Le biathlon face au défi du changement climatique
BIATHLON 2025/2026 – Alors que le changement climatique bouleverse tous les secteurs, le biathlon doit lui aussi se réinventer.
Un sport directement menacé par la fin des hivers froids et longs
Comme l’ensemble des sports d’hiver, le biathlon se trouve aujourd’hui en première ligne face au changement climatique. Hivers plus courts, températures en hausse, chutes de neige irrégulières : autant de facteurs qui rendent la neige artificielle de plus en plus indispensable pour tenir le rythme de la compétition et du calendrier.
Là où la neige tombait autrefois dès novembre, parfois jusqu’en avril, les organisateurs doivent désormais composer avec des pistes fragiles, réduites ou entièrement dépendantes d’un enneigement technique. Il n’est même plus rare d’assister à des courses où seule la piste est blanche, entourée d’un paysage verdoyant.
Ces conditions menacent non seulement certaines étapes de Coupe du monde, notamment dans les stations de basse altitude comme Oberhof ou Ruhpolding, mais aussi le quotidien des biathlètes, qui peinent à trouver des lieux d’entraînement fiables pour développer leur endurance en ski de fond. Des destinations historiquement garanties deviennent incertaines et les annulations ou adaptations de programme se multiplient.
La glisse change : les skis réagissent différemment sur de la neige artificielle et les trajectoires doivent être revues, entraînant une préparation technique spécifique. L’incertitude est désormais permanente. Avec la hausse des températures, la question n’est plus de savoir si le biathlon devra changer, mais comment, et surtout à quelle vitesse.

Les initiatives écologiques de l’IBU et des sites
Face à cette situation, le biathlon n’a plus le choix : il doit évoluer. L’IBU, instance dirigeante du biathlon mondial, a lancé en 2022 un vaste programme de durabilité visant à réduire l’empreinte carbone des compétitions d’ici à 2030.
L’une des premières mesures a consisté à repenser le calendrier : les étapes sont désormais regroupées géographiquement pour éviter les longs allers-retours, comme ces séquences autrefois fréquentes entre Norvège, Allemagne, Finlande puis à nouveau Allemagne. Les voyages transatlantiques sont, eux aussi, devenus plus rares afin de privilégier un circuit plus compact.
Les sites hôtes sont encouragés — et parfois contraints — à adopter des pratiques plus éco-responsables selon la législation de leur pays et leur exposition au changement : utilisation d’énergies renouvelables, gestion optimisée de l’eau pour l’enneigement, réduction des déchets, systèmes de recyclage renforcés ou encore protection accrue de la faune locale.
Plusieurs stades ont revu leur aménagement pour préserver les zones naturelles et limiter l’impact sur les forêts. L’enneigement artificiel, bien que controversé, doit également évoluer : devenir moins gourmand en eau, être mieux planifié et utilisé pour stabiliser des pistes déjà partiellement enneigées naturellement. Cela reste un défi écologique, mais demeure indispensable pour maintenir l’activité.
Une responsabilité partagée au cœur de la transition écologique
Si les instances internationales jouent un rôle clé dans l’application des nouvelles règles, la transition écologique du biathlon repose aussi sur l’engagement collectif. De nombreux athlètes prennent la parole sur les enjeux climatiques, conscients que leur sport pourrait être l’un des premiers à disparaître sans hivers froids.
On se souvient notamment d’Émilien Jacquelin, dénonçant certaines étapes tardives disputées sous la pluie, sur une neige si collante qu’elle devenait dangereuse pour des athlètes déjà épuisés. Plusieurs équipes nationales optimisent également leurs déplacements et réduisent le matériel superflu.

Le public participe lui aussi à l’effort en privilégiant les transports collectifs pour se rendre sur les stades, en utilisant des gourdes réutilisables ou en soutenant des associations environnementales — une évolution déjà visible dans de nombreuses stations alpines.
En bref, le biathlon devient lui aussi un acteur majeur de la transition écologique parmi les sports d’hiver. Confronté à une urgence qui le menace directement, il doit apprendre à s’adapter tout en démontrant qu’un autre modèle est possible, sans renoncer pour autant à la pratique. Une évolution indispensable à l’approche des Jeux Olympiques 2030 en France, où la question environnementale sera plus que jamais au cœur des préoccupations.



