Max Massat fait le point à coeur ouvert !
Quelques jours après avoir lancé une campagne de crowdfunfing pour sauver la bande, Max Massat fait le point sur la situation, à coeur ouvert !
Voici le bilan 17 jours après le lancement de notre campagne, le lancement du compte à rebours de notre sauvetage… car c’est plus qu’une campagne pour habiller La Bande, c’est carrément un sauvetage ! En coulisse, on négocie à vitesse grand V pour faire bouger les choses rapidement et trouver des soutiens de dernière minute. Nous avons très peu de temps, la saison démarre le 4 février.
Je dis « on » car j’ai reçu beaucoup de soutien, des personnes proches mais également des personnes que je ne connaissais pas. Ils adorent le projet et ne veulent pas nous voir disparaître. Je tiens une fois de plus à les remercier, ils se reconnaîtront 🙂
Ce n’est pas simple depuis début décembre de tout gérer. Il a d’abord fallu réfléchir à comment désamorcer la nouvelle, rassurer et ensuite réfléchir vite pour agir. C’est exactement comme cela que ça s’est passé. Les coureurs et le Staff ont très bien réagi, ce qui m’a aidé à relever la tête et ensuite décider de me battre car j’ai compris qu’ils avaient confiance en moi et surtout dans le projet. Ils préfèrent galérer ensemble que de partir chacun de leur côté.
J’ai rencontré des difficultés lors des 15 derniers jours de décembre où il ne se passe rien, c’est le calme plat et rien n’avance donc je ne pouvais pas donner de réponse rapidement aux parties prenantes. Le soutien de l’entreprise « Morning » m’a permis de me projeter car nous avons préparé la campagne en très peu de temps et l’équipe communication m’a donné un coup de main précieux.
Sachant qu’en parallèle, « Morning » se bat pour continuer son activité, Éric (leader de Morning) est embarrassé de la situation actuelle mais, comme me disent les coureurs, priorité d’abord à l’entreprise et les salariés, c’est le plus important. Je partage leur avis mais je sais également ce que requiert la préparation hivernale d’un coureur de haut niveau. J’apprécie leur soutien sans faille.
Quand tu as des objectifs en début de saison, que tu ne peux pas te projeter, que tu es dans l’incertitude la plus totale, c’est très compliqué. Et pour ne rien arranger, des DN voisines en ont profité pour appeler mes coureurs et essayer de les recruter. Ça m’a fait sourire car je m’en doutais. Je connais la mentalité de certains clubs et je trouve dommage ce type de réaction. Cependant, ils ont dû être surpris des réponses négatives de mes coureurs et puis une DN qui cherche encore des coureurs fin décembre / début janvier a dû rater son recrutement sinon c’est une manœuvre pour me mettre des bâtons dans les roues.
Lucas Destang (première recrue) l’a bien compris. Je me suis battu pour lui car Gaëtan Prime (président du GSC Blagnac) avait bloqué sa mutation, pour des raisons vraiment absurdes. Heureusement, c’est récemment rentré dans l’ordre. J’aurais pu laisser tomber et prendre un autre coureur mais je n’accepte pas ça, surtout quand un jeune coureur plein de talent (5 fois champion de France sur piste) souhaite se relancer après avoir arrêté la saison dernière par dégoût.
Depuis que je suis arrivé l’an dernier, je ne me suis pas fait que des amis car je dérange en bousculant les codes bien établis depuis des années dans la région. Malheureusement pour eux j’ai réussi à faire cette première année, ce qui a permis de montrer nos capacités et aujourd’hui ce sera peut-être grâce à cela que nous allons réussir notre sauvetage. Moi je n’ai pas le temps de m’occuper d’eux et de leur faire la guerre. Et puis ce n’est pas du tout mon but, bien au contraire, je suis content quand ils réalisent une performance en Coupe de France ou un joli recrutement, ça fait parler du cyclisme du Sud de la France.
Nous ne sommes pas la région du vélo mais nous pouvons la devenir !
J’ai passé 2 saisons en pays de la Loire en participant à beaucoup de courses et en Bretagne. C’est cette mentalité que j’ai vécue, apprise et que je veux amener ici en gardant nos racines. Nous avons tout ici pour réussir : le cadre, la météo, les coureurs, il ne manque plus qu’à trouver des partenaires ayant la même mentalité/volonté. J’en ai trouvé de taille avec « Morning » et je ne veux rien lâcher, il faut dire que j’ai d’abord bossé chez eux avant de lancer mon projet et non pas l’inverse.
Aujourd’hui, si Morning repart sur les chapeaux de roues après les difficultés rencontrées, nous en sortirons grandi, car c’est dans la difficulté que l’on progresse.Morning a voulu bousculer le monde bancaire, moi le cyclisme. Nous réalisons de belles actions de communication car selon moi, c’est primordial de donner du sens à ce que l’on fait. Pendant des années nous avons focalisé les coureurs sur la victoire, « seul la victoire compte ». C’est important mais on peut également envisager la victoire comme la cerise sur le gâteau. Aujourd’hui, gagner une course peut être autant fructueux qu’une visibilité et une communication calibrées. C’est ma vision et je devrais peut-être me taire mais moi je suis là pour faire évoluer les choses et les partager. Un coureur sera moins attiré par le dopage si on lui fait comprendre qu’il peut faire son boulot sans automatiquement gagner, c’est aussi un commercial au fond, il porte les couleurs et les valeurs de l’entreprise, de l’équipe.
C’est dans cette optique que nous avons lancé cette campagne de crowdfunding avec une pointe d’humour pour attirer l’attention et faire comprendre qu’un cycliste, une équipe de vélo, n’a pas peur de se mettre à poil. Non ils ne font pas tous 50kg et nous ne sommes pas pudiques car on se change aux culs des bagnoles parfois 🙂 Cette campagne est risquée car en l’absence de fonds, la suite de l’aventure est compromise.
L’idée de fond, en plus d’habiller l’équipe, c’est de pouvoir gagner encore 1 mois dans les négociations et c’est ce qui est en train de se passer. En quelques jours, nous avons rapidement atteint les 50% de la cagnotte et maintenant nous attaquons les derniers kilomètres (74%).
Je veux faire comprendre à chaque participant que les coureurs ont un œil attentif sur chaque contributeur et qu’ils sauront penser à eux lorsqu’ils seront sur leurs montures avec le premier dossard. C’est une motivation en plus pour les coureurs et une joie pour les contributeurs : si un coureur lève les bras à l’arrivée, ils y seront directement pour quelque chose.
Nous transpirons tous les jours pour faire vivre cette campagne, même si pour moi c’est un plus côté « négociation » avec les entreprises. Après 17 jours de campagne, nous avons eu plusieurs contacts, surtout des marques de vêtements cyclistes qui souhaitent que nous passions par eux et qui aimeraient également apporter leur pierre à l’édifice. Nous avons choisi notre fournisseur depuis lundi, l’offre la plus compétitive, maintenant il faut terminer la campagne au plus vite pour valider et lancer la nouvelle maquette avec nos nouveaux sponsors.
Nous étions en avance sur tout le monde en novembre, maintenant c’est l’inverse. Il faut donc recoller au peloton et ne pas s’affoler, c’est le plus compliqué. J’ai enchaîné les réunions avec l’équipe, les mails avec les partenaires déjà présents et les clubs pour tenir au courant de la situation. Il faut satisfaire toutes les parties et composer avec les compréhensions et incompréhensions, de chacun.
La presse à bien relayé l’info et il faut continuer. La semaine prochaine, je souhaite annoncer à tout le monde que nous sommes officiellement sauvé et débuter la saison dans l’espoir et la combativité.Deux solutions semblent se dessiner, l’arrivée d’un nouveau sponsor majeur ou le retour de Morning. On peut même imaginer le mélange des deux mais pour le moment j’arrête de rêver 🙂
J’ai dû annuler avec regrets le stage à Luchon et en Espagne, mais les gars se sont débrouillé entre eux et un front part demain pour une semaine en Espagne. Je le répète : ils sont extrêmement solidaires et ils ont les crocs. Nous n’avons subi qu’un seul départ, celui de Clément Jolibert pour AVC AIX (DN1), mais c’était prévisible. Mentalement il faut tenir la pression, quand tu décides de tout mettre de côté pour le vélo c’est difficile d’accepter cette situation. Je ne suis pas du genre à bloquer, au contraire, j’ai dit à mes coureurs de venir me parler s’ils veulent partir pour que cela se fasse correctement. J’ai heureusement un bon effectif donc, c’est regrettable, mais pas une fin en soi.
Je ne lâche rien tant qu’ils ne lâchent rien, on est dans le même bateau. Je suis peut-être le capitaine du navire mais sans équipage on ne va nulle part. J’ai comme l’impression que nous venons de passer la tempête, j’espère confirmer cela la semaine prochaine…
Pour soutenir Max et « la bande », c’est par ici !
Max




PENZA Gérald
22 janvier 2017 à 17h32
Salut à tous,
D’abord bon courage pour la suite et juste pour dire que ce que j’ai bien aimé , entre autre, dans cet interview, c’est l’idée d’essayer de rassembler les forces dans le cyclisme Midi-Pyrénéen. C’est ce que je prône depuis longtemps auprès des gens du cyclisme que je côtoie, a mon niveau, et j’étais bien content quant à la dernière assemblée du ST GO Cyclisme j’ai remarqué la présence de Max Massat, de Michel Puntous….ce qui commence à regrouper les forces dans le même sens pour un cyclisme fort et uni…. Bonne route à tous 🙂
Gaëtan Prime
22 janvier 2017 à 12h57
Bonjour,
Suite à l’interview de Max MASSAT, paru le samedi 21 janvier 2017, je ne peux rester sans réponse face à ses propos qui sont contraires à la réalité, l’objectif n’étant pas d’alimenter la polémique, mais de préciser la position du GSC Blagnac Vélo Sport 31 face à ses attaques publiques.
Concernant le conflit entre Lucas DESTANG et le GSC Blagnac Vélo Sport 31, il se déroulait entre le club et aujourd’hui son ex coureur, à aucun moment n’était visé l’équipe Morning, d’ailleurs il est utile de préciser que celui s’est situé bien en amont des problèmes connus en décembre 2016.
Suite aux problèmes rencontrés début décembre 2016 par l’équipe Morning, dans un souhait d’apaisement le GSC Blagnac Vélo Sport 31 a souhaité libérer sans aucune forme de contre partie la mutation de Lucas DESTANG, pour son nouveau Club.
Cette initiative a d’ailleurs été salue par la Fédération Française de Cyclisme et par la Direction du comité de Midi Pyrénées.
Ces précisions apportées, je souhaite à titre personnel ainsi qu’à celui du GSC Blagnac Vélo Sport 31, la réussite dans son projet à Max MASSAT, malgré tout ce qui est dit….
Gaëtan Prime.