NHL : 700ème rugissante pour Pierre-Édouard Bellemare
NHL – C’est ce jeudi soir, sur la glace de Saint Paul contre le Wild du Minnesota, que le Français, originaire du Blanc-Mesnil, Pierre-Édouard Bellemare a atteint le cap des 700 matchs en NHL. Retour sur sa carrière dans la grande ligue.
Dix ans. Voilà bientôt 10 ans que Pierre-Édouard Bellemare traîne crosses et patins à travers les États-Unis et le Canada. Arrivé sur le tard en Amérique du Nord, à 29 ans, il continue de performer depuis en NHL. Attaquant défensif reconnu, et très utile en infériorité numérique, le gaucher français s’est fait un nom. S’il n’a pas marqué de points sur la glace du Wild, le numéro 41 des Krakens de Seattle avait fait une assistance pour sa 699ème partie à Winnipeg.
Un début chez les Flyers de Philadelphie
C’est le 11 juin 2014 que PEB débarque en Pennsylvanie. Il rejoint alors le seul français encore présent depuis le départ de Cristobal Huet : Antoine Roussel, qui évolue chez les Stars de Dallas depuis deux saisons. Déjà important en équipe de France, c’est notamment sous le maillot tricolore que le natif du Blanc-Mesnil se fait repérer par les scouts de la NHL. En plus de ses performances aux championnats du monde, avec le but victorieux des Bleus contre le Canada en tirs de barrage en 2014, l’ancien Rouennais se fait une belle place en élite suédoise, championnat réputé du Vieux-Continent. Si une blessure le prive d’arriver en 2013 en NHL, Bellemare atterrit à Philadelphie pour le début de la saison 2014-2015, surtout pour découvrir et apprendre, ne sachant pas s’il y fera long feu. Mais son abnégation et son implication quotidiennes lui octroient vite du temps de jeu.
S’il n’est pas un gros scoreur comme les vedettes Crosby, Ovechkin ou McDavid, Pierre-Édouard Bellemare démontre une belle intelligence de jeu et devient progressivement un atout lors des infériorités numériques de ses équipes. Il ne reste que 3 ans chez les Flyers avec environ 13 minutes de jeu par match et une seule participation en playoffs, en 2016. Mais il est apprécié dans l’équipe et le vestiaire au point de devenir « assistant capitaine » lors de sa dernière année chez les Flyers.
La belle histoire à Vegas
Malgré ses qualités, il n’est pas protégé par son équipe lors du repêchage d’expansion en 2017 avec la création des Golden Knights de Las Vegas. Et un joueur comme lui est une aubaine pour une nouvelle franchise. Voilà donc le natif du Blanc-Mesnil embarqué dans la magnifique aventure, dans la ville du vice. Avec 16 points, il contribue, à sa manière, à la qualification historique de l’équipe. Mieux encore, les chevaliers dorés atteignent même la finale NHL mais sont défaits par les Capitals de Washington. Il est alors le 2ᵉ français à disputer une ronde finale pour le titre après Cristobal Huet, vainqueur en 2010. Et l’aventure dans le Nevada se poursuit pour une deuxième saison, avec, là encore, le « A » sur le chandail, preuve une nouvelle fois de son impact et son importance dans l’équipe, au-delà des statistiques pures. Mais il fait encore une fois ses valises. Il quitte le désert pour les montagnes du Colorado.
Ses meilleures saisons
C’est en 2019-2020 que Bellemare atteint son plus haut niveau de points avec 22 unités, et est toujours aussi utile dans son unité spéciale. Malgré de petites statistiques pour un attaquant, il est toujours présent et apprécié, que ce soit de ses coéquipiers ou de ses supporters. Lilian, fan des Colorado Avalanches, souligne sa bonne humeur et son talent pour remporter les engagements.
Pour moi, Bellemare était important dans cette franchise, rien que pour sa bonne humeur et l’ambiance qu’il mettait dans le vestiaire. Sur la glace, il était très bon, surtout sur les engagements. Après, ce n’était pas Crosby, mais il était franchement très bon et très apprécié de tous, que ce soit en tribunes et dans le vestiaire.
Il quitte finalement le Colorado en 2021, après une saison plus compliquée, pour rejoindre le double champion en titre : le Lightning de Tampa Bay. Avec l’objectif de la passe de 3, le Français se dit que c’est une belle occasion d’avoir le trophée en fin de saison. Là encore, il parvient à se rendre indispensable et continue de scorer une dizaine de points dans la saison. Il goûte encore aux joies d’une finale NHL, contre ses anciens partenaires de Denver, en 2022, mais le résultat est identique à 2018, et la Coupe Stanley ne refera pas le voyage en France.
La fin chez les Krakens ?
S’il fait encore une saison correcte en Floride, éliminé par Toronto en playoffs, il retourne dans la Conférence Ouest chez les Krakens de Seattle. Encore une jeune franchise, créée depuis peu. Elle reste d’ailleurs sur un beau parcours en post-season et l’objectif d’y retourner est clair pour l’équipe de l’état de Washington. Las, un mauvais début de saison, et des blessures, plombe les résultats, et le match au Minnesota de jeudi soir était le dernier avant l’an prochain. Et le 700ème de Pierre-Édouard Bellemare, qui termine la saison avec 40 matchs, quatre buts et 7 points. S’il ne sait pas encore ce qu’il fera l’an prochain, il va se consacrer aux Bleus cet été, comme toujours. Entre le Mondial en République Tchèque et le tournoi de qualification olympique pour Milan 2026, ses derniers objectifs sont encore bien présents.
Tonight marks Pierre-Edouard Bellemare’s 700th @NHL game.
Congrats, Pierre! pic.twitter.com/J5IzFKxiY1
— Seattle Kraken PR (@SeattleKrakenPR) April 18, 2024
Par son profil et son jeu, il n’est évidemment pas le Tricolore le plus prolifique, puisque Antoine Roussel a compilé presque 200 poins contre 138 à PEB, mais ce dernier a su se rendre intéressant pour les franchises dans les tâches défensives, et pas seulement pour des équipes de fond de classement. Sa joie de vivre et son travail acharné lui ont permis cette longévité de 10 ans et 700 matchs de saison régulière. Infatigable travailleur, parfois assistant capitaine, souvent cantonné au 4ème, voire au 3ème trio, il ne se plaint jamais et voit ses efforts récompensés. Pour terminer, quelques statistiques : 700 matchs, 138 points (64 buts), 4 buts gagnants, 12:33 de présence en moyenne sur la glace et 51.5% de mises au jeu remportées en saison régulière.


