Naim Street, vice-champion du monde de World Chase Tag, défie la loi de la gravité
Originaire de Roubaix, Naim Street pratique le parkour depuis l’adolescence. Entre freerun, speedrun et Chase Tag, l’athlète de 31 ans est aujourd’hui une figure mondiale de sa discipline.
« Aller le plus vite d’un point A à un point B. » Si cette définition est celle de sa discipline, pour Naim, c’est celle qui illustre sa vie. Plus connu sous le nom de Naim Street, le Roubaisien est aujourd’hui une figure internationale de ce que l’on appelle le Chase Tag, un dérivé du jeu du chat. Avec l’équipe Parkour 59, basée à La Free’ch de Roubaix, Naim chasse les têtes de gondole de cette discipline.
Tout commence il y a 16 ans pour Naim. Très mobile, le jeune homme joue souvent au loup avec ses amis. « Un jour, un jeune garçon me demande si je pratique le parkour », explique Naim. « Il m’a expliqué, j’ai fait des recherches, et finalement, je me suis rendu compte que j’en faisais déjà. » Tout naturellement, le jeune homme devient passionné et amoureux de sa discipline. « Le parkour c’est du partage, c’est de l’entraide et de la solidarité », partage-t-il.
Une référence du Chase Tag
Urbex, freerun, speedrun… Dans le parkour, les disciplines sont multiples. Même si le Roubaisien est un adepte de ces dernières, c’est bien dans le Chase Tag qu’il excelle aujourd’hui.
Cette discipline, créée en 2012 par les frères Devaux, en Angleterre, est un dérivé du jeu du chat. Au sein d’une structure de 12 mètres sur 12, semée d’obstacles en fer, deux équipes s’affrontent. Dans cet espace, appelé Quad, « le chat a 20 secondes pour attraper la souris », explique Naim. « Si elle parvient à s’échapper, elle rapporte un point à son équipe ».
Capitaine de l’équipe Parkour 59, Naim a affronté, en mai 2022, les meilleures équipes du monde, à Londres, lors des derniers championnats du monde. Malgré le niveau redoutable des équipes présentes, le collectif Roubaisien s’est hissé en finale avant de tomber face à l’équipe APEX ETH, une équipe référence de la discipline. Vice-champions du monde, les Nordistes font de plus en plus parler d’eux et promeuvent le Chase Tag dans l’hexagone.
Un sport de plus en plus visible
Autrefois décrié et mal aimé, le parkour a changé d’image aujourd’hui. Cette pratique urbaine était autrefois critiquée pour abimer le mobilier urbain. « Avant le sport était mal vu, jugé comme dégradant, on nous voyait comme des cambrioleurs… Ça n’a jamais été le but. »
Selon Naim, ces dernières années, la médiatisation du sport a changé la donne. « A force d’en parler le parkour a pris de plus en plus de place », explique-t-il. « C’est pour cela qu’aujourd’hui on a des salles encadrées comme chez parkour 59. » Même si ce changement d’image a été un long chemin de croix, le sport entre dans une ère nouvelle, où de plus en plus de jeunes sont tentés de venir s’entraîner. A la Free’ch, ils sont plusieurs dizaines à découvrir le sport en espérant, pourquoi pas, prendre un jour la relève de leurs ainés.
Lorsque l’on parle de parkour à Naim, son visage s’illumine. Chaque fois qu’il enfile les baskets un sentiment de liberté mélangé à de l’adrénaline parcourt son corps. Ce sont ces sensations que Naim recherche. «Ce qui me plait dans le parkour c’est la hauteur, le contrôle de soi et la sensation forte que tu as quand tu passes un obstacle dans les airs. »
« Ne jamais être seul »
Hauteur, obstacles difficiles, blessures… Le parkour est un sport où le danger est omniprésent. Naim peut d’ailleurs en témoigner. « Un dérapage est vite arrivé, que tu coures, que tu sautes, tu peux toujours tomber, te faire mal ». C’est pourquoi Naim rappelle les fondamentaux. « La première règle du parkour c’est de ne jamais être seul », conseille le capitaine de Parkour 59. « C’est important en cas de blessure d’avoir quelqu’un qui peut appeler les urgences et aider. »
Cependant, ce sentiment de peur qui envahit Naim avant un obstacle est toujours présent et primordial. « Il y a toujours de la peur », explique-t-il. « En hauteur, c’est encore plus dangereux alors tu réfléchis encore plus. C’est cette peur qui permet aussi de rester tout le temps vigilant. »
Malgré les risques, Naim rappelle les valeurs de son sport. Avant le danger, l’entraide et la solidarité sont les principaux points à ne pas négliger. « On fait beaucoup de rencontres, on bouge de gauche à droite en se rendant sur les compétitions. Il y a toujours un très bon état d’esprit. C’est comme une famille, presque tout le monde se connait. »
« Je ne peux pas vivre du parkour »
Même si sa passion le transporte, Naim ne peut en vivre malgré cette casquette de référence du Chase Tag. A la recherche d’un emploi, l’athlète roubaisien s’occupe tous les jours de sa famille. « Je ne peux pas vivre du parkour. D’ailleurs, très peu en vivent. Il y a certaines compétitions où il y a des récompenses financières, mais c’est plutôt rare et de très petite quantité. C’est réservé aux meilleurs. »
Cependant, même s’il ne peut en vivre, Naim ne peut vivre sans parkour. Même en voyage, le principal est de découvrir les endroits cachés, pas de se reposer. « Quand je pars, c’est très peu de sommeil mais beaucoup de découverte. On veut grimper, découvrir les endroits cachés, les hauteurs. Je ne peux pas m’en empêcher, c’est naturel. »


