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Manon Brunet : « Je me fixe l’objectif de ramener l’or à Paris »

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ESCRIME – Médaillée de bronze en individuel et d’argent dans l’épreuve par équipes aux Jeux Olympiques de Tokyo, la sabreuse Manon Brunet est revenue pour Dicodusport sur ces JO. Elle nous a également parlé de ses prochaines échéances. 

Qu’est-ce que ça fait de ramener la première médaille française de l’histoire du sabre féminin aux JO ?

Je crois que c’est assez impressionnant. J’avoue que quand je l’ai ramenée, je ne pensais pas forcément à ça, mais quand on me l’a dit, j’étais un peu fière quand même. Ça fait des années que l’on attendait ça, les filles d’avant avaient raté de peu, alors je suis contente de pouvoir ouvrir le compteur, ça annonce de belles choses maintenant.

Vous avez déclaré que votre objectif était d’être championne olympique. Est-ce que cette médaille de bronze vous satisfait pleinement, ou elle reste en-dessous de vos attentes ?

Le but ultime était d’être championne olympique, mais je savais que c’était déjà très très dur de ramener une médaille. Bien sûr que je suis un peu déçue, parce qu’on veut toujours plus, mais je prends quand même le temps de savourer cette médaille de bronze et je me fixe l’objectif de ramener l’or à Paris.

Vous avez également obtenu l’argent par équipes. Est-ce que le fait que vos performances impactent vos coéquipières vous rajoute de la pression ou au contraire, le fait de tirer avec elles vous rassure ?

Au début de la journée, c’était moi qui avait un peu de pression, d’avoir peur de ne pas faire aussi bien que le jour de l’individuel. Au final, c’est elles qui m’ont rassurée par la façon dont elles ont tiré. En fait, elles comprenaient le truc, elles avaient l’air sereines, du coup je me suis lâchée et ça m’a boosté.

Comment on se remet d’une déception comme celle vécue à Rio ?

On se remet doucement. Ça prend pas mal de temps, on travaille. A Rio, j’ai eu la déception de la quatrième place, mais j’ai découvert aussi là-bas que je pouvais être forte, donc j’ai un peu surfé sur la vague pendant un an. Après, quand j’ai raté les grosses compétitions comme les championnats du monde, c’est là que j’ai commencé à me dire que cette quatrième place ne me lâchait pas et que j’arrivais pas à faire mieux. J’ai travaillé avec un préparateur mental et au fur et à mesure, c’est passé. J’ai eu un petit come-back pour la demi-finale à Tokyo mais au final, j’ai réussi à surmonter tout cela.

A propos de l’aspect mental, vous êtes aujourd’hui accompagnée par Stéphane Limouzin. Quel est son rôle ?

Son rôle est d’arrêter de me faire penser aux conséquences, pour être tout le temps concentrée sur ce que je suis en train de faire. Que ce soit dans mes entraînements ou en compétition, c’est un travail quotidien. C’est aussi d’apprendre qui je suis, où sont mes forces pour surmonter toutes les épreuves.

En demi-finale, vous deviez forcément penser à ce combat que vous avez perdu à ce stade de la compétition en 2016, avec les mêmes arbitres d’ailleurs. Comment avez-vous fait pour ne pas vous focaliser la dessus et jouer votre jeu ?

En demies, je n’ai pas trop réussi. J’ai commencé fort mais j’ai vite paniqué. Au lieu d’écouter les consignes de mon préparateur mental et de me dire on fait et on verra, je n’arrêtais pas de penser aux conséquences et j’avais tout le temps peur. La fille d’en face était quand même forte, et moi je l’étais un peu moins que d’habitude, donc ce n’est pas passé.

Et cela a-t-il un lien avec la demi-finale de Rio ou pas du tout ?

Oui complètement, surtout que c’était les deux mêmes arbitres. Je l’ai vu avant la demie et j’y pensais un peu, j’ai réussi à me dire c’est pas grave, on y va. Mais quand je les ai vus, je me suis replongée dedans et je me suis dit « ils me challengent donc il faut que je sois plus forte qu’eux » sauf qu’au final, je ne l’ai pas du tout été.

Si vous deviez garder un duel dans ces Jeux, que ce soit en individuel ou par équipes, ce serait lequel ?

C’est dur… Celui que je fais contre Sofia Pozdniakova lors de la rencontre par équipes, puisque j’ai réussi à lui montrer que je n’étais pas en pleine possession de mes moyens quelques jours avant.

En parallèle de l’escrime, vous continuez vos études. Comment faites-vous pour gérer cette double charge de travail ?

J’essaie de m’organiser. Après en fonction des périodes, je mets surtout l’escrime avant. Notamment lors des Jeux Olympiques, des grands championnats et en fin de saison où tout s’enchaîne. Là, je mets un peu de côté les études. J’essaie surtout de travailler entre septembre et mars.

Pour conclure, quels seront vos prochains rendez-vous ? On pense à Paris 2024 car c’est là que le grand public vous verra, mais l’escrime ne se limite pas qu’aux Jeux.

Exactement ! On a des championnats d’Europe en octobre, ce sont ceux de juin 2021 qui ont été décalés. Et après, on aura des championnats d’Europe et du monde en juin et juillet 2022 et 2023, jusqu’aux Jeux. En 2024, il n’y aura que des championnats d’Europe. Bien sûr, il y a aussi des Coupes du monde avant pour conserver le ranking à aller gagner mais voilà, les grosses échéances, ce sont les championnats d’Europe et du monde qui commencent dès octobre.

Manon Brunet

Manon Brunet à Paris, devant les fans – Photo Icon Sport

Journaliste/rédacteur depuis août 2018 - Passionné de sport depuis tout petit, je me suis logiquement tourné vers le journalisme sportif depuis août 2018. Grand supporter des Girondins, je suis aussi un fan de football. Je pratique le tennis et suis l'actualité de la petite balle jaune. En juillet, vous risquez de me croiser sur les routes du Tour.

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