Les 6 équipes où Arnaud Démare pourrait se relancer
CYCLISME SUR ROUTE – À 31 ans, Arnaud Démare est sans doute à un tournant de sa carrière. Le sprinteur picard est en fin de contrat avec sa structure de toujours, la Groupama-FDJ. Et, sauf retournement de situation, le Beauvaisien devrait quitter la formation managée par Marc Madiot.
Sauf cataclysme, Arnaud Démare ne sera plus un coureur de la Groupama-FDJ la saison prochaine. Après 12 saisons professionnelles passées au sein de l’équipe française, le Picard devrait plier bagage à l’issue de l’exercice 2023. Non-aligné sur le Tour d’Italie 2023, le natif de Beauvais n’a pas la certitude d’être du prochain Tour de France (1er au 23 juillet).
En délicatesse sportivement depuis le début de la saison, Démare n’était déjà pas loin de quitter la Groupama-FDJ l’hiver dernier, un an avant la fin de son contrat. La polémique avec David Gaudu en janvier dernier n’ayant pas arrangé les choses, le triple champion de France (2014, 2017 et 2020) pourrait se lancer un nouveau (et dernier ?) défi, et ce, dès la saison 2024.

Sans aucun doute, Arnaud Démare doit, en ce moment même, attirer les convoitises. Le coureur aux 91 victoires professionnelles, faisant de lui le Français le plus victorieux au 21ème siècle, est toujours capable de performer sur divers terrains. Sprint massif, en comité réduit ou même en étant offensif, le vainqueur de Milan – San Remo 2016 reste, au meilleur de sa forme, un redoutable coureur. Rester en France ou relever un challenge à l’étranger, l’Isarien devrait avoir plusieurs options sous le coude. On fait le point sur les possibles candidats à sa signature.
TotalEnergies et AG2R Citroën dans la course ?
Une chose est sûre, toutes les équipes ne vont pas pouvoir se payer Arnaud Démare. Émargeant à environ 1,8 million d’euros par an, le Picard fait partie des coureurs français les mieux payés du peloton, aux côtés de Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot et autres Romain Bardet. Néanmoins, on voit mal les équipes françaises ne pas être intéressées par la venue d’un coureur tricolore de renom.
On pense en premier lieu à TotalEnergies. Actuellement membre de la deuxième division (ProTeams), la formation managée par Jean-René Bernaudeau pourrait se montrer active sur le marché des transferts. Le plus gros salaire de l’équipe, Peter Sagan, va stopper sa carrière de coureur professionnel à l’issue de cette saison. De quoi libérer du budget, dans la quête d’un ou plusieurs gros noms. Si Jason Tesson et Lorrenzo Manzin sont des garçons rapides, la formation vendéenne ne possède pas LE sprinteur de haut niveau, capable de performer sur les plus grandes épreuves. En ce sens, TotalEnergies peut être une option crédible pour Arnaud Démare.
Même constat pour l’équipe AG2R Citroën. La structure savoyarde devrait subir quelques mouvements à l’issue de la saison. Le Belge Greg Van Avermaet va prendre sa retraite. L’avenir d’Oliver Naesen, en fin de contrat, reste incertain. Même chose pour le puncheur Benoît Cosnefroy, qui voit également son bail prendre fin en 2023. De plus, au sein de son effectif, AG2R Citroën ne dispose pas d’un sprinteur de premier plan. Tous deux en fin de contrat, les coureurs rapides que sont Clément Venturini et Marc Sarreau, qui n’a toujours pas couru en 2023, n’offrent pas de réelles garanties sur les épreuves les plus prisées. Là aussi, si le budget le permet, la piste Arnaud Démare peut être plausible.

Quid d’Arkéa-Samsic et Cofidis ?
Impossible de ne pas citer les formations Arkéa-Samsic et Cofidis, les deux autres teams tricolores en première division. La première citée reste à l’affût sur le marché des mutations. Intéressé par Julian Alaphilippe, Emmanuel Hubert pourrait, en cas d’échec avec le double champion du monde, tâter le terrain pour s’attacher les services du Beauvaisien. Seul hic, et pas des moindres, la structure bretonne compte déjà plusieurs coureurs rapides dans ses rangs, dont les Français Hugo Hofstetter et Nacer Bouhanni. Ces deux derniers étant en fin de contrat, l’incertitude demeure quant à leur avenir. Le flottement est encore plus fort dans le cas du Vosgien, encore maudit cette saison.
Enfin, du côté de chez Cofidis, l’équipe française la plus prolifique du peloton depuis le début de saison avec 10 bouquets, la situation n’est pas des plus simples. Le Français Bryan Coquard et l’Italien Simone Consonni sont aussi en fin de contrat. Un intérêt pour Démare voudrait dire qu’au moins l’une des deux flèches de l’équipe nordiste mettrait les voiles. Contrairement aux trois équipes précédemment citées, la structure dirigée par Cédric Vasseur possède déjà un coureur capable de briller sur les épreuves importantes du calendrier, en la personne de Bryan Coquard. Reste donc à savoir de quoi sera fait l’avenir du natif de Saint-Nazaire.
Une place à prendre chez Intermarché-Circus-Wanty ?
Des coureurs (très) rapides, Intermarché-Circus-Wanty en possède trois au sein de son effectif : le Belge Gerben Thijssen (24 ans), déjà victorieux à deux reprises cette saison, sur le Grand Prix Monséré et la Bredene Koksijde Classic. Mais aussi l’Italien Niccolò Bonifazio (29 ans), lauréat de la deuxième étape du Tour de Sicile. Sans oublier le Français Hugo Page (21 ans), pas loin de remporter une course WorldTour en janvier dernier, en prenant la deuxième place de la Cadel Evans Great Ocean Road Race. Si Thijssen et Page sont liés jusqu’en 2025 avec l’équipe belge, Bonifazio est lui en fin de bail, après avoir signé pour une seule saison.
Mais outre les arrivées massives et le fait d’avoir un sprinteur de pointe dans son effectif, Intermarché-Circus-Wanty pourrait voir en Arnaud Démare un renfort de choix pour les classiques flandriennes. Car l’équipe dirigée par Jean-François Bourlart n’a pas brillé sur les courses pavées du printemps, loin de là. Le meilleur résultat étant la 9ème place de Laurenz Rex sur Paris-Roubaix. Bref, loin d’être une réussite pour une formation belge. Expérimenté sur ce genre d’épreuves, le Picard pourrait apporter beaucoup, à une formation qui ne demande qu’à monter en gamme sur les classiques de printemps. Enfin, Démare pourrait retrouver un certain Adrien Petit au sein du team ICW, son compatriote, poisson-pilote réputé.

Israel – Premier Tech, un vrai challenge
Habituée à engager des trentenaires, la formation Israel – Premier Tech pourrait à nouveau récidiver. Seul vrai sprinteur au sein de l’équipe israélienne, Giacomo Nizzolo a offert le premier bouquet de la saison à cette dernière à l’occasion du Tro Bro Léon, le 7 mai dernier. Après être redescendu à l’échelon ProTeam l’hiver dernier, l’objectif est clair pour IPT : remonter en WorldTeam en 2026.
Pour y parvenir, l’équipe dirigée par le Finlandais Kjell Carlström va devoir se retrousser les manches. Actuellement 17ème au classement UCI, Israel – Premier Tech se doit de recruter en conséquence. Et à 31 ans, Arnaud Démare pourrait bien être l’un des profils recherchés par le board israélien. Le très probable départ de Chris Froome, en fin de contrat à l’issue de cette année, le départ à la retraite de Daryl Impey, ainsi que les nombreux coureurs en fin de bail cette saison (dont Nizzolo), pourraient entraîner un semblant de renouveau, et libérer, là aussi, du budget pour accueillir de nouveaux coureurs.
Pour Israel – Premier Tech, comme pour les autres formations mentionnées plus haut, Arnaud Démare offre, sur le papier, de réelles garanties. Le Français est un gros pourvoyeur de points UCI, et ce, depuis ses débuts chez les professionnels en 2012. Loin d’être anodin, pour ces six équipes qui vont devoir batailler pour conserver, ou acquérir, une place chez les WorldTeams.


