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Cyclisme sur route

Qu’est devenu Riley Sheehan, vainqueur surprise de Paris-Tours 2023 ?

Théo Gripon Auer

Publié le

Qu’est devenu Riley Sheehan, vainqueur de Paris-Tours 2023
Photo Icon Sport

PARIS-TOURS – Souvenez-vous. Il y a un an, sur l’Avenue de Grammont, un jeune stagiaire de l’équipe Israel-Premier Tech créait la surprise en s’imposant au sprint devant Lewis Askey, Tobias Halland Johannessen et Joris Delbove. Quatre fuyards qui avaient résisté au retour du peloton dans les ultimes kilomètres. À tout juste 23 ans, Riley Sheehan décrochait la plus prestigieuse victoire de sa carrière et s’ouvrait les portes du monde professionnel.

Un mois après son exploit, sa formation Israel-Premier Tech lui faisait signer son premier contrat professionnel, d’une durée de trois ans. La saison 2023 s’achevait, Riley Sheehan s’accordait un repos mérité avant de préparer l’année 2024 par un stage du côté de Marbella, en Espagne.

Les traditionnels tests d’effort faits, l’entraînement en altitude religieusement effectué et les nouvelles tenues dévoilées, Riley Sheehan lançait sa saison au pays de son premier succès, sur les routes du Tour de La Provence. Le coureur américain se classait 6e de la troisième étape avant d’abandonner le lendemain matin. Malade, il quittait le Tour de La Provence juste avant la dernière étape, alors qu’il figurait à la 4e place du classement général, à une petite seconde du maillot blanc de meilleur jeune que détenait Ewen Costiou. Des premiers tours de roue prometteurs.

La découverte des classiques printanières

Au cours d’une interview pour CyclingNews parue à la fin du mois de février, Riley Sheehan dévoilait son amour pour les classiques printanières. Lui, qui admirait Tom Boonen durant son enfance, allait enfin pouvoir rouler sur les monts et pavés qui firent la renommée du Belge aux sept Monuments.

Le 24 février, il découvrait la chaude ambiance des classiques flandriennes à l’occasion du Circuit Het-Nieuwsblad qu’il abandonnait. Le lendemain, Riley Sheehan prenait la 37e place de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, franchissant la ligne parmi le peloton qui se jouait les places d’honneur derrière le trio de tête réglé par Wout Van Aert.

Un détour en Italie lui permettait de découvrir les Strade Bianche et Milan-Turin, puis de se retrouver au départ de son premier Monument, Milan-San Remo. Mis au service de ses leaders Corbin Strong et Simon Clarke, Riley Sheehan franchissait la ligne en milieu de peloton, à une anonyme 107e place.

De retour en Belgique, le coureur américain démontrait de bonnes aptitudes sur les monts pavés en se classant respectivement 23e et 25e de l’E3 Saxo Classic et d’À Travers la Flandre. À la fin du mois de mars, Riley Sheehan accrochait une très belle 13e place sur le Tour des Flandres. Relégué à deux minutes du lauréat Mathieu van der Poel, il réglait au sprint le second groupe de chasse constitué, entre autres, d’excellents coureurs de classique tels Matteo Trentin, Tiesj Benoot, Valentin Madouas et Yves Lampaert. Satisfait de ce résultat prometteur, il révélait au micro de GCN « adorer ces courses chaotiques et brutales ».





La semaine suivante, sa première expérience sur les pavés de l’Enfer du Nord fut moins une réussite. Au courage, il franchissait la ligne d’arrivée en 75e place, douze minutes après l’inépuisable Mathieu van der Poel. Les classiques flandriennes s’achevaient ainsi, Riley Sheehan en profitait pour souffler un peu avant de retourner aux affaires à la fin du mois d’avril.

Un premier podium en World Tour

Et quel retour ! En l’espace d’une semaine, le jeune Américain enchaînait trois top 5. Une 4e place sur la Famenne Ardenne Classic remportée par Arnaud De Lie, puis un premier podium en World Tour en prenant la 3e place d’Eschborn-Francfort, le 1er mai. Enfermé dans les derniers hectomètres de la course, Riley Sheehan parvenait à se frayer un chemin à 100 m de l’arrivée, lançait son sprint et revenait tel un boulet de canon sur la tête de course. Derrière Maxim Van Gils et Alex Aranburu, le coureur de la formation Israel – Premier Tech accrochait la 3e place.

Quatre jours plus tard, sur le Tro Bro Leon, Riley Sheehan domptait les ribinoù et passait sous la flamme rouge au sein d’un groupe de huit coureurs qui allaient se jouer la victoire. Comme sur la Famenne Ardenne Classic, Arnaud De Lie réglait aisément le sprint. L’Américain prenait la 4e place, battu par Clément Venturini et Pierre Gautherat.

La suite de sa saison, Riley Sheehan la poursuivait sur les routes des 4 Jours de Dunkerque et du Tour de Belgique en juin, durant lequel il prenait une nouvelle 4e place sur la 4e étape. Pendant qu’une partie du peloton international clôturait leur préparation avant le départ de la Grande Boucle donné en Italie, Riley Sheehan s’offrait quelques jours de repos avant de se tourner vers son objectif majeur de cette seconde moitié de saison : une première participation en grand tour, sur les terres ibériques.

Au départ de la Vuelta

Après un stage de préparation réalisé en Andorre en compagnie de ses équipiers, Riley Sheehan se testait sur la Clasica San Sebastian avant de prendre la direction de Lisbonne, lieu de départ du troisième et dernier grand tour de la saison.

Cantonné à un rôle de coéquipier pour épauler Michael Woods et George Bennett dans leur quête de victoire d’étape, le coureur américain eut l’opportunité de se glisser dans quelques échappées lors d’étapes de montagne, sans pour autant rencontrer le succès espéré. Pour sa première participation à un grand tour, Riley Sheehan eut le mérite de terminer le Tour d’Espagne, loin, très loin du vainqueur Primoz Roglič au classement général.

De retour en Belgique au mois de septembre pour disputer le Grand Prix de Wallonie et le Super 8 Classic, Riley Sheehan apprenait qu’il était convoqué par la fédération américaine pour disputer la course en ligne des championnats du monde de cyclisme sur route. Une course éreintante qu’il abandonnait à 100 km de l’arrivée, pendant que ses coéquipiers Quinn Simmons, Brandon McNulty et Kevin Vermaerke terminaient tous les trois dans le top 20.

Vers un nouvel exploit sur Paris-Tours ?

À quelques heures du départ de l’une des dernières classiques de la saison, Riley Sheehan compte déjà 55 jours de course en 2024, dont trois Monuments et un grand tour. Un calendrier chargé, qui pourrait peser sur sa fraîcheur du moment.

Surtout que le natif du Colorado aura, face à lui, une féroce concurrence. L’édition 2024 de Paris-Tours accueille un plateau très relevé de sprinteurs. Arnaud De Lie, Mads Pedersen, Jasper Philipsen, Arnaud Démare ou encore Christophe Laporte ont tous à cœur de clore leur saison 2024 de la plus belle des manières sur l’avenue de Grammont. Piégées l’année dernière, les formations de ces sprinteurs redoubleront de vigilance pour éviter qu’un ou plusieurs fuyards ne les privent d’un sprint victorieux. Mais qui sait. Dans le cyclisme, le scénario n’est jamais écrit à l’avance et la ruse de Riley Sheehan pourrait bien déjouer tous les plans et écœurer les sprinteurs, comme l’an passé.

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