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Patinage artistique

Mondiaux Patinage artistique : Adam Siao Him Fa en bronze !

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Mondiaux Patinage artistique Adam Siao Him Fa en bronze !
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE PATINAGE ARTISTIQUE 2024 – La bataille attendue en danse sur glace a bien eu lieu. Madison Chock et Evan Bates sont champions du monde devant les Canadiens Piper Gilles et Paul Poirier et les Italiens Charlène Guignard et Marco Fabbri. Chez les hommes, l’Américain Ilia Malinin a écrasé la concurrence. Le Japonais Yuma Kagiyama prend l’argent. Le Français Adam Siao Him Fa, 19ème après le court, décroche le bronze avec un incroyable programme libre.

Nous avions laissé le même podium de danse que l’an dernier aux mêmes positions après le thème imposé et les couples se sont rendus coups pour coups sur le programme libre. Malgré une bonne danse imposée, les duos français ont un peu calé au programme libre. Chez les messieurs, si le prodige américain Ilia Malinin a illuminé le Centre Bell, le Français Adam Siao Him Fa fait forte impression et décroche le bronze.

Hommes : Adam Siao Him Fa virevoltant et récompensé

Adam Siao Him Fa, loin au classement à cause de son programme court raté, a tout donné sur la glace en n’ayant rien à perdre. « Je voulais terminer sur une bonne note » précise-t-il en entrevue. Et cela s’est vu rapidement. Fluide, rapide, précis, le Bordelais a montré tout son talent au Centre Bell, assez rempli pour l’occasion. Dans un programme riche et complet, le Français a passé ses quatre quadruples sauts sans problème. Il a même terminé son programme par un backflip. « J’ai fait mon boulot sur le programme, je pouvais m’amuser un peu pour moi, pour le public » ajoute-t-il. Même si c’est interdit, et que cela lui coûte quelques points, c’est sa marque de fabrique. Il l’avait déjà réalisé aux Championnats d’Europe.

J’ai mis du temps à passer à autre chose.

Le Bordelais a évidemment signé une magnifique prestation, acclamée intensément par le public. Connaisseur, ce dernier ne se trompe pas en reconnaissant le talent. En entrevue en sortie de glace, il est longuement revenu sur les dernières heures. « J’ai mis du temps à passer à autre chose » indique-t-il d’emblée. Il sait que la leçon qu’il a prise jeudi va lui servir. « Elle fait mal. Dans une carrière d’athlète, ça arrive à tout le monde ». Il dit également prendre l’exemple de Nathan Chen qui avait complètement raté son programme court aux JO 2018 avant d’être champion du monde puis champion olympique. Le Bordelais conclut en répondant à son coach qui l’a entraîné à être boxeur en entrant sur la glace : « Oui, c’était vraiment un combat contre moi-même ». Son programme libre laissait entrevoir une remontée au classement, nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Ilia Malinin au-dessus de la mélée

Après ce coup de tonnerre d’Adam Siao Him Fa, l’ambiance est un peu redescendue dans le Centre Bell pour les autres concurrents, comme si le public avait été abasourdi par ce qu’il venait de voir. Mais il faisait entendre sa voix et ses rugissements pour le combat de titans entre les prétendants au titre suprême. Et l’histoire s’est écrite devant les yeux des spectateurs médusés. Pourtant, fort de 30 points d’avance, le champion du monde en titre, Shoma Uno, craque et tombe dans son programme. Il termine derrière le Français, toujours en tête à ce moment-là ! Le Japonais ne fera pas la passe de trois comme sa compatriote la veille. C’est donc sûr, Adam Siao Him Fa sera médaillé, 14 ans après Brian Joubert à Turin en 2010. Restait alors à connaître le métal si les deux derniers candidats se ratent aussi.

Ce ne fut pas le cas. Le Japonais Yuma Kagiyama rend une copie propre. Il termine 2 points derrière le Tricolore pour le libre, mais l’avance du court le met en tête de l’événement. Et l’apothéose était encore à venir. L’Américain Ilia Malinin a touché au sublime pour son programme. Six quadruples, dont un quadruple Axel, tout parfaitement maîtrisé et exécuté et c’est un record du monde du libre pour le jeune gamin de Faifax. Il est juste injouable et met 24 points à son poursuivant direct ! Il est tout simplement au-dessus de tout le monde, le meilleur sur les deux jours. Si l’Américain est record ce samedi soir, Adam Siao Him Fa écrit aussi l’histoire en étant le premier à remonter de la 19ème place à la 3ème. Cela rappelle la remontée de la Russe Alexandra Trusova de la 12ème à la 3ème place en 2021 à Stockholm.





Réactions

Ilia Malinin : « C’est dur d’expliquer ce que j’ai fait pour préparer ce programme, mais c’est surtout croire en son entraînement pour être à 100%. C’est sur la glace que j’ai su que je tenterai le quadruple Axel. Mais je vais continuer de travailler, car mes adversaires ont fait de beaux programmes. Je connais Adam depuis quelques années, donc je savais qu’il pouvait être redoutable ».

Adam Siao Him Fa : « Cette compétition est faite de hauts et de bas et beaucoup d’émotions. Je n’imaginai pas gagner une médaille après le programme court. Je me suis juste concentré sur mon patinage dans le libre. Et la médaille me donne encore plus de motivation pour la suite. Et oui, j’ai cru que les 2 points de pénalité pourraient avoir de l’importance. Les 2h d’attente étaient très longues, mais c’était sympa de suivre les autres programmes. Et je n’ai réalisé que je serais médaillé que lorsque j’ai vu les points de Shoma Uno ».

Luc Economides satisfait

Sur un medley de Charlie Chaplin, Luc Economides bouge en rythme tel le personnage de Charlot, reprenant gimmicks et attitudes pour emmener le public avec lui. « J’ai fait quelques erreurs par-ci par-là sur ce programme libre, notamment un triple Axel que j’engage un peu trop pour un excès de confiance » dit-il en sortant de la glace. C’était un premier Mondial d’apprentissage pour lui. « J’ai montré que je pouvais être à un niveau mondial » poursuit-il. Le Normand conclut sur des paroles de satisfaction : « Je suis content qu’on me fasse confiance pour ces gros événements. Et sur l’ensemble de la compétition, je suis content, car j’ai répondu présent et je n’ai jamais rien lâché ». Il termine 21ème finalement.

Danse sur glace : Les Américains au-dessus, les Canadiens argentés à domicile

Avec l’enjeu et leur positionnement dans le groupe, les Français Loïcia Demougeot et Théo Le Mercier n’ont pas forcément patiné de manière fluide et détendue comme ils en ont l’habitude. Ils avoueront eux-mêmes en interview qu’ils étaient très stressés. « On a tenu debout, mais ce n’était pas suffisant », glissera même Théo Le Mercier. « Avec ce qu’on fait, on ne pouvait pas espérer mieux » rajoutera-t-il ensuite. Sa partenaire précise « qu’ils ont dû calmer le jeu pour être assez propre, au risque de faire des erreurs ». Loïcia Demougeot complète : « Ça a moins transmis ce que ça avait transmis aux Europe au niveau des émotions, de la puissance ». Ils restent cependant contents de terminer sur cette note-là, même si leur entraîneur n’était pas tout à fait d’accord avec eux. Karine Arribert-Narce indique que pour elle : « Ils avaient peur, car ils avaient un objectif qui n’était pas le mien. Donc c’était un petit libre ».

Pour l’autre duo français, la frustration était aussi le maître mot. Avec une série de pas d’une difficulté moindre que d’habitude, Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud perdent une place au final pour terminer 8ᵉ. « C’était un petit peu stressant. J’essayais de penser : pas tromper, pas tromper, mais j’ai quand même un petit peu pensé et je pensais performance » soulignait la jeune femme d’origine russe. L’état d’esprit de son partenaire était plutôt à l’opposé : « J’ai pris ma pause et j’ai arrêté de penser, On va faire ce qu’on sait faire de toute façon. Et je me suis vraiment amusé sur ce programme ». Mais le résultat serré avec les Lituaniens et les Américains est un motif de satisfaction tout même. Un cap semble passé pour le duo. En effet, ils passent les 80 points en danse, 120 en libre et 200 au total, un bilan positif pour l’avenir. « On a l’avantage d’être jeunes et on se pousse avec les autres teams, donc c’est positif. J’ose espérer que tout le monde a vu qu’on avait avancé sur les choses qu’on avait demandé d’avancer », rajoute Geoffrey Brissaud. La France aura de nouveau deux duos l’an prochain à Boston.

Pour les autres couples, le final a été à suspense, comme prévu. Si les Américains Madison Chock et Evan Bates ont encore épaté le public sur la bande sonore de Dark Side of the moon des Pink Floyd. Avec l’avance suite au programme court, ils confirment leur titre de l’an dernier. Il s’agit de leur 5ème médaille mondiale, un record pour une équipe américaine dans cette discipline. Si le titre leur semblait promis, le duel pour la médaille d’argent a été serré jusqu’au bout. Si les Italiens Charlène Guignard et Marco Fabbri, vice-champions du monde en 2023, avaient réalisé un beau programme, leurs adversaires canadiens ont été brillants. Porté par la foule, acquise à sa cause, le tandem Piper Gilles/Paul Poirier a virevolté sur le glaçon et a transformé le bronze obtenu au Japon en argent, pour le grand bonheur des supporters locaux, bruyants et euphoriques.

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