Longboard : « Un moment unique », les joies d’un premier podium pour Zoé Grospiron
LONGBOARD – Zoé Grospiron est montée sur son premier podium mondial lors de l’étape du Championship Tour à Abu Dhabi. La jeune femme de 24 ans n’a été battue que par la Réunionnaise Alice Lemoigne. Elle raconte à Dicodusport cette folle fin de semaine dans les Émirats.
« Beaucoup d’émotions, incroyable, très intense ». C’est comme ça que Zoé Grospiron décrit son week-end de rêve à Abu Dhabi. La surfeuse de 24 ans est montée pour la première fois de sa carrière sur le podium d’une étape du tour mondial de longboard. Une 2e place dans une finale historique remportée par sa compatriote Alice Lemoigne. Pour la première fois, deux Françaises s’affrontaient à ce stade de la compétition.
Celle qui est désormais installée au Pays Basque a dû manier son stress avec dextérité, car l’enjeu était présent dès le tour préliminaire. « J’étais 9e mondiale à ce moment-là et je devais passer un tour pour assurer ma place dans le Top 10 et me requalifier pour la saison prochaine ». Ce doute éliminé, Grospiron a pu dérouler jusqu’au dernier carré. Une demi-finale où, elle le dit elle-même, il lui manquait du rythme sur ces vagues artificielles, mais très techniques. Le suspens s’est étiré jusqu’au bout de la manche et la triple championne du monde Honolua Blomfield est vaincue pour deux dixièmes de point.
Abu Dhabi, un lieu unique
Cette compétition restera ancrée dans sa mémoire pour diverses raisons. Le podium, la présence de sa mère, mais aussi le lieu. Abu Dhabi offre un cadre inédit et unique. Les surfeurs ont été bichonnés de A à Z. « C’était dingue, 5 étoiles, on a jamais vu ça sur le tour, le complexe est magnifique et le personnel adorable », raconte la nouvelle numéro 5 mondiale. Rien à voir avec une autre célèbre piscine à vagues, le surf ranch du légendaire Kelly Slater, en Californie. Le tour s’y est arrêté pour l’ouverture de la saison 2021, mais l’endroit est plus petit.
Ses performances cette année lui permettent d’obtenir son billet pour les finales du Championship Tour, une première dans sa carrière. Zoé Grospiron s’apprête à jouer le titre mondial – son rêve -, au Salvador (9-13 octobre), un pays qu’elle connaît très bien. « Je voulais vraiment faire le Top 8 et aller au Salvador, dans un endroit que j’apprécie beaucoup et où ma sœur habite depuis plusieurs années ».
« Pour être honnête, je voulais arrêter »
Après avoir buté sur les finales pendant plusieurs années, le cap a été franchi. Un déclic ? Pas tout à fait. « Pour être honnête, je voulais arrêter. Je voulais revoir totalement ma préparation et faire une année off avant de revenir ». Mais l’année s’est correctement déroulée et un passage de trois semaines à la maison lui a fait grand bien. La jeune longboardeuse a pu s’entraîner physiquement, techniquement et mentalement. Le travail sur elle-même a payé, indirectement, grâce à un grand champion français : « Je me suis inspiré de Léon Marchand en travaillant sur la peur de l’échec. Ça m’a aidé à relativiser ».
S’il ne reste plus qu’une compétition en 2024 à Zoé Grospiron, un autre objectif pourrait apparaître prochainement. En effet, la longboard pourrait faire son entrée aux Jeux Olympiques, et cela, dès Los Angeles 2028. La décision est attendue pour le premier trimestre 2025. Les chances sont conséquentes – « parfois 90%, parfois 50% » – et le dossier préparé par la WSL semble solide. Un événement qui serait un but majeur pour une surfeuse qui atteindra son « prime » à cette période, à 28 ans.


