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Mondiaux de judo 2023 : Enjeux et chances françaises

Publié le

Photo Carlos Ferreira / EJU

MONDIAUX DE JUDO 2023 – Les Championnats du monde de judo débutent ce week-end. Tour d’horizon et enjeux pour les Français engagés.

Mondiaux sous tension

Les judokas russes et biélorusses étaient exclus de toute compétition depuis l’invasion de la Russie en Ukraine. Déjà au Grand Slam d’Oulan-Bator (Mongolie) l’année dernière, des athlètes russes et biélorusses avaient été autorisés sous bannière neutre. A une semaine des Mondiaux, la Fédération internationale de judo (IJF) a décidé d’offrir l’opportunité à certains judokas russes et biélorusses de participer aux Mondiaux. A la condition qu’ils n’aient aucun lien avec l’armée ou les services de sécurité russes et qu’ils n’aient jamais soutenu ou participé à la guerre en Ukraine.

Ainsi, une société indépendante a été engagée pour vérifier les antécédents d’un certain nombre de judokas et entraîneurs. Ainsi, le dossier de 8 Russes a été rejeté. Le judo emboîte ainsi le pas de fédérations qui commencent à lever les interdictions à l’instar de l’escrime. Menacé de sanctions, Wimbledon a également levé cette interdiction.

L’Ukraine riposte

Cela se fait dans un souci d’équité puisque les Mondiaux sont un gros pourvoyeur de points en vue de la qualification pour les Jeux Olympiques. Mais en réponse, la Fédération ukrainienne de judo a décidé de renoncer à la compétition. La jeune Daria Bilodid (22 ans), championne du monde 2018 et 2019 en -48 kg a notamment indiqué sur ses réseaux sociaux qu’il était “inacceptable d’autoriser la participation de membres de l’armée d’un pays terroriste qui tue des Ukrainiens tous les jours. […] Cela ne fait pas partie des valeurs du sport”. Et si tous les Ukrainiens comprennent la décision de leur fédération d’appliquer le règlement du gouvernement qui interdit à ses ressortissants de participer à une compétition avec des Russes et Biélorusses, ils s’interrogent aussi sur l’égalité entre les sports.

À l’instar de la judokate Yelyzaveta Lytvynenko (-78 kg) ou du judoka Bogdan Iadov (-66 kg). Celui-ci, n°6 de sa catégorie a notamment interrogé son Premier Ministre sur la différence qu’il y avait entre les judokas et l’équipe nationale de football ou le tennis. Il a également pris l’exemple des -60 kg où les Ukrainiens n’auraient de toute façon pas pu combattre avec des Russes. Il dénonce cette différence basée sur l’argent entre des sports qui rapportent plus, et le sien.

Objectif Jeux Olympiques

Les quotas pour les JO sont attribués en fonction du classement mondial et les Championnats du monde rapportent le plus de points (après les JO). Derrière, on retrouve le Masters et les Grands Chelems. Ainsi, ces Mondiaux sont une étape importante pour Paris 2024 afin d’engranger des points. Comme à chaque compétition, les Japonais seront les grands favoris du tableau des médailles.



Et du côté français ?

Une équipe féminine ambitieuse

Pour les JO, la France fera face à un casse-tête pour sélectionner ses athlètes, notamment féminines où la densité des catégories est grande.

En attendant, elles seront 9 à combattre en individuel. Chez les super-légères, Shirine Boukli arrive avec la place de numéro 1 mondiale. Son objectif principal est d’être championne olympique et les Mondiaux sont une étape. Mais attention à ne pas brûler les étapes car la jeune combattante a connu des désillusions dans des grosses compétitions. Et depuis quelques mois, c’est une Blandine Pont totalement décomplexée qui apporte une concurrence supplémentaire dans sa catégorie. La numéro 3 mondiale participera à ses premiers Mondiaux chez les seniors et entend bien poursuivre sur sa belle lancée. Si la double championne du monde Daria Bilodid est donc absente, sa successeur, Natsumi Tsunoda est la favorite de la catégorie. La Japonaise vise un troisième succès consécutif.



Après sa parenthèse (réussie) en -48 kg avec l’or olympique à la clé, Distria Krasniqi est de retour en -52 kg et parmi les favorites de la catégorie. Mais il faudra passer l’obstacle Uta Abe, triple championne du monde. Deux fois médaillée de bronze, Amandine Buchard visera maintenant un autre métal.

Chez les légères, les trois dernières médailles viennent du continent américain par les 3 premières du classement mondial : Rafaela Silva (Brésil), Christa Deguchi et Jessica Klimkait (Canada). Il faudra également compter sur la championne olympique Haruka Funakubo. Ce sont autant d’adversaires coriaces pour Sarah-Léonie Cysique qui tentera d’obtenir mieux que sa 5e place de 2019.

Après le Grand Slam de Tel Aviv, Clarisse Agbegnenou participe à sa deuxième grande compétition depuis la naissance de sa fille. Leader incontestée de sa catégorie depuis la retraite de Tina Trstenjak, la Française voudra reprendre sa place. Et rappeler à ses adversaires qu’il faut toujours compter avec elle. Mais sur la route d’un éventuel 6e titre, elle pourrait rencontrer rapidement des têtes de série, n’étant que la n°16 des participantes.

Clarisse Agbegnenou

Clarisse Agbegnenou – Photo Icon Sport

L’ancienne numéro 1 mondiale Marie-Ève Gahié (-70 kg) n’avait pas participé aux JO 2020. Championne d’Europe l’année dernière, elle avait été battue aux Mondiaux au troisième tour par la Japonaise Saki Niizoe. La concurrence étant féroce avec Margaux Pinot, la Française tentera de retrouver le podium, quitté en 2019 sur la plus haute marche. Mais la concurrence des Barbara Matic, Sanne Van Dijke et autres Saki Niizoe s’annonce rude. En finale du Masters l’année dernière, elle avait été battue par Michaela Polleres et à Paris en février, elle avait été surprise par la jeune Ai Tsunoda Roustant.

La renaissance du Phénix. Ce sont les mots d’Audrey Tcheuméo. Et c’est exactement ce à quoi l’on assiste ces derniers mois. Vainqueur à Paris 2022 et 2023, Antalya et 2e du Masters, la Parisienne surfe sur une belle vague. Et se prête à rêver à un nouveau titre, 12 ans après. Elle est passée devant Madeleine Malonga au classement et relance la compétition pour le quota olympique.

Enfin, chez les lourdes, tous les yeux seront rivés sur Romane Dicko. Leader française et mondiale incontestée, elle n’a connu que peu de défaites sur le circuit. La triple championne d’Europe a remporté le titre mondial à sa première participation l’année dernière et visera la passe de deux. En 2022, elle avait partagé le podium avec Julia Tolofua (3e). Toujours régulière et souvent sur les podiums internationaux, la Niçoise, tête de série n°5 a les clés pour égaler voire dépasser son meilleur résultat.

Objectif médaille pour les hommes

S’il est logique d’espérer entre 2 et 4 médailles chez les femmes, chez les hommes, on tentera de ne pas rentrer bredouille. On le sait, les résultats ne sont pas homogènes entre les femmes et les hommes. Et ces dernières années, en l’absence de Teddy Riner et Loïc Piétri, Axel Clerget était le seul à avoir réussi à tirer son épingle du jeu aux Mondiaux. Mais le poids moyen, de retour après des blessures n’est pas sélectionné.

Dans sa catégorie, c’est Alexis Mathieu qui est sélectionné. Le jeune de 23 ans a notamment battu les meilleurs pour aller chercher la médaille d’argent au Masters 2022. L’année dernière, il avait été battu au 2e tour.

Absent depuis 2017, Teddy Riner sera quant à lui de retour aux Mondiaux. Mais étant n°14, la journée pourrait être longue et âpre pour aller chercher une médaille.

Depuis les JO, Luka Mkheidze est toujours monté sur le podium des compétitions auxquelles il a participé. Mais le super-léger parviendra-t-il à briser son plafond de verre de 3e tour aux Mondiaux (2018 et 2019) ?

Chez les mi-moyens, Alpha Oumar Djalo a beaucoup appris de sa quête ratée d’olympiade. Solide depuis l’année dernière avec 4 médailles de bronze dont une au Masters, il pourrait aller chercher quelque chose lors de ces Mondiaux. L’année dernière, non tête de série, il s’était « farci » la tête de série n°1 Tato Grigalashvili dès le deuxième tour. Cette année il est tête de série n°5 et s’évitera pareille mésaventure.

Compétition par équipes : qui pour détrôner le Japon ?

C’est bien simple, depuis l’instauration de la compétition par équipes mixtes en 2017, tous les titres ont été remportés par le Japon. Et la France termine deuxième les 4 dernières fois, remportant le bronze lors de la première édition. Des équipes comme l’Ouzbékistan ou la Géorgie peuvent aller titiller les meilleurs. A voir ce que donnera également l’équipe de Russie présente. Mais comme souvent, on s’attend à un duel Japon – France. Pour enfin voir une victoire française ? En tout cas l’équipe olympienne sait comment faire… Et le renfort apporté par Priscilla Gneto, Margaux Pinot, Coralie Haymé, Orlando Cazorla, Joseph Terhec et Amadou Meité pourra être précieux.

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