Mondiaux de judo 2023 : Le bilan de l’équipe de France
CHAMPIONNATS DU MONDE DE JUDO – Fin des 40èmes Mondiaux de judo à Doha (Qatar), qui ont vu le Japon triompher au tableau des médailles juste devant la France. Avec 8 médailles dont 7 individuelles et 2 titres, les Bleus ont marqué les esprits à 14 mois des JO de Paris.
8 médailles
Avec 8 médailles dont une par équipes mixtes, l’équipe de France de judo a réalisé des championnats du monde très satisfaisants, et égale le nombre de médailles obtenues aux JO de Tokyo. C’est la première fois depuis 2014 que les judokas français remportent autant de médailles individuelles. À l’époque, Teddy Riner, Clarisse Agbegnenou, Audrey Tcheuméo et Amandine Buchard remportaient exactement le même métal que cette année. Une belle répétition générale avant les Jeux de Paris qui seront le dernier grand objectif de bon nombre d’entre eux, non loin des 10 médailles individuelles espérées pour 2024.
Cinq finales
Cas extrêmement rare, les Français ont disputé 5 finales mondiales individuelles, une première depuis 2003 ! S’il y a 20 ans, cela s’était terminé par 5 médailles d’argent, 2023 est bien meilleur avec deux médailles d’or et trois en argent. Parmi ces dernières, ce fut une première pour Shirine Boukli (-48 kg) et Julia Tolofua (+78 kg). Malgré deux défaites, les deux jeunes femmes de 24 et 25 ans ont envoyé un message fort à leurs entraîneurs, montrant qu’il faudra compter sur elles. Les trois autres finalistes étaient bien plus habitués, avec Teddy Riner (+100 kg), 12ème finale, Clarisse Agbegnenou (-63 kg), 8ème finale et Audrey Tcheuméo (-78 kg), 3ème finale.
Un titre masculin
Pour la première fois depuis 2017, un Français est champion du monde de judo. Pour son grand retour, Teddy Riner est venu redonner des couleurs à l’équipe masculine qui attendait la Marseillaise depuis trop longtemps. Déjà en 2017, c’était lui qui décrochait les titres en +100 kg et en toutes catégories. Si l’on fait abstraction de la légende qu’est Riner, le dernier judoka français à avoir atteint la finale mondiale est Loïc Piétri en 2015. Deux ans auparavant, il raflait l’or. Malgré des difficultés, les jeunes pousses que sont Joan-Benjamin Gaba, Maxime-Gaël Ngayap ou encore Joseph Terhec ont pu exprimer leur talent avec brio lors de la compétition par équipes mixtes.
🇫🇷🥇 𝐄𝐓 𝐃𝐄 𝟏𝟏 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐓𝐄𝐃𝐃𝐘 𝐑𝐈𝐍𝐄𝐑 !!! Le Français est champion du monde pour la 11ème fois ! Titanesque !!! 😍 #JudoWorlds @francejudo pic.twitter.com/J1fTfpeXjy
— Dicodusport ⭐⭐ (@dicodusport) May 13, 2023
Deux grands retours
Moins d’un an après avoir donné naissance à sa petite Athéna, Clarisse Agbegnenou a frappé du poing sur la table. Sans la moindre grosse compétition depuis près de deux ans, la Rennaise ne s’était pas fait de cadeaux en revenant pour des championnats du monde. Pas aussi dominatrice qu’avant, la championne olympique a encore de beaux restes et écarte la Serbe Obradovic au premier tour. Le deuxième est plus disputé et ce n’est qu’après une minute trente de golden score que Agbegnenou parvient à trouver la solution contre la Cubaine Carvajal. Son premier gros test contre l’Israélienne Sharir se passe bien et la montée en puissance se confirme en quarts contre la Canadienne Beauchemin-Pinard qu’elle dominera par deux waza-ari. La demie contre la jeune Autrichienne Piovesana est une formalité. La voilà en finale contre la Slovène Leski qu’elle avait déjà battue en finale mondiale en 2021. Sans aller au bout du combat, la Française marque par deux fois et remporte son 6ème titre planétaire !
OUIIIII CLARISSE AGBEGNENOU EST 𝐂𝐇𝐀𝐌𝐏𝐈𝐎𝐍𝐍𝐄 𝐃𝐔 𝐌𝐎𝐍𝐃𝐄 ! 🤩
6e titre mondial pour la Française 🇫🇷 ! pic.twitter.com/0Yd3ZhV6zP
— Eurosport France (@Eurosport_FR) May 10, 2023
Lui avait délaissé le rendez-vous planétaire depuis 6 ans. Teddy Riner se devait de se confronter au gratin mondial afin de se jauger pour son ultime objectif. Moins tranchant qu’à ses meilleures années, il passe le premier obstacle, le Roumain Simionescu, et se qualifie au troisième tour après que le Polonais Szczurowski s’est fait disqualifier. Contre le Mongol Tsetsentsengel, Riner remporte son premier marathon, aux pénalités, après 7 minutes d’un combat âpre. Pas vraiment vernis par le tirage, le quart contre le Japonais Saito est un second marathon de 7 minutes 40 qui se termine aux pénalités une fois encore. Exténué, on se dit alors que la demi-finale contre le Turkmène Rakhimov, numéro 1 mondial, est la marche de trop. Contre toute attente, il ne lui aura fallu que 26 secondes pour faire voler son adversaire d’un uchimata destructeur. Le voilà en finale mondiale pour la 12ème fois. Contre le Russe Tasoev qui pensait avoir gagné l’espace de quelques secondes, c’est finalement Riner qui l’emporte après 4 minutes de golden score.
Deux grandes premières
Très loin de tels palmarès, ils ont obtenu leur toute première médaille aux championnats du monde. Lors de la journée d’ouverture, Shirine Boukli (-48 kg) entre parfaitement dans la compétition en écartant l’Espagnole Martinez après quelques secondes de golden score. Qualifiée en quarts en expédiant la Maltaise Esposito en une minute, elle est désormais certaine de jouer au moins le bronze. Contre la Japonaise Koga, le combat est bien plus équilibré, mais tourne en faveur de la Nîmoise. Dans une spirale ultra-positive, elle écarte la Kazakhstanaise Abuzhakynova en moins de deux minutes par deux wara-ari et file en finale. Cette fois contre la favorite et numéro 1 mondiale Tsunoda, la hiérarchie est respectée et Boukli s’empare de l’argent.
Il était pendant un moment l’espoir du judo masculin français. Walide Khyar champion d’Europe 2016, est enfin médaillé mondial. Au pied du podium en 2021, il gravit cette dernière marche en prenant le bronze cette année. Ses premiers tours contre des adversaires sud-américains sont délicats. Il élimine l’Equatorien Preciado puis le Brésilien Lima au bout de huit minutes, alors qu’il est mené aux pénalités. Nouveau golden score en quarts de finale où il domine le Russe Abuladze après plus de cinq minutes de combat. En demi-finale contre la légende Abe, il s’incline par ippon, mais garde un espoir de prendre le bronze. Cette fois, Khyar saisit cette chance de médaille et se défait du Sud-Coréen An. Un cri de joie et un soulagement perceptible qui pourrait avoir l’effet d’un déclic au bon moment.

Quelques déceptions
Malheureusement, pour quelques-unes de nos Françaises, ces Mondiaux ne se sont pas passés comme prévu. En moins de 57 kg, Sarah-Léonie Cysique est une nouvelle fois passée à côté de la médaille. Pourtant vice-championne olympique en titre, la Française attend encore sa première médaille mondiale individuelle. Également triple médaillée continentale, elle n’a encore jamais obtenu de médaille d’or dans sa catégorie. Battue par les deux Canadiennes Deguchi en quarts et Klimkait en repêchages, elle termine ses Mondiaux avec beaucoup de frustration.
Championne du monde en 2019, championne d’Europe l’an dernier en -70 kg, Marie-Eve Gahié a vu son parcours s’arrêter prématurément en quarts de finale. Après deux combats expéditifs, elle a dû faire face à la Japonaise Niizoe et après plus de 8 minutes d’effort, elle est finalement pénalisée pour une prise illicite. Sans doute déçue, elle tombe ensuite en repêchages. Une contre-performance mal venue pour celle qui joue sa qualification olympique contre Margaux Pinot.
Championne du monde en titre, médaillée olympique, Romane Dicko était la grande favorite pour l’or. Exemptée de premier tour, elle entre dès le deuxième contre une Italienne à sa portée (en théorie). Sans solution, elle se fait surprendre, et s’incline par waza-ari. Une immense désillusion pour elle, d’autant qu’elle n’est pas assurée de disputer les Jeux, car dans la même catégorie, Julia Tolofua s’est hissée en finale. Affaire à suivre.
Tous 𝐟𝐢𝐞𝐫𝐬 de nos Bleus ! 🥹🇫🇷
Ils nous ont fait vibrer du début jusqu’à la fin ! Le podium de nos Français avec leur très belle médaille d’argent ! 🤩🥈
Merci la team ! 🫶👏
📸 France Judo/T.Albisetti#JudoWorlds #GoLesBleus #FierdEtreJudoka pic.twitter.com/XCMdsURUMk
— France Judo (@francejudo) May 14, 2023


