NBA : À l’heure du « In-Season Tournament », la question du nombre de matchs se pose
NBA 2023/24 – Dans la nuit de vendredi à samedi, débutait la grande nouveauté de la NBA : le « In-Season Tournament », un tournoi à part, mais intégré à la saison. Une nouvelle initiative visant à raviver l’intérêt pour la saison régulière, délaissée par les fans qui préfèrent les playoffs. Mais celle-ci semble déconnectée des besoins des équipes et des joueurs, qui militent plutôt pour un raccourcissement du nombre de matchs afin de préserver la santé de ces derniers.
Un tournoi avec une phase de poules en quatre matchs et des phases finales à élimination directe à partir des quarts de finale. Le tout intégré entre le 3 novembre et le 9 décembre, avec des matchs comptant aussi pour la saison régulière. Voilà, en somme, ce qu’est le « In-Season Tournament », nouveauté de la NBA pour cette saison 2023/24. Pour l’occasion, des nouveaux parquets étincelant de couleurs ont été installés. Ils ont été dévoilés au grand jour lors des premiers matchs du tournoi, disputés dans la nuit de vendredi à samedi.
👀🔥 Alors : ils vous ont plu ces nouveaux parquets 𝘂𝘁𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲́𝘀 𝘀𝗽𝗲́𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 pour la « NBA Cup » ? pic.twitter.com/x6XhzJj44q
— Basket USA 🏀 (@basketusa) November 4, 2023
Ce tournoi est une nouvelle preuve que la NBA cherche constamment à se renouveler. Cette fois, après l’introduction du play-in tournament qui a redynamisé la fin de saison régulière, c’est le début de saison qui est visé. Mais si le public pourra être ravi de cette nouveauté, quid des joueurs ? Ces derniers jours, certains ont avoué avoir du mal à comprendre l’intérêt de ce tournoi, ni même son fonctionnement. La NBA a d’ailleurs ajouté a posteriori des récompenses financières pour les vainqueurs, afin d’avoir une plus grande implication des joueurs et coachs. Mais ces derniers aimeraient plutôt que soit amené sur la table la question du nombre de matchs.
La tradition des 82 matchs fait débat
Depuis 1967, la saison NBA se joue en 82 matchs. C’est une tradition qui n’a aucun équivalent dans les autres grandes ligues de basket. En France par exemple, une équipe joue 34 matchs de championnat par saison, auxquels peuvent s’ajouter les playoffs et des compétitions européennes. Monaco, l’équipe qui a disputé le plus de matchs la saison dernière entre la Betclic Élite et l’EuroLigue, n’en a joué que 68 de saison régulière. Sur une saison pourtant encore plus étendue dans le temps que la NBA. Ce choix de la grande ligue américaine peut surtout s’expliquer par des arguments économiques. Une telle quantité de matchs est importante pour les revenus de la ligue, notamment ceux issus de la télévision et du remplissage des salles.
Mais du côté des autres acteurs, la donne est différente. Le média américain The Athletic a proposé un sondage à ses lecteurs pour savoir ce qu’ils voulaient voir changer en NBA. La proposition la plus votée était de passer à une saison à 72 matchs. Une proposition partagée par le coach des Golden State Warriors Steve Kerr, rapporté par Basket Session : « Je crois fermement que la saison devrait être plus courte. Réduire le nombre de matches à 72 serait excellent pour la NBA. Nous avons besoin de plus de repos, parce que nous avons trop de matches à l’heure actuelle. Nous pourrions avoir un meilleur produit et une meilleure ligue si nous réduisions le calendrier. »
Steve Kerr : « Je crois fermement que la saison devrait être plus courte. Réduire le nombre de matches à 72 serait excellent pour la NBA. »
« Nous avons besoin de plus de repos. Nous avons trop de matches à l’heure actuelle. Nous pourrions avoir un meilleur produit et une… pic.twitter.com/6KzuDvASmj
— Benjamin Moubèche (@BenjaminMoubech) November 3, 2023
L’argument principal est donc qu’il vaut mieux 72 matchs à très haute intensité et avec les stars présentes à chaque match, plutôt que 82 matchs à moyenne intensité avec des effectifs décimés. En d’autres termes, la qualité plutôt que la quantité. Les joueurs, pour la plupart, ne se plaignent pas de ce format à 82 matchs. Même si cela est épuisant pour leurs organismes. Alors ce sont plutôt leurs franchises qui les protègent à leur place.
Le « load management » devenu légion
La saison dernière, seulement 10 joueurs ont joué l’entièreté des 82 matchs – soit moins de 2% des effectifs. Ce en grande partie à cause du « load management. » Une stratégie partiellement assumée par les franchises qui consiste à reposer les joueurs stars à intervalles réguliers pendant la saison régulière, afin qu’ils évitent les blessures et gardent de l’énergie pour les playoffs. Les Spurs ont été les premiers à instaurer ça, notamment avec Tony Parker, Tim Duncan ou encore Kawhi Leonard. Mais cette stratégie est une vraie menace économique pour la NBA. Celle-ci a largement misé sur ses joueurs stars dans sa stratégie communicationnelle et marketing pour attirer du public. Il est donc très important qu’ils jouent chaque soir, pour ne pas décevoir les fans.
Alors cette saison, la ligue a pris des mesures drastiques, expliquées dans la deuxième partie de cet article. Mais celles-ci n’ont pas vraiment pris. Dès les premiers matchs de cette nouvelle saison, les franchises ont usé de subterfuges pour reposer leurs stars. Il semble impossible de régler ce problème de load management tant que les saisons dureront 82 matchs. La santé des joueurs passera toujours avant le reste pour les franchises. La NBA a pourtant récemment réaffirmé sa volonté de garder ce format. Mais le sujet sera sans nul doute à l’étude lors de la prochaine période de négociation du contrat liant la NBA et les chaînes TV, qui court jusqu’à la saison 2024/25. Ces négociations s’annoncent selon des observateurs comme « les plus compliquées de l’histoire. »
« You’re making $30M, $40M, $50M to play basketball … if you can play, shut the hell up and play.”
Chuck not holding back on load management 😳 pic.twitter.com/s9bQo7J4d9
— Bleacher Report (@BleacherReport) October 24, 2023


