Le choix d’Hannibal Mejbri est-il une chance pour le football africain ?
Grand espoir du football mondial, le natif d’Ivry-Sur-Seine Hannibal Mejbri a fait le choix de jouer pour la Tunisie. Et si d’autres suivaient bientôt ?
A 18 ans, Hannibal Mejbri vient de vivre les 10 jours les plus agités de sa jeune carrière. Le 20 mai, le milieu de terrain a été nommé meilleur joueur de l’équipe U23 de Manchester United. Une récompense d’autant plus admirable que Mejbri y a été surclassé à 17 ans et qu’il y joue contre des joueurs qui ont parfois 5 ans de plus que lui.
Trois jours après cette récompense, le jeune joueur a débuté en équipe première des Red Devils. Entré en jeu à la place de Juan Mata à la 82ème, l’ancien Monégasque a pu découvrir quelques minutes les joies de la Premier League. Et apporté sa pierre à la saison sans défaite à l’extérieur des Red Devils, qui s’étaient imposés (1-2) sur la pelouse de Wolverhampton. Puis hier, le jeune joueur a surpris tout son monde en annonçant vouloir représenter la Tunisie. Né et pré-formé en France, Hannibal Mejbri a également joué pour les équipes de France U16 et U17. Mais à 18 ans, le joueur à fait le choix de finalement jouer pour le pays de ses parents, la Tunisie.
Un choix hautement symbolique
Annoncé comme un futur crack, le joueur de Manchester United aurait peut-être pu viser l’équipe A des Bleus à moyen terme. Ou bien faire comme d’autres, et attendre de ne plus avoir aucune chance d’y être un jour pour changer d’éligibilité. Faire ce choix à 18 ans rend sa portée encore plus symbolique. Et peut-être que ça pourrait inspirer d’autres jeunes joueurs comme Amine Gouiri (Algérie) ou Zaydou Youssouf (Comores) à suivre ses traces. Mais même si le choix d’Hannibal Mejbri est porteur d’espoir pour les sélections africaines, il ne faut pas croire que le reste tombera du ciel.
Bien sur, la fibre familiale a joué dans sa décision. Mais même si le cœur compte, Hannibal Mejbri reste un joueur très ambitieux. Pour le convaincre, la fédération tunisienne a dû utiliser d’autres arguments que ses vacances passées sur les plages de Djerba ou Hamammet. Et c’est la que les autres pays devront travailler à terme pour être plus attirants. Et convaincre plus facilement d’autres binationaux.
Le patriotisme de papa ne suffira pas
La décision de Mejbri doit être synonyme d’espoir, mais aussi de responsabilité pour les fédérations africaines. Outre le niveau sportif inférieur à celui des Bleus, beaucoup d’autres choses freinent les binationaux. Querelles intestines pour le pouvoir, non versement des primes de matchs, conditions de déplacement parfois chaotiques, infrastructures inadaptées… Les freins aux changements de sélections ne se limitent pas qu’au « challenge sportif » ou à un « manque de patriotisme envers un pays ou ils ne viennent que pendant les vacances ».
Pour la plupart choyés en club, les binationaux se retrouvent souvent obligés de se débrouiller (et de débrouiller aussi les coéquipiers) pour voyager et parfois même se loger une fois arrivés en sélection. Et on peut comprendre que ça en gêne certains…
Des portes vont-elles s’ouvrir ?
Du coup, le choix de Mejbri est il une chance pour l’Afrique ? On est tenté de dire oui. Mais la chance n’est pas un outil assez solide pour bâtir une équipe de football… Pour espérer s’améliorer sur les terrains grâce à l’apport des binationaux, les sélections africaines devront commencer par s’améliorer en dehors. Et aussi maintenir un équilibre important pour la sélection entre binationaux et « locaux », comme a su le faire l’Algérie lors de la CAN 2019.
La progression viendra de là. Et pas d’ailleurs…
Hannibal Mejbri (Manchester United) va jouer pour la Tunisie https://t.co/2alWg5Diq8 pic.twitter.com/RaBJg1yb8i
— L’ÉQUIPE (@lequipe) May 27, 2021


