Patinage artistique : Les enjeux de la saison 2022-2023
PATINAGE ARTISTIQUE – Mi-octobre, c’est l’heure de ressortir les pulls et les chocolats chauds. L’hiver s’installe et les sports de neige et de glace reprennent leurs droits. Cette semaine, c’est la saison de patinage artistique qui se lance, avec le début des Grands Prix. On vous explique tout !
L’organisation d’une saison de patinage artistique
On distingue deux grandes parties dans la saison : les Grands Prix, se déroulant d’octobre à décembre, et la saison des grands championnats, de janvier à mars. Les Grands Prix sont une série de six compétitions, à six endroits différents, avec une étape par semaine. Chaque patineur est assigné à un ou deux GP. Ils gagnent des points en fonction de leur place et les six meilleurs de chaque catégorie (hommes, femmes, couples, danse) participent à la finale du Grand Prix, qui sera cette année à Turin (Italie). De janvier à mars, on a les championnats d’Europe, les 4 Continents, qui regroupent tous les patineurs non-européens, et les championnats du monde, la plus grosse compétition de la saison.
Les inconnues post-olympiques
Les saisons post-olympiques sont connues pour être imprévisibles. Cela est dû aux nombreuses retraites après la fin d’une olympiade. On se retrouve avec un plateau complètement remanié, renforcé par l’absence des patineurs russes. Le patinage cherche ses prochaines stars, mais il en a déjà trouvé une en la personne d’Ilia Malinin. Le jeune Américain, du haut de ses 18 ans, a accompli un exploit majuscule il y a un mois : réussir un quadruple, saut extrêmement difficile que personne n’avait jamais fait avant. Même le double champion olympique Yuzuru Hanyu, qui a pris sa retraite cet été, n’avait pas pu le réussir en compétition.
HISTORY HAS BEEN MADE❗️
Ilia Malinin lands the first quad Axel in history 🤯 at the #USIntlClasic pic.twitter.com/rppq73tQ5v
— U.S. Figure Skating (@USFigureSkating) September 15, 2022
Malinin sera forcément à suivre et ce dès ce week-end, au Skate America. Avec les absences de Nathan Chen (champion olympique en titre) et la retraite d’Hanyu, on aurait pu s’attendre à une prise de pouvoir du Japonais Yuma Kagiyama, médaillé d’argent à Pékin. Mais ce sera pour plus tard, car il a déclaré forfait pour ses deux GP. Côté japonais, on se tournera donc du côté de Shoma Uno, qui devrait être un grand adversaire de Malinin.
Chez les dames, les Japonaises seront également les stars à suivre, avec la championne du monde en titre Kaori Sakamoto et sa compatriote Rika Kihira. L’absence des patineuses russes pèse forcément dans cette catégorie archi-dominée par Moscou, mais elle permet l’émergence de nouvelles patineuses, comme la Belge Loena Hendrickx, médaillée d’argent aux championnats du monde.
Très ouvert chez les couples
En couples, une des catégories les plus remaniées, il parait difficile de nommer de potentiels favoris. Les Chinois Peng Cheng / Jin Yang, longuement dans l’ombre des champions olympiques Sui / Han, seront des candidats très sérieux aux titres. Enfin, en danse, aucun des trois duos médaillés olympiques ne seront présents : Papadakis / Cizeron ont annoncé cet été faire une pause, les Russes Sinitsina / Katsalapov sont exclus pour les raisons que nous connaissons, et Hubbell / Donohue ont pris leur retraite. Leurs compatriotes américains Madison Chock et Evan Bates sont parmi les derniers rescapés de la dernière olympiade, tout comme les Canadiens Gilles / Poirier. On voit bien ces deux couples briller durant la saison.
Côté français
En l’absence de Papadakis et Cizeron, qui ont porté l’équipe de France toute la dernière olympiade, l’équipe de France a une place à se faire dans la hiérarchie mondiale. Les mieux placés sont sans conteste Kévin Aymoz et Adam Siao Him Fa, tous deux régulièrement dans le top 10 mondial. Si le premier s’est malheureusement blessé aux Masters début octobre, le second a brillé à cette même compétition, avec un programme libre crédité de 193.06 points, un score très haut mais à relativiser (les Masters sont une compétition française, où les juges notent généreusement).
Chez les dames, le Grand Prix de France accueillera le retour de la sextuple championne de France Maé-Bérénice Méité, après une longue blessure datant des Mondiaux 2021. Elle sera accompagnée de Léa Serna et Maia Mazzara, mais ce sera difficile d’exister dans les plus grandes compétitions internationales. En couple, Camille et Pavel Kovalev (8e aux Mondiaux 2022) porteront les espoirs français dans une catégorie qui cherche ses leaders. Enfin, en danse, Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud (9e aux championnats d’Europe 2022) auront la lourde tâche de continuer la tradition française en danse sur glace. On surveillera aussi Loicia Demougeot et Théo Le Mercier, qui avaient été en vue durant leurs années juniors.



