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Olympique Lyonnais vs Montpellier : le respect de la hiérarchie, mais jusqu’à quand ?

Publié le

Retour du championnat, et fin des scores fleuves. Contre Montpellier, les 10 et 20 zéros semblaient loin, Lyon triomphe par un but d’écart (2-1) d’une formation héraultaise qui aura dû par deux fois être piquée pour réagir. Du suspens, enfin !

Lorsque le coup de sifflet final a retenti, hier, pour la première fois depuis le début de cette saison 2017-2018, j’ai regretté que la troisième mi-temps se déroule hors terrain. Enfin les Montpelliéraines avaient confiance, enfin les Montpelliéraines existaient, et, si l’on avait poussé un peu plus loin, dans cette nuit lyonnaise glaciale, qui sait, peut-être aurait-on vu une égalisation, un coup du chapeau de Marozsan, ou peut-être les deux.

Que retenir de ce « choc » où à la fin Lyon gagne toujours ?

Amandine Henry, la warrior combattante de Marinette Pichon

Côté tribunes, des blessées de taille. Wendie Renard, la capitaine, Ada Hegerberg, meilleure buteuse. Côté tribunes, du beau monde aussi. Jean-Michel Aulas, supporter en chef devant l’Eternel, Corinne Diacre, la sélectionneuse des Bleues, qui, pour un peu, avait sous les yeux son onze titulaire, entre les talents lyonnais qu’on ne présente plus, et héraultais, dont on devrait parler davantage. Amandine Henry, aujourd’hui nous le savons, restera toujours Amandine Henry, cette joueuse exceptionnelle une « warrior combattante » selon Marinette Pichon, élégante en jeu court, lumineuse en jeu long, une ampoule 100 000 volts qui vous éclaire un milieu de terrain. Ajoutez Marozsan, et ses airs de ne pas y toucher quand elle vous frappe un coup franc qu’elle expédie en pleine lucarne, Amel Majri, qui semble posséder le don d’ubiquité, Lucy Bronze, Selma Bacha qui savent toujours faire quelque chose d’intelligent avec la balle, vous comprendrez pourquoi cette équipe lyonnaise est une fête.

Mais…

Mais les Montpelliéraines ne sont pas troisièmes pour rien, elles ont des arguments. Comme de grandes adolescentes, elles ont besoin de prendre leurs marques face à une équipe qu’elles savent supérieure. Elles aussi ont des taulières, des Janice Cayman, et des feux follets. Marie-Charlotte Léger, maligne comme c’est pas permis, Sakina Karchaoui, qui compte et comptera en équipe de France, une gardienne Méline Gérard à qui on ne la fait pas, une Marion Torrent qui s’est toujours reprise après s’être fait surprendre. Le championnat des filles ne sera pas toujours voué à des matchs sans enjeux. Le match d’hier l’a prouvé.

Les déferlantes lyonnaises

Pourtant, ca commençait comme d’habitude. Lyon prenait ses quartiers dans la moitié de terrain montpelliéraine, les orange et bleu se démenaient pour tenter de colmater les brèches d’une digue sur le point de céder. Première mi-temps, leur principale occupation, sauver ce qui peut l’être : Janice Cayman, Marion Torrent, la gardienne Méline Gérard, les milieues, le duo d’attaque suédois, tout le monde pour tenter de contenir l’avalanche de corners, de tirs, de combinaisons, de dribles. Et Sarah Bouhaddi, la gardienne lyonnaise, qui devait se geler, là-bas, solitaire, dans ses buts bien vides. A ce stade, si je n’ai pas encore parlé d’Eugénie Le Sommer, c’est qu’elle a joué sa partition, mais avec quelques fausses notes, comme cette frappe immanquable et pourtant manquée sur un service au cordeau de Maroszan (25ème).

Toute la première période, déferlantes lyonnaises, mais toujours un brin au-dessus, à côté, un crampon, une cuisse, une approximation, jusqu’à… jusqu’à ce que Maroszan prenne les choses en main, et trompe Méline Gérard sur une passe traversante d’Eugénie Le Sommer (1-0, 43ème).

Consignes de coach

Au retour des vestiaires, peu de suspens sur les consignes des coachs :
– Lyon : attaque attaque attaque !
– Montpellier : musclez votre jeu !

C’est alors que le match, parti pour être une copie conforme de la première mi-temps, s’est doucement équilibré. Montpellier est allé tâter de la Lyonnaise, comme ça, juste pour voir ce que ça leur faisait lorsqu’on s’aventure sur leur moitié de terrain. Punition immédiate. La bande à Maroszan, elle te calme tout de suite : un superbe une deux avec le Sommer, une frappe hors de la surface, qui, vicieuse, fait mine de rentrer pour ressortir (63ème), salve de corners (64, 65’), pour aboutir, en toute logique, au doublé : sur un coup franc obtenu côté gauche, l’Allemande en délicatesse, comme par inadvertance, lobe Méline Gérard (2-0, 68ème).

Gare à l’Occitane piquée

On aurait pu croire l’affaire pliée. C’est qu’une Occitane, tu la piques deux fois, mais pas trois. Le dernier quart d’heure de jeu fut ce qu’on aurait aimé voir depuis le début. C’est comme s’il y avait une vendetta sur Bouhaddi. La gardienne lyonnaise qui n’avait rien eu à faire si ce n’est trouver une manière de ne pas finir congelée, s’est trouvée soudainement au cœur de la mitraille (72 et 73ème), puis rebelote dix minutes plus tard, cela fit mouche : sur un coup franc de l’excellente Karchaoui, la capitaine Sembrant marquait de la tête et obligeait Bouhaddi à aller chercher un ballon dans ses filets, pour la première fois, depuis… septembre 2017.

Elles crurent, les Montpelliéraines, nous crûmes aussi, à la 93ème, à la 94ème, qu’un petit miracle se produirait sur la pelouse chauffée du Groupama Stadium. Elles furent trop maladroites, pêchant par jeunesse, ou manque de lucidité. N’occupe pas qui veut la première place du classement.
Les Lyonnaises sont au-dessus, cela va sans dire, mais qu’il est bon de les voir se battre pour préserver un résultat. Un jour, peut-être, elles se battront pour revenir au score. Ce n’est pas demain la veille.

Camille Cordouan

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