Mondiaux de Kigali : une équipe de France courageuse, mais dépassée dans l’enfer rwandais
Aux championnats du monde de Kigali 2025, la France a montré du courage et fait preuve de résistance malgré un parcours infernal. Seuls trois Bleus ont terminé, avec Paul Seixas en premier Français. Décryptage.
La course en ligne des championnats du monde de cyclisme, disputée ce dimanche 28 septembre 2025 à Kigali (Rwanda), restera comme l’une des plus sélectives de ces dernières années. Sur les 165 partants, seuls trente hommes ont franchi la ligne d’arrivée, au terme d’un parcours long de 267,5 km, marqués par la chaleur, l’humidité et les incessantes difficultés du circuit rwandais. Dans ce décor exigeant, la France n’a pas démérité, mais elle a vite dû renoncer à ses ambitions de podium.
Pogacar intouchable, les Bleus en survie
Comme attendu, Tadej Pogacar a une nouvelle fois survolé les débats. Le Slovène, tenant du titre, a dynamité la course à plus de 100 kilomètres de l’arrivée, sur les pentes abruptes du Mont-Kigali, avant de filer seul vers un deuxième sacre mondial consécutif. Derrière lui, Remco Evenepoel (Belgique) et Ben Healy (Irlande) complètent le podium, repoussés respectivement à 1:28 et 2:16.
Les Bleus, eux, n’ont jamais été en position de rivaliser avec le Slovène. L’équipe, privée rapidement de plusieurs éléments, a subi le rythme infernal imposé par les favoris. Julian Alaphilippe, malade la veille à cause d’une intoxication alimentaire, a dû jeter l’éponge prématurément. Julien Bernard, un temps à l’avant dans l’échappée matinale, a logiquement cédé au moment où Pogacar a lancé les hostilités. D’autres atouts tricolores, comme Louis Barré, également contraint à l’abandon très tôt, Valentin Madouas ou Jordan Jegat, n’ont pas résisté non plus.

Trois rescapés et un symbole : Paul Seixas
Au final, seuls trois Français ont bouclé l’épreuve : Paul Seixas (13ème), Pavel Sivakov (15ème) et Valentin Paret-Peintre (28ème). Si l’écart avec le vainqueur (plus de neuf minutes) illustre le gouffre qui séparait la France du meilleur coureur du monde, la présence de ce trio à l’arrivée n’est pas anodine. Dans un peloton décimé, c’est une preuve de résistance physique et mentale.
Dans ce contexte, la performance de Paul Seixas mérite d’être soulignée. À seulement 19 ans, le jeune coureur s’est accroché jusqu’au bout et termine premier Français. Éreinté, il a reconnu après coup avoir disputé « peut-être la course la plus dure » de sa vie. Un apprentissage brutal, mais précieux, qui confirme son potentiel pour les années à venir.
Paul Seixas : « Je suis content d’avoir fini, j’ai voulu aider l’équipe au maximum, surtout Sivakov qui était notre leader. Il n’a peut-être pas eu la journée espérée, on n’a pas réussi à faire top 10 ou mieux. C’était tellement dur à la fin… » #Kigali2025 pic.twitter.com/FCc6jMmomA
— Le Gruppetto (@LeGruppetto) September 28, 2025
Entre limites collectives et motifs d’espoir
La France n’a pas manqué de courage, mais elle a clairement souffert d’un déficit de densité et de stratégie. Très vite amoindris par les abandons, les Bleus, s’ils ont tenté de lancer la course dès la première heure, ont ensuite semblé subir plus que provoquer, incapables de peser sur la course autrement que par à-coups, dans les différents groupes de contre. L’écart final et l’absence dans le top 10 soulignent la distance qui sépare encore les Tricolores des monstres du moment.
Pour autant, tout n’est pas noir. La capacité de quelques éléments à résister dans des conditions extrêmes constitue un socle sur lequel bâtir. Le talent de Seixas, la constance de Sivakov ou la combativité de Paret-Peintre ouvrent des perspectives. Mais pour espérer rejouer un rôle majeur lors des prochains Mondiaux, la France devra gagner en profondeur, et oser davantage tactiquement. Et pourquoi pas dès dimanche prochain, avec la course en ligne des championnats d’Europe en Drôme-Ardèche ?


