Paul Seixas : « Tadej Pogacar sera sur le déclin plus tôt que moi »
CYCLISME SUR ROUTE – Invité de l’émission Bistrot Vélo lundi soir, Paul Seixas a été interrogé sur le phénomène Tadej Pogacar. L’occasion pour lui de prouver son admiration, mais aussi sa volonté de challenger le Slovène. D’autant plus que son équipe Decathlon AG2R La Mondiale (future Decathlon CMA CGM) fait tout pour le mettre dans les meilleures conditions.
Certains garçons ne sont pas faits du même bois que les autres. Si l’on se doutait déjà l’année dernière du fait que Paul Seixas était un gamin particulier, la saison 2025 l’a confirmé. Son potentiel avait déjà été confirmé au fil de l’année, mais il a littéralement explosé au cours des trois dernières semaines. Alors qu’il a fêté ses 19 ans entre-temps, le prodige du cyclisme tricolore a été le meilleur Français aux championnats du monde (13ème). Puis, il s’est hissé sur le podium des championnats d’Europe, avant de boucler son année folle par une 7ème place sur le Tour de Lombardie.
« Tadej Pogacar reste une source d’inspiration »
Au-delà des résultats, le caractère du garçon fait également l’unanimité. Bosseur acharné et à l’écoute, il dégage déjà une sérénité sidérante à son âge, que ce soit pour ceux qui le côtoient au quotidien, ou dans les médias. Au point où la comparaison avec le cannibale actuel Tadej Pogacar ne cesse de revenir sur la table. Il faut dire qu’aux championnats d’Europe comme en Lombardie, le Français a été l’un des derniers à suivre son rythme. Invité de l’émission Bistrot Vélo sur Eurosport, Paul Seixas a affirmé son admiration, reconnaissant le chemin à parcourir pour arriver au niveau du Slovène :
Tadej Pogacar reste une source d’inspiration. Pouvoir courir avec lui est un honneur, il pousse le vélo vers le haut. On essaye tous d’apprendre comment il peut faire des exploits pareils même si c’est difficile de comprendre comment le battre. Le simple fait de pouvoir être là quand il attaque, c’est déjà intéressant. Le battre à la régulière, ce n’est pas pour tout de suite. On connaît les meilleures performances qu’il a faites. On va s’entrainer pour essayer de le battre, c’est ça le sport, mais il y a quand même de belles étapes à franchir avant.
Après s’être confronté au phénomène en cette fin d’année, le jeune français a pu, comme le reste du peloton, se rendre compte de la supériorité absolue du double champion du monde. De quoi lui donner un beau modèle à suivre pour atteindre ses objectifs élevés. « C’est un des coureurs les plus complets. Il est toujours prêt à gagner, peu importe le profil et le type d’effort. Entre deux minutes et une heure, c’est le meilleur sur tous les types d’efforts, c’est ça qui est assez dingue. C’est comme ça qu’on devient complet et qu’on peut un classement général. On essaye de comprendre comment il fait. Cette année, il était une jambe au-dessus, on verra l’année prochaine », annonce-t-il.

Battre Pogacar ? Oui, mais « quand il est à son niveau… »
Mais alors que le Slovène semble imbattable, cela veut-il dire que le Français est condamné à attendre le déclin du Slovène pour gagner des grandes courses ? Les deux hommes ont huit ans de différence. Ainsi, contrairement aux coureurs de la génération de Pogacar, qui sont frappés de plein fouet par cette domination gargantuesque, une fenêtre de tir s’ouvrira naturellement pour Seixas dans la deuxième partie de sa carrière. Néanmoins, le Français ne se fixe pas de limites, et compte bien essayer de titiller la star slovène.
L’écart d’âge est important donc ça veut dire qu’on n’est pas de la même génération. Si tout se passe bien, il sera sur le déclin plus tôt que moi. Mais après le but n’est pas de le battre quand il est sur le déclin, mais bien quand il est à son niveau. C’est son niveau qu’il faut avoir pour gagner les plus grandes courses. Ça parait loin puisqu’il y a tellement de caps à franchir pour atteindre ce niveau-là. Je préfère prendre du recul et me dire que j’ai encore du temps pour progresser. Ça ne sert à rien de dire qu’il faut que j’atteigne son niveau dans deux ans. Il faut que je progresse petit à petit, par paliers, pour être la meilleure version de moi-même.
Paul Seixas déjà consulté dans les décisions de l’équipe
Par ailleurs, Paul Seixas a également évoqué son rôle de leader attitré de l’équipe. Au cours des derniers mois, sa direction a affiché la volonté d’aller chercher un Tour de France avec lui dans les prochaines années. Une volonté qui s’est traduite par des signatures de poids ces dernières semaines, notamment celle de Matthew Riccitello, 5ème de la dernière Vuelta. « Quand on voit qu’il y a de très bons grimpeurs qui rejoignent l’équipe, ça donne envie de faire encore mieux, se félicite Paul Seixas. Ça va être vraiment intéressant pour les courses difficiles ».
Dans cette optique, le jeune coureur a donc pris de l’ampleur, et commence à être consulté sur le futur recrutement.
On commence déjà à parler avec Dominique (Seyries) de ce qu’il souhaite faire. Ce n’est pas moi qui décide, mais il me demande ce que je pense de tel ou tel coureur. C’est intéressant de voir ça ensemble, et c’est une marque de confiance de l’équipe.
Une donnée qui peut surprendre lorsqu’on parle d’un jeune coureur de 19 ans qui vient de terminer sa première saison professionnelle. Mais comme il le confirme mois après moi, Paul Seixas n’est pas un coureur ordinaire…



