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Championnats du monde d'athlétisme

Mondiaux d’athlétisme 2023 – Kevin Mayer : « À tout moment ça peut s’arrêter »

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CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHLÉTISME 2023 – Mauvaise nouvelle du côté de Budapest. À 3 jours de son entrée en lice aux Mondiaux, Kevin Mayer est incertain suite à des douleurs au tendon d’Achille gauche.

Lors du point presse organisé pour son entrée dans la compétition, Kevin Mayer a indiqué qu’il avait moins de 50% de chances d’aller au bout de son décathlon.

L’année dernière il était touché au tendon d’Achille droit. Mais arrivé à Istanbul (Championnats d’Europe en salle), ça allait beaucoup mieux. Cependant après la compétition, le tendon d’Achille gauche lui a fait un peu mal et il s’est arrêté pour faire de la rééducation. À la Diamond League de Paris, il s’est fait mal aux ischios suite à une mauvaise réception à la longueur et ça a pété aux haies. Après une bonne rééducation pour la déchirure aux ischios, il y a eu une rechute. Sur 400 m, il a senti une douleur dans le virage. Et depuis, c’est une course contre la montre.

Vous me connaissez, j’ai beaucoup d’outils pour y arriver et je donne tout pour y arriver. C’est un énorme challenge et c’est pour ça que je le prends avec le sourire. Mais en même temps on sait qu’il y a Paris l’année prochaine et peut-être que je ne pourrai pas aller dans le mal autant que d’habitude. Je prends le problème heure par heure et je fais tout ce qu’il faut pour y arriver. Dans cet état d’esprit, j’ai l’impression que ça peut le faire vendredi.

Le plus dur ça sera le 400 m et le réveil du samedi matin après le 400 m. Parce que clairement dans le virage c’est mon pied gauche qui est à l’intérieur et ça met mon pied en flexion et rotation externe et ça vient taper là où ça fait vraiment mal.

Avec les JO en ligne de mire, Mayer restera prudent

Les garde-fous seront ses coachs. Car s’il s’écoute, le Français sait qu’il est capable de se mettre aussi mal qu’à Doha, où il avait continué malgré la douleur avant d’être contraint à l’abandon. Et il lui avait fallu 5 mois pour recommencer à simplement courir. Mais là, l’échéance des JO à Paris reste un objectif plus important qu’un titre de champion du monde.

Tout le monde parle de vieillesse. Mais j’ai les outils pour durer beaucoup plus longtemps et avoir plein de chances d’être champion du monde plus tard. C’est pas un aveu d’abandon là. Dans ma tête c’est sûr et certain que je fais tout ce qu’il faut pour arriver au départ du 100 m pour que tout soit bien. Mais à tout moment ça peut s’arrêter.

La logique voudrait que je n’aille pas au 100 m. À tout moment je n’ai plus mal vendredi. Et même s’il n’y a que 10% de chances que ça arrive, je veux aller au départ du 100 m. L’état d’esprit il est là : c’est ne rien faire pour que ça empire, que ça soit onéreux vis-à-vis de Paris. Tant que ça ne me coûtera pas pour Paris, je veux me laisser une chance d’y arriver. Même si tout le monde à partir de cette interview va dire ‘c’est mort’, dans ma tête, je me dois de me laisser une chance.

« Même si je suis favori, il y a peu de chances que je sois champion du monde »

La concurrence sera rude. On pense au jeune Skotheim qui l’avait titillé à Istanbul. Les Canadiens Pierce LePage et Damian Warner ont pris les deux premières places à Götzis. On n’est jamais à l’abri du 0 à une épreuve qui change la donne. Et comme l’explique le Français, aucun décathlonien arrive avec 0 bobo. C’est également la magie du décathlon.

Même si je suis favori, il y a peu de chances que je sois champion du monde. Et pourtant t’y vas quand même. Dans la tête de tout le monde maintenant c’est ça : ‘si Kevin termine le décathlon, il a pratiquement sûr une médaille’. Mais il y a une énorme concurrence. Il y a 2 Norvégiens à plus de 8600 qui sont très forts très jeunes. Il y a un Allemand qui vient de battre le record d’Allemagne qui durait depuis très longtemps. On a un Américain, 2 Canadiens. Ça va être pour moi le décathlon le plus relevé. Peut-être qu’il n’y aura pas une perf’ de pointe mais ça va être pour moi le plus dense. Je ne sais pas s’il y aura une médaille à 8600 points.

L’émotion a gagné le décathlonien au moment de parler des attentes autour de lui.

Les émotions des gens à l’extérieur, c’est difficile à gérer. C’est incroyable de faire vibrer les gens. Quand t’as 30 personnes qui viennent te voir. Quand t’as toute l’équipe de France après ta médaille à Eugene qui dit ‘merci d’avoir sauvé l’équipe de France etc…’ Je reçois des millions de messages qui disent ‘on t’attend, on a hâte de vibrer avec toi’… C’est plaisant de faire ça, et c’est le côté difficile : gérer les émotions des autres. Mais le jour J ça ira mieux !

La course contre-la-montre est donc engagée. Au programme : kiné, étirements, argile, électro-stimulation… Il doit également tester des straps.

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