif font de lui un maillon essentiel du dispositif madrilène et un des tous meilleurs joueurs au monde. S’il n’était pas latéral gauche, il pourrait rêver à un top 5 voire mieux au Ballon d’or.

Sergio Ramos, le monstre

Formé au FC Séville, il signe au Real Madrid en 2005 à l’âge de 19 ans. A son arrivée, il est capable d’évoluer comme latéral droit ou défenseur central, mais c’est bien dans l’axe qu’il va se fixer. Aujourd’hui, quel entraîneur ne rêve pas d’avoir Sergio Ramos dans sa charnière centrale ? Absent lors du match retour contre la Juventus, le Real est passé tout proche de la correctionnelle. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Aussi performant défensivement, son rôle premier, qu’offensivement quand il faut placer sa tête sur corner, il est le meilleur au monde à son poste.

Raphaël Varane, l’esthète

Quand le très jeune français s’engage avec le Real Madrid en 2011, certains pensent qu’il va se « cramer » et qu’il est trop jeune pour un tel club. Après avoir passé quelques années dans l’ombre de la charnière Ramos-Pepe, il est devenu indiscutable dans l’axe de la défense. Sa rapidité et sa taille en font le parfait pendant au monstre qui l’accompagne et à seulement 25 ans, il peut remporter samedi sa quatrième Ligue des Champions.





Casemiro, le tank

Le Brésilien débarque en 2013 dans la capitale espagnole en provenance du Brésil. Parti une saison étoffer son jeu à Porto en 2014-2015, l’année où le Real ne participe pas à la finale de la Coupe aux grandes oreilles, il est revenu transfiguré au Real Madrid. Celui qui a le profil parfait de la sentinelle moderne, dur au contact et à l’aise techniquement, est un pion indispensable dans le trident du milieu de terrain de Zinédine Zidane.

Toni Kroos, la qualité allemande

Avec Keylor Navas, c’est le seul à être arrivé au Real Madrid juste après le sacre de 2014, après une Coupe du monde remportée avec l’Allemagne. Son sens du placement, sa finesse technique et sa qualité de passe font de lui un milieu relayeur exceptionnel. Pas avare d’efforts, l’Allemand de 28 ans possède déjà un palmarès énorme et compte bien compléter sa collection samedi.

Luka Modric, le petit Mozart

S’il rejoint le Real Madrid à l’été 2012 contre un chèque de 35 millions d’euros, c’est à l’arrivée de Carlo Ancelotti qu’il devient une pièce majeure de la Maison Blanche. Sa finesse technique, sa capacité à se déplacer entre les lignes et sa faculté à jouer constamment vers l’avant font du Croate l’un des tous meilleurs milieux relayeurs de la planète football. Au Real Madrid, il a aussi développé sa faculté à défendre, chose qui n’était pas une de ses qualités à son arrivée.

Isco, le génie espagnol

A seulement 21 ans, Isco, prodige espagnol annoncé, signe au Real Madrid pendant l’été 2013. Beaucoup d’attentes sont placées sur la pépite formée à Valence qui peine à trouver sa place dans une formation qui évolue sans numéro 10 et où les couloirs sont déjà bien occupés. Il aura fallu qu’il prenne son mal en patience et qu’il travaille dur à l’entrainement pour étoffer son jeu et être une possibilité pour ses coachs, soit comme relayeur soit sur une aile. Incontournable en sélection espagnole, son influence sur le jeu et ses statistiques se sont envolées avec le Real Madrid depuis deux ans.

Cristiano Ronaldo, hors norme

Par où pouvons-nous commencer pour le joueur portugais qui à rejoint Madrid en 2009 contre un peu moins de 100 millions d’euros. Déjà très bon lors de ses trois dernières saisons avec Manchester United, il va entrer dans une autre dimension au Real. 450 buts et 120 passes décisives en 437 matchs avec les Merengue, ajoutez à cela deux titres de champion d’Espagne et trois Ligues des Champions et plus aucun superlatif ne convient pour qualifier l’oeuvre du Portugais en Espagne. Son retourné contre la Juventus rappelle, à ceux qui osaient encore en douter, à quel point Cristiano Ronaldo est hors norme.

Karim Benzema, le fidèle lieutenant

S’il n’est pas le grand buteur que certains attendent ou espèrent, il est le lieutenant parfait de Cristiano Ronaldo. Arrivé en 2009 à Madrid, tout n’a pas été simple pour le Français à cause des médias, de Mourinho ou même du public de Bernabeu, mais il est toujours là. Si on peut lui reprocher son manque d’efficacité devant le but, il est certainement l’attaquant de pointe le plus fin techniquement et le plus juste pour combiner avec ses coéquipiers. La Ligue des Champions est une compétition qui lui réussit si bien : 55 buts et 24 passes décisives en 103 matchs et peut-être un 4ème trophée.

Même si le Real Madrid a l’image d’une Cash Machine qui dépense à tort et à travers pour renforcer son équipe, ce 11 de départ nous prouve tout l’inverse. C’est vrai, que quand il était nécessaire, le Real Madrid a sorti les grands moyens pour s’attacher les services de certains joueurs mais la politique de la maison vise désormais à stabiliser l’équipe. Les 11 probables titulaires de samedi sont au club depuis au moins 4 ans et la moyenne de l’équipe est de plus 7 ans au club. Trois Ligues des Champions et peut-être 4 en 5 ans, la stabilité est l’une des clés du succès madrilène, et si cela pouvait donner des idées à d’autres…

Nicolas Jacquemard

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