Les 8 équipes où Julian Alaphilippe pourrait rebondir
CYCLISME SUR ROUTE – Malgré un contrat qui court jusqu’en 2024 chez la Soudal Quick-Step, Julian Alaphilippe pourrait animer le marché des transferts ces prochains mois. Que ce soit pour un départ anticipé à l’issue de la saison 2023 ou une fin d’aventure au sein du Wolfpack à la fin de son bail, les propositions ne devraient pas manquer pour le double champion du monde (2020 et 2021).
Arrivé en 2013 dans le giron Quick-Step, au sein de l’équipe développement Etixx-iHNed, Julian Alaphilippe (30 ans) est, peut-être, arrivé au bout du bout de son aventure dans la structure dirigée par Patrick Lefevere. Après 10 ans de bons et loyaux services, le Français est, désormais, souvent en deçà de son niveau d’antan, et ce, depuis le début de la saison 2022. Non pas à cause d’un manque de motivation, mais bien en raison de ses différents pépins physiques, conséquences directes de multiples chutes. La dernière en date, celle qui l’a mis à terre sur le Tour des Flandres, a salement amoché son genou. Bref, une poisse qui ne semble pas vouloir quitter un Julian Alaphilippe qui ne disputera aucune course avant Liège-Bastogne-Liège le 23 avril prochain. S’il en est capable.
Ainsi, au milieu de cette année et demie pourrie, son manager au sein du Wolfpack, Patrick Lefevere, n’a pas manqué de lui mettre la pression. « Je ne le paie pas pour qu’il prépare le Mondial » en août 2022, « Alaphilippe a un salaire de champion, mais il doit confirmer qu’il en est toujours un » en décembre dernier. Et 2023 a débuté dans la même ambiance. « Je lui ai dit que je n’étais pas du tout satisfait. Je comprends ses maladies et ses chutes, mais il ne peut pas continuer à se cacher derrière ça » en janvier dernier, avant le bouquet final quelques semaines plus tard : « Je ne veux pas être négatif sur les prolongations de Kasper Asgreen et Julian Alaphilippe, mais j’ai mal évalué la durée de ces contrats (jusqu’en 2024 pour le Tricolore) ».

Sans oublier qu’entre deux, le patron de la formation belge a, à demi-mot, ouvert la porte à un départ du Français. Alors, dans un contexte personnel plus que délicat, mais aussi l’avènement de Remco Evenepoel, nouveau fer de lance de la Quick-Step, la question d’un départ, anticipé ou non, se pose. De notre côté, on a trouvé huit équipes qui pourraient être intéressées par la venue de Julian Alaphilippe. Fin 2023 ou à l’issue de son contrat, fin 2024.
La France pour rebondir ?
TotalEnergies : Après Sagan, Alaphilippe ?
Et pourquoi pas. À l’issue de cette saison 2023, Peter Sagan, arrivé en grandes pompes chez TotalEnergies en 2022, tirera sa révérence sur route, du moins en ce qui concerne les grandes courses du calendrier WorldTour, afin de se préparer pour l’épreuve de VTT des JO de Paris. Star de l’équipe, le Slovaque avait débarqué avec la marque de cadres Specialized, celle qui équipe également la… Soudal Quick-Step de Julian Alaphilippe. En 2021, le manager de la formation vendéenne, Jean-René Bernaudeau, avait déjà tenté de recruter le Français, alors en fin de contrat avec l’équipe belge. En vain, puisqu’Alaphilippe avait prolongé quelques semaines plus tard pour une durée de trois saisons. Avec une large partie du salaire conséquent de Sagan en moins (En 5 et 5,5 millions d’euros annuels), JRB va avoir une belle marge de manœuvre pour recruter en vue de 2024. Nul doute que l’homme fort de la TotalEnergies sera attentif à la situation d’Alaphilippe.
Arkéa-Samsic : Emmanuel Hubert sur le coup
Il ne s’en est pas caché. Emmanuel Hubert, boss de la formation Arkéa-Samsic, apprécie le profil de Julian Alaphilippe. D’ailleurs, en 2019, il avait tenté d’attirer dans ses filets celui qui survolait alors le cyclisme mondial. Là aussi, en vain, Alaphilippe prolongeant son bail pour deux saisons avec Patrick Lefevere. En janvier dernier, dans l’émission Bistrot Vélo, le manager breton réaffirmait son intérêt. « Pourrais-je prendre une option sur Julian (Alaphilippe) s’il était libéré ? Pourquoi pas, après, il est sous contrat jusqu’en 2024. On est dans le cyclisme, on a deux roues et ça tourne. Est-ce que je le rappellerais s’il était câblé pour revenir dans une équipe française ? Exactement. », lançait-il. Sans aucun doute, la formation basée à Bruz, en Ille-et-Vilaine, tentera à nouveau le coup si une porte s’ouvre.

AG2R Citroën : Un duo avec Benoît Cosnefroy ?
Là aussi, la piste est plausible. C’est un fait, la formation savoyarde manque de profondeur d’effectif. Sportivement, ce début de saison est mitigé. Les victoires de Nans Peters sur le Trofeo Laigueglia et de Dorian Godon sur la Flèche Brabançonne ont offert une grande bouffée d’oxygène à l’équipe de Vincent Lavenu, mais n’occultent pas la situation d’AG2R Citroën au classement UCI (17ème au 10 avril dernier). Dès lors, le board de la structure française va devoir bouger lors du prochain mercato, après un recrutement (trop) léger lors de l’intersaison 2022-2023.
En fin de contrat à l’issue de cette saison, Greg Van Avermaet n’est pas du tout certain de poursuivre l’aventure avec AG2R Citroën, et même sa carrière tout court. Une place pourrait-elle alors se libérer pour Julian Alaphilippe ? En fait, cela ne dépendra pas seulement de l’avenir du Belge. Leader sur les classiques ardennaises et vallonnées, Benoît Cosnefroy va également voir son contrat prendre fin en décembre prochain. Reste à savoir si le Normand prolongera ou non avec l’équipe de Vincent Lavenu. Rien n’est moins sûr, car le puncheur français sera sans doute très convoité. De plus, à l’instar d’Arkéa-Samsic, le salaire d’Alaphilippe (environ 2,3 millions d’euros en 2023), ainsi que le possible rachat de la dernière année de contrat du double champion du monde en cas de départ anticipé, pourrait refroidir AG2R Citroën. Sauf si Van Avermaet et Cosnefroy venaient à quitter le navire.
Un nouveau challenge, toujours à l’étranger
INEOS Grenadiers : Une nouvelle philosophie qui peut plaire à Alaphilippe
Mais la piste la plus probable pour Julian Alaphilippe, reste un nouveau challenge au sein d’une écurie étrangère. Car à l’inverse des équipes françaises, l’argent ne devrait pas poser de problème à certaines formations les plus huppées du peloton. C’est le cas d’INEOS Grenadiers. La structure britannique pourrait flairer le bon coup en récupérant Julian Alaphilippe. Matériel à la pointe (Pinarello), une équipe désormais tournée vers les grandes classiques et un collectif solide, tout est réuni pour que le Français puisse s’y épanouir. Sur les Flandriennes, INEOS Grenadiers dispose déjà de jolis atouts, avec Filippo Ganna, Magnus Sheffield ou Ben Turner. Même chose sur les Ardennaises, avec Tom Pidcock, capable également de bien figurer sur les monts pavés, Michal Kwiatkowski, Omar Fraile ou Daniel Felipe Martinez.
Bref, hormis Ganna et Pidcock, les autres coureurs cités pourraient être de fidèles lieutenants d’un Alaphilippe en forme sur les plus grandes courses. Sans oublier que Jim Ratcliffe, patron d’INEOS, apprécie la France. Le rachat de l’OGC Nice le prouve, et l’homme d’affaires britannique est toujours à la recherche de nouvelles opportunités, dans le but de promouvoir sa marque sur le territoire français. Car le cyclisme, c’est aussi du marketing.
UAE Team Emirates : Un renfort de poids derrière Pogacar
On vous voit déjà nous dire que l’on est fou. Et que la formation émiratie n’a pas besoin de Julian Alaphilippe, étant donné qu’elle a déjà Tadej Pogacar. Certes. Mais il faut aussi se dire que le double vainqueur du Tour ne pourra pas enchaîner Flandriennes et Ardennaises, s’il vise, prochainement, la gagne sur le Tour d’Italie. Car si cet été, le Slovène sera au départ de la Grande Boucle, et ce, pour la quatrième année consécutive, ça ne sera peut-être pas le cas la saison prochaine, ou au pire, dans deux ans.
Dès lors, UAE Team Emirates va devoir se trouver un nouveau leader pour les grandes classiques du printemps, si Pogi décide de changer d’objectif. Car derrière le nouveau cannibale, hormis Matteo Trentin qui n’est plus tout jeune (33 ans), les spécialistes des grandes courses d’un jour se font rare. Marc Hirschi peine à retrouver son niveau sur les plus grandes courses du calendrier. La pépite espagnole Juan Ayuso, blessé depuis le début de la saison, n’offre aucune garantie. Tim Wellens, qui a lourdement chuté sur le Tour des Flandres, reste une option crédible, tout comme le Danois Mikkel Bjerg. Diego Ulissi, lui, semble désormais trop juste pour jouer les premiers rôles sur les grandes classiques. Bref, il n’est pas impossible de voir Mauro Gianetti, patron du team émirati, se montrer actif sur le marché des transferts. Et solliciter Julian Alaphilippe ? Loin d’être utopique, que ce soit sportivement ou financièrement.

Tadej Pogacar et Julian Alaphilippe se disputent la victoire sur Liège-Bastogne-Liège 2021 – Photo Icon Sport
Jumbo-Visma : Un pôle des classiques ardennaises à renforcer
C’est un fait. Le pôle des classiques de la Jumbo-Visma est déjà très bien fourni. Van Aert, Laporte, van Baarle, Benoot, mais aussi, évidemment, Roglic et Vingegaard : tous sont capables de jouer la gagne sur les grandes épreuves d’un jour, dont les Monuments. Mais, l’exemple de ce printemps 2023 est parfait pour illustrer la possibilité de voir Julian Alaphilippe débarquer au sein de l’écurie néerlandaise. Après une campagne flandrienne éreintante, Wout Van Aert ne sera pas de la partie sur le triptyque Amstel-Flèche Wallonne-Liège. Même chose pour son lieutenant Christophe Laporte.
De leur côté, Primoz Roglic prépare le Giro et ne sera pas aligné sur les Ardennaises, tandis que Jonas Vingegaard est déjà tourné vers le Tour de France. Le Danois, tenant du titre, ne disputera aucune course avant le Dauphiné en juin prochain. Dès lors, le leader désigné pour l’Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne et la Doyenne se nomme Tiesj Benoot. Le Belge est très fort, sans aucun doute, mais la concurrence le sera tout autant, voire plus. Ces classiques vallonnées, telles que les Ardennaises, voire le Tour de Lombardie, sont un point faible pour la Jumbo-Visma, surtout quand les Roglic et autres Vingegaard n’en font pas un objectif. De quoi faire une place à Julian Alaphilippe ? Pas la piste la plus plausible, certes, mais elle a le mérite d’exister.
Bora-Hansgrohe : Une équipe tout-terrain, comme Alaphilippe
Le début de saison de la Bora-Hansgrohe n’est pas à la hauteur du standing de la formation allemande. Seulement trois succès, dont deux sur le Tour du Pays Basque, mais surtout, une campagne des Flandriennes à oublier. Le meilleur résultat sur les pavés remonte au 25 février dernier sur le Het Nieuwsblad, avec une 7ème place de Nils Politt. Pour le reste, cela laisse à désirer. L’Allemand est également le meilleur coureur sur le Ronde, avec une 20ème place décevante. Bref, rien de bien reluisant pour une équipe qui espère rebondir sur les Ardennaises, autour de Jai Hindley, Bob Jungels ou encore Aleksandr Vlasov.
Rebondir, justement, ce sera sans doute le leitmotiv de Julian Alaphilippe en 2024. Avec la Soudal Quick-Step, ou dans une autre équipe. Et la Bora-Hansgrohe a quelques arguments pour séduire le Français. La marque de cadres, Specialized, identique à celle du Wolfpack. Mais aussi et surtout un rôle de leader principal sur la majeure partie des grandes courses du printemps, épreuves d’une semaine comprises. De plus, en coulisses, Ralph Denk, le patron de la structure allemande, a déjà fait savoir qu’il était intéressé par Loulou, de son surnom. Il ne serait donc pas étonnant de voir la Bora-Hansgrohe passer à l’attaque au sujet d’Alaphilippe.
Alpecin-Deceuninck : Des faiblesses à combler
Mathieu van der Poel sur les Flandriennes, Jasper Philipsen et Kaden Groves sur les sprints. Quid des courses vallonnées, dont les Ardennaises ? C’est une réalité, la formation Alpecin-Deceuninck n’est pas la mieux armée pour peser sur les courses difficiles, en l’absence de MVDP. Par exemple, à l’occasion de l’Amstel Gold Race dimanche, de la Flèche Wallonne mercredi prochain et de Liège-Bastogne-Liège dans 10 jours, l’équipe belge va s’appuyer sur Soren Kragh Andersen, émoussé sur la Flèche Brabançonne, Xandro Meurisse et Quinten Hermans. Des coureurs capables de performer selon les scénarios de course, mais loin de pouvoir rivaliser avec les Evenepoel et autres Pogacar.
Dès lors, les frères Roodhooft, Philip et Christoph, à la tête de la structure Alpecin-Deceuninck, pourraient passer à l’action, dans l’optique de recruter un puncheur, avec des gages de performance, capable de briller sur les grandes classiques vallonnées, hors Flandriennes. La perspective de courir au sein d’une nouvelle équipe belge, ayant un co-sponsor bien connu du Français (Deceuninck), avec en prime, un rôle de leader sur bon nombre d’épreuves, d’un jour ou d’une semaine, pourrait séduire Julian Alaphilippe.
Dans tous les cas, que ce soit à l’issue de cette saison 2023 pour un départ anticipé ou fin 2024 lorsqu’il sera en fin de contrat avec le Wolfpack, Julian Alaphilippe ne manquera pas de prétendants. À bientôt 31 ans (il les aura le 11 juin prochain), le Français a pour lui la maturité, l’expérience et la capacité d’arriver en forme le jour-j, pour un objectif bien précis. Des atouts non-négligeables qui vont forcément attirer de grosses écuries du peloton WorldTour. Avec, on l’espère, d’ici là, la poisse qui l’aura laissé tranquille pour de bon.



Xis93
23 avril 2023 à 5h09
De plus, Pavel SIVAKOF est un de ses meilleurs amis
Direction INEOS selon moi, même si cela ne me ravie pas 😕
CJT
14 avril 2023 à 19h36
Belle analyse…En tout cas, je ne vois pas comment il peut rester avec un manager qui n’arrête pas de le critiquer dans les médias…Moi, je le vois bien avec POGACAR….