LOSC – OL féminin (0-8) : le tarif lyonnais toujours de rigueur
Retour sur les pelouses de première division. Pour les Lyonnaises, la trêve estivale est un ruisseau gaiment enjambé, pour mieux reprendre, foulée légère, les petites habitudes : écrasement de l’adversaire, et tableau d’honneurs. Achevant par 8 buts à rien des Lilloises transparentes, les Fenottes occupent le haut du classement général, classement des buteuses, et des passeuses. Départ en fanfare.
On ne va pas se mentir, on est hyper excité
L’été a été foot foot foot, avec la formidable épopée des messieurs et le joli parcours de nos Bleuettes de moins de 20 ans qui, en Bretagne se sont inclinées de justesse face aux Anglaises dans le match pour la troisième place. L’année sera foot foot foot avec pour la première fois, la retransmission de TOUS les matchs de première division féminine sur Canal+, mais oui madame, et surtout, la Coupe du Monde féminine en France, couronnement d’une saison 2018-2019 que l’on rêve pimentée, relevée, peut-être incertaine. Sur les terrains et en dehors, on ne pense qu’à ça. D’autant que Corinne Diacre l’a dit, sa liste des 23 récompensera les joueuses constantes, et non les queues de comètes d’un début, d’une fin de saison. Feux follets, passez votre chemin.
A la fin c’est Goliath qui gagne
Premier acte d’un championnat pas comme les autres ce week-end. Au complexe sportif de Luchin, Camphin-en-Pévèle, antre des Lilloises, se jouait un nouvel épisode de David contre Goliath. Sauf qu’à la fin, c’est Goliath qui gagne. Dans les mémoires nordistes, trottine encore le souvenir d’une après-midi de mars 2018, une rencontre contre les Lyonnaises comptant pour la 17ème journée de championnat. Il y tombait des buts comme à Gravelotte, si bien qu’il a presque fallu prendre les calculettes pour dresser l’addition finale : 10 buts à 1.
Pourtant, les Lilloises, 6èmes au classement la saison dernière, sentaient le vent souffler dans leur dos. Trois absences majeures côté lyonnais comme autant de signes de divinités footballistiques peut-être clémentes, enfin : blessure de Wendie Renard, convalescence de Maroszan et suspension de Reynald Pedros pour déclarations intempestives.
Elles y croyaient, les filles de Dominique Carlier. Les premières minutes, elles mettaient même du cœur à l’ouvrage, avec un coup franc de Dafeur, à 50m des cages de Bouhaddi côté droit. Mollement tiré, pas de quoi faire transpirer les gants de la gardienne lyonnaise. Le véritable frisson se produit quelques minutes plus tard. Sur une merveille d’extérieur du pied de Bronze, la fraîche recrue allemande Carolin Simon centre depuis la gauche sur Hegerberg, qui fait parler sa taille et son statut de meilleur joueuse BBC 2017 pour bouger des fesses et des épaules la défenseure Maud Coutereels. 0-1, 5’ et début du calvaire de la capitaine lilloise.
Sale temps pour Maud Coutereels
Le problème avec les Lyonnaises c’est qu’une fois qu’elles en plantent un, elles enchaînent. Et tout le monde participe au festival. 7 minutes plus tard, l’hyperloop Shanice Van de Sanden se paie un raid sur son côté droit, trouve Amel Majri, oubliée par Lernon, pour un but précis du plat du pied (0-2, 12’). Puis à la 33ème, cette même Shanice profite du joli jeu en une-deux entre Le Sommer et Hegerberg pour inscrire tranquille dans la surface, le troisième but de la rencontre (0-3, 33’), son premier cette saison.
Autre spécificité lyonnaise, elles reviennent en seconde période plus précises, engagées, survoltées. C’est l’asphyxie. Sur la terre et dans les airs, la domination est sans partage. Depuis son côté gauche où elle impose sa loi, Amel Majri centre pour Ada Hegerberg qui bouge (encore) Maud Coutereels et inscrit son premier doublé de la saison (0-4, 45’). Puis vient la première fois Isobel Christiansen, qui profite du show Shanice (sprint côté droit et centre) pour planter son tout premier but sous ses nouvelles couleurs (0-5, 64’).
Dans cette seconde période on ne sait plus où donner de la tête. Et justement, de la tête encore, sur un corner côté droit, M’Bock donne involontairement à Henry qui de la tête aussi s’en va marquer le 6ème but du match (0-6, 72’). Et puis le crâne de Lucy Bronze pour jeter Maud Coutereels aux pâquerettes et reprendre victorieusement un centre sur mesure de l’incontournable Majri. C’est la 87ème, 7 buts à rien. On se demande depuis quand les Lilloises n’ont pas franchi la ligne médiane.
Le respect de l’adversaire
A l’issue du match, Reynald Pedros qui assistait en tribunes au piétinement programmé des victimes du jour, déclare : « Nous avons respecté notre adversaire ». C’est certain. A tel point que les Fenottes, par respect, ont claqué un ultime 8ème but, petite merveille de pied gauche signé Majri. Le respect et la manière (0-8, 92’).
Alors oui, le match s’est terminé comme la dernière fois. Oui, le score illustre l’abîme entre les deux formations. Oui, les Fenottes survoleront sans doute une fois encore cette édition 2018-2019. Un coup d’œil aux autres résultats de cette première journée suffit à nous mettre l’eau à la bouche. Les scores sont serrés, les favorites, victorieuses dans la douleur (victoire 1 but à 0 du PSG contre le FC Fleury 91 ; victoire sur le même score de Montpellier face aux promues dijonnaises).
Prenons les paris. Il y aura de l’enjeu et de la bataille cette année. Du frisson et des rebondissements. C’est à la sueur que se gagne une place en Coupe du monde.


