Le tennis, un éternel recommencement


À chaque mois de janvier, c’est la même excitation et la même curiosité qui montent dans les esprits de tous les fans de tennis de la planète. Après un petit mois de vacances, les plus grandes stars de la petite balle jaune sont de retour (tout comme les joueurs anonymes des tournois méconnus du circuit ATP), et chacun y va de son petit pronostic pour l’année à venir.

On pourrait donc croire que chaque année apporte son lot de surprises, que des tennismen encore quasi-inconnus vont sortir de nulle part pour rafler des titres et que les joueurs un peu anciens vont enfin prendre du recul sur les nouvelles générations. Pourtant, et cela fait plus de dix ans que ça dure, la question reste toujours la même : qui de Nadal ou Federer gagnera le plus de titres cette année ?

Trois hommes, une même légende

Nul ne sait combien d’années de tennis ont encore dans les jambes ces deux monstres sacrés du sport, mais qui aurait pu croire, fin 2016, quand les deux champions, minés par les problèmes physiques et des résultats en chute libre, étaient au bord de la retraite sportive, qu’ils seraient de retour au top en 2017 et qu’ils auraient continué sur leur lancée en 2018 pour le début d’une saison 2019 dont ils auront encore une fois de fortes chances d’être des acteurs majeurs. Federer vient de remporter la Hopman Cup, comme d’habitude, et paraît affuté comme s’il avait toujours 20 ans pour le début de l’Open d’Australie dont il est tenant du titre. Nadal a fini la saison avec un peu plus de problèmes et n’est pas encore au top physiquement, mais son niveau de tennis est lui toujours à son maximum tout comme son mental d’acier.

Dans ces conditions, un seul homme paraît encore pouvoir contester leur suprématie, un homme qui lui aussi est revenu d’une saison quasi-blanche en 2017 pour remporter les deux derniers Grands Chelems de 2018, Novak Djokovic. À l’inverse, Andy Murray et Stan Wawrinka ne semblent plus en mesure d’inquiéter ces 3 champions. Triple vainqueurs de Grand Chelem, leur âge et les blessures les ont aussi atteints, mais ils n’ont pas su les surmonter comme les autres. À l’exception de Cilic en 2014 et Del Potro en 2009, aucun autre joueur que ces cinq là n’ont gagné de Grand Chelem depuis Marat Safin en janvier 2005.

Mieux encore, il faut remonter à 2002, soit 17 ans (!), pour retrouver trace d’une saison sans au moins un Grand Chelem remporté par Federer, Nadal ou Djokovic. Une longévité hallucinante, inégalée dans aucun autre sport, que ce soit Schumacher en F1, Armstrong en cyclisme ou Bolt en athlétisme.

© Richard Thaddeo

Et derrière ?

La question qui se pose est de savoir si 2019 sera la fin de cette série mais, même si les certitudes de cette année ne seront pas forcément celle de l’année précédente, il y a fort à parier que ce début de saison confirme les prévisions des plus grands spécialistes du tennis mondial qui ne voient encore personne capable de rivaliser avec ce trio (qui occupe toujours les trois premières places du classement ATP).

Zverev a beau être quatrième, il est toujours apparu trop tendre lors des Grands Chelems. Kevin Anderson et Marin Cilic ont encore un bon potentiel pour atteindre les demies, voire la finale avec un peu de réussite, mais une victoire ultime paraît inatteignable. Un Del Potro en pleine bourre paraît le seul obstacle plausible, à moins que Karen Khachanov ou Stefanos Tsitsipas, les derniers phénomènes de la Next Gen ne tiennent leurs nerfs lors des affrontements en 3 sets gagnants, qui tournent souvent à l’avantage des joueurs les plus expérimentés.

Enfin, côté français, la seule certitude est que les joueurs ne pourront faire pire que l’an passé, avec un terrible zéro pointé dans quasiment tous les domaines, et avec en plus la fin de la Coupe Davis, dernière compétition où ils parvenaient à briller. Mais là encore, ce sont les noms connus Gasquet, Simon et Monfils, plus le retour de Tsonga, qui sont les premiers représentants du tennis tricolore, comme depuis 10 ans, puisque Lucas Pouille est en chute libre. En bref, il est fort probable que cette saison de tennis masculin ressemble comme deux gouttes d’eau aux précédentes, pour le plus grand plaisir des fans traditionnels.

Pour ceux qui recherchent plus de surprises et de coups d’éclat, c’est du côté du tennis féminin qu’il faudra se tourner.

Nicolas Jacquemard

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des