Nous suivre

Judo

Les secrets de la préparation mentale de Léa Fontaine, championne de judo

Flo Ostermann

Publié

le

judo - Léa Fontaine championne d'europe junior +78 kg à Porec (Croatie)
Photo EJU

JUDO – Dicodusport vous propose une interview croisée entre la jeune espoir du judo français, Léa Fontaine (+ 78 kg), âgée de 19 ans et Grégory Boulicaut (GB Consulting), son préparateur mental qui la suit depuis plusieurs années. Léa Fontaine est devenue le week-end dernier vice-championne d’Europe séniors à Lisbonne (Portugal), et participera à ses premiers Mondiaux chez les grands (6-13 juin, Budapest).

Léa, pourquoi avoir fait la démarche à 17 ans de te faire accompagner par un préparateur mental ?

J’ai choisi d’avoir un préparateur mental afin de m’accompagner dans mon projet sportif, dans les moments parfois difficiles ou de doutes par lesquels passent les athlètes de haut niveau. J’ai besoin d’en parler à quelqu’un de neutre. Mais également pour travailler et échanger dans les moments de réussite et/ou de joie. Il est important pour moi de pouvoir me confier à quelqu’un qui ne me jugera pas et sera bienveillant. Cela m’aide aussi à regarder les choses positives et créer ainsi une zone de confort dans la tête qui me permet d’être bien. Je souhaitais aussi me donner toutes les chances d’optimiser ma performance. J’avais entendu parler de Greg et GB Consulting, alors je l’ai contacté.

Grégory, comment avez-vous rencontré Léa ?

Léa m’a contacté par message via le réseau Instagram en 2019, elle n’était pas encore à l’INSEP mais à l’époque, elle était pensionnaire du pôle France de Strasbourg. Nous avons de suite accroché ensemble. Léa est une jeune sportive déterminée, très ambitieuse qui se donne les moyens pour atteindre ses objectifs. Il existe une vraie relation de confiance entre nous, c’est un réel plaisir de travailler avec elle.

Léa, en quoi ce travail mental t’aide dans ta vie d’athlète de haut niveau ?

Ce travail mental m’aide dans ma vie d’athlète de haut niveau car je travaille sur la façon d’aborder les grands évènements, à faire abstraction des choses inutiles et d’utiliser ce qui marche pour gravir les échelons et toujours aller de l’avant . 

Je pense qu’avec Greg, on s’est bien trouvé sur ce point-là, j’aime beaucoup la manière dont on travaille ensemble. Cela me permet de me libérer en compétition avec un esprit et une force mentale de guerrière car vous savez, sur le tapis, on voit l’athlète, mais pas tous les mécaniciens qui sont derrière pour que cette machine soit en forme le jour J.

Grégory, qu’avez-vous travaillé avec Léa depuis l’annonce de sa sélection pour les championnats d’Europe seniors ?

Depuis quelques temps, nous travaillons sur le fait d’être prête à saisir sa chance le jour où une sélection tombera, c’était déjà le cas il y a un mois pour le Grand Slam d’Antalya (Turquie) mais suite à des tests Covid positifs au sein de l’équipe de France, la participation des Françaises a été annulée. Nous avons donc modifié l’objectif dans le but de rester focus mentalement sur l’optimisation de sa performance. Son principal objectif était « d’être prête à saisir sa chance le jour J ».

Léa Fontaine et Grégory Boulicaut

Léa Fontaine et Grégory Boulicaut

Léa, comment s’est passée ta dernière semaine avant les championnats d’Europe ?

La semaine avant mon championnat, j’avais déjà hâte d’y être ! On me dit souvent qu’avec mon jeune âge, c’est de l’expérience à prendre, mais je n’aime pas trop cette phrase. Pour moi, tout ce que l’on peut prendre à partir de maintenant il faut le prendre ! A compter d’aujourd’hui, il va falloir compter sur moi en seniors. 

Grégory, vous vous êtes donc vus avant son départ pour le Portugal ?

Oui, nous avons un rituel depuis maintenant deux ans, on se voit une fois par mois et systématiquement dans la semaine avant chaque compétition. Mardi dernier, Léa est donc venue dans nos bureaux à Paris. Elle m’a d’ailleurs fait remarquer que les Europe c’était son truc depuis 3 ans, car elle était déjà titrée 2 fois en juniors et une fois en cadettes sur la scène continentale. Ce qui m’a frappé la semaine dernière, c’est qu’elle était déterminée à marquer les esprits. Heureuse qu’on lui donne sa chance chez les grands comme elle dit. Elle se connaît bien, sa routine de performance est bien intégrée dans son fonctionnement. Elle a fait preuve d’un calme remarquable, ce qui n’était pas forcément simple avec un tirage qui lui donne au premier tour la numéro 2 mondiale qu’elle sortira à la dernière seconde. Léa est très mature dans l’approche de sa compétition, elle n’a que 19 ans !

Léa, au niveau mental comment s’est déroulée la journée de dimanche ?

J’étais prête mentalement et programmée par mon travail, pour saisir ma chance. J’avais un bon état d’esprit et j’ai activé au dernier moment le mode machine de guerre.

Grégory, avez vous une anecdote sur son état d’esprit avant la compétition ?

Oui, elle m’a dit samedi que Larbi Benboudaoud (Directeur de la Haute Performance de l’Equipe de France) lui avait expliqué dans la semaine qu’il ne fallait pas remettre à un autre jour ce que l’on peut prendre aujourd’hui. Cette phrase l’a marquée et elle m’a dit calmement et très sérieusement demain je n’attends pas, je prends ce qu’il y a à prendre !

Interview réalisée par Lancelot Lecomte.


Mes premiers souvenirs dans le sport ? Les envolées du Stade Toulousain et les duels Villeneuve-Schumacher et Häkkinen-Schumacher à la fin des années 90, la Coupe du monde de football en 1998, l’exploit du XV de France face aux All Blacks en 1999, mais aussi Richard Cœur de Lion qui vole sur les montagnes du Tour de France. Bien parti pour devenir professeur d’EPS, les événements de la vie (et la flemme d’animer des séances de 3x500 mètres toute ma vie) m’ont conduit à revoir mes plans. Me voilà depuis fin 2017 sur Dicodusport, média grâce (et pour) lequel je partage ma passion : le sport dans tous ses états. Le tout accompagné par les fous furieux et folles furieuses cités sur cette page !

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une

Nous suivre sur Facebook

Sondage

Peter Sagan, une bonne pioche pour la Deceuninck-Quick Step ?