Perche Élite Rouen 2024 : Margot Chevrier en quête de minima olympiques
ATHLÉTISME – Margot Chevrier est très régulière depuis le début de la saison hivernale. Au Perche Élite de Rouen, elle va convoiter les minima olympiques fixés à 4.73 m.
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Margot Chevrier, une régularité en 2024 jamais atteinte auparavant
Éric Cantona disait que les meilleures années des footballeurs étaient entre 26 et 30 ans. Le King a justement pris sa retraite à 30 ans, mais sa phrase devrait donner beaucoup d’espoirs à Margot Chevrier, qui a fêté ses 24 ans il y a à peine deux mois. Et dont la progression ne cesse d’être linéaire depuis sa grande révélation à l’hiver 2022. Cette année, pas encore de record personnel, mais une régularité absolument affolante. En sept concours, quatre ont été au moins une barre à 4.63 mètres. Avant l’année 2024, elle ne totalisait « que » sept concours à 4.60 m ou plus. Un vrai changement de cap durant l’hiver. Avec une performance de pointe à 4.66 m, lors de son sacre national à Miramas, le week-end dernier.
À Rouen, si la fatigue de Clermont (où elle a franchi ce jeudi 4.63 m) est évacuée, elle peut confirmer cette régularité. Et pourquoi pas aller chercher cette barre à 4.73 m, qui se refuse à elle depuis le début de l’hiver. Et qui serait synonyme de minima pour les Jeux Olympiques et de record personnel battu de deux centimètres. Un vrai poids en moins pour la Niçoise. Qui ne serait plus obligée de regarder le ranking, l’autre passage pour se qualifier pour les plus grands championnats. En sachant que, même si la perche féminine en France est forte, il est peu probable que quatre filles franchissent cette barre avant les JO.

Un niveau mondial exceptionnel chez les femmes
Avertie et attentive, Margot Chevrier sait que le niveau mondial de la perche est sensationnel depuis le début de l’hiver : « On se rend compte que cela n’a pas l’air d’être une année comme les autres. La progression de l’athlétisme français colle avec celle de l’athlétisme mondial. Quelle que soit la discipline, tout le monde est en feu. C’est une année particulière où on ne laisse rien au hasard. Les autres font des records, on attend et on sait qu’on peut avoir notre record », confie celle qui a remporté le Perche Élite de Rouen en 2023. Il est vrai, avec une concurrence bien moindre. 4.46 m avait alors suffi ! « Il est clair que certaines filles ont une maîtrise que je n’ai pas encore. Ce qu’elles font, c’est millimétré, voire mieux que le saut d’avant ».
Pour coller aux propos de la Française, sept femmes ont déjà franchi une barre à 4.80 m ou plus. Dont Alysha Newman, Molly Caudery et Wilma Murto qui seront de la partie ce vendredi soir. Une semaine avant les championnats du monde de Glasgow, Margot Chevrier aborde néanmoins ce concours avec envie et ambition, « une bonne place n’est pas hors de portée ».
Changement d’entraîneur pour Margot Chevrier
Un changement d’entraîneur dans le but de dompter cette barre à 4.73 m. « Il me manque encore de la régularité en fin de course, de sentir exactement ce que je fais à l’approche du butoir. Quand je suis trop près, je m’en rends compte quand j’ai la perche dans le butoir, c’est tard pour réagir. Et quand je suis trop loin, je le tente quand même, mais je n’ai pas les épaules assez solides pour assumer mon saut. Ce sont des réglages qui peuvent se mettre rapidement en place, comme mettre un peu plus de temps. On apprend aussi à se connaître avec Damiel », explique la perchiste.
En référence à sa collaboration, depuis le début de la saison, avec Damiel Dossevi, après avoir fait ses débuts et sauté pendant dix ans, avec Sébastien Reisdorffer. « On construit les fondations de la maison. Il ne reste plus qu’à mettre le toit », glisse Margot Chevrier, dans son style habituel. Avec une blague jamais très loin. Mais au bout de la piste d’élan, c’est du très sérieux !


