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Quartararo, Gasly, Alaphilippe, les Bleus disent non à la disette en 2020

Flo Ostermann

Publié le

Icon Sport

EDITO – Après le Moto GP et la F1, c’est au tour du cyclisme français de mettre fin à une disette de plus de 20 ans. En 2020, année si particulière, les Bleus ont décidé de conjurer le sort. Pour notre plus grand bonheur.

Ce 27 septembre 2020 restera gravé dans nos mémoires. Tout du moins, dans celles des passionnés de sport français en général, à défaut de marquer les plus aigris d’entre nous. Car 23 ans après Laurent Brochard, sacré champion du monde à San Sebastian, Julian Alaphilippe est allé décrocher l’arc-en-ciel au sommet des collines d’Émilie-Romagne, avant d’atterrir sur le circuit d’Imola pour y lever les bras. Et si à vous aussi, le natif de Saint-Amand-Montrond vous a foutu les larmes, c’est normal. Au-delà de la longue disette de plus de 20 ans, et de l’immense émotion contagieuse du nouveau Roi de la petite reine, c’est aussi un soulagement pour le cyclisme (et le sport) tricolore.

La délivrance

Car oui. 23 ans, c’est long. Parfois placés (Anthony Geslin en bronze en 2005, Romain Bardet en argent en 2018), les Bleus n’ont jamais réussi à (re)mettre la main sur la tunique arc-en-ciel en élite depuis l’exploit de La Broche en 1997. Et si la France fait partie des nations favorites tous les ans depuis quelques années maintenant, Julian Alaphilippe n’y est pas étranger. Passé tout près à Bergen (Norvège) en 2017, il avait ensuite calé en 2018 sur le circuit d’Innsbruck (Autriche), dans l’Enfer d’Höttinger et ses pentes à 28%. En 2019, éreinté pour un Tour de France prodigieux et lessivé par la pluie et le froid britannique du Yorkshire, il n’avait pas pesé sur la course.

Cette fois, la donne fut différente. Ce championnat du monde, relocalisé à Imola, sur un circuit de 28 km comprenant deux difficultés courtes mais raides, a redistribué le cartes. D’un parcours pour grimpeurs prévu à Martigny (Suisse) à un tracé pour vrais puncheurs en Émilie-Romagne. Cela tombe bien, Alaphilippe est le meilleur d’entre eux, et l’a prouvé une fois de plus ce dimanche. Avec, il faut vraiment le souligner, un travail remarquable des Bernard, Pacher, Peters, Molard, Madouas, Elissonde et Martin.

Cyclisme 2020 - Championnats du monde 2020 - Course en ligne hommes - Julian Alaphilippe sacré

Julian Alaphilippe sacré champion du monde à Imola – AFP

Au bout de ce récital écrit sur le tableau noir du briefing de Thomas Voeckler samedi soir, un sentiment unique : la délivrance. Alaphilippe, lui, vient de réaliser son rêve, mais aussi celui de toute une génération de suiveurs et fans, souvent moquée le lundi matin à la machine à café, car les Pinot, Bardet, Alaphilippe and co ont encore tenu le rôle des magnifiques perdants sur le Tour de France ou les précédents Mondiaux. Après le maillot arc-en-ciel, qui sait, peut-être que la tunique jaune attendra l’un de nos Bleus en 2021 ? Laissez-nous le droit de rêver !

Avant Alaphilippe, Quartararo et Gasly ont dépoussiéré le sport français

Oui, cette année 2020 est définitivement hors normes pour le sport français. Car avant le show des Bleus d’Alaphilippe en Italie, ils sont deux à avoir mis fin à une longue, très longue disette dans leur discipline. L’un d’entre eux, d’ailleurs, ne s’est pas privé lui aussi pour mettre le bleu blanc rouge à l’honneur sur le territoire de la botte transalpine. Le 6 septembre dernier, Pierre Gasly remportait le Grand Prix d’Italie de Formule 1, à Monza. Le Normand devenait le premier pilote français à s’imposer en F1 depuis la victoire d’Olivier Panis à Monaco, le 19 mai 1996. Une éternité. Si le concours de circonstances a indéniablement joué en faveur du pilote AlphaTauri, son succès n’en reste pas moins une grande bouffée d’oxygène pour les sports mécaniques français, dans une discipline où un pilote tricolore n’a plus glané le titre mondial depuis 1993 et le sacre d’Alain Prost.





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Pierre Gasly, vainqueur du Grand Prix d’Italie à Monza – AFP

Ce sacre mondial, Fabio Quartararo, 21 ans, peut y croire en Moto GP. Le 19 juillet dernier, le Rookie de l’année 2019 enlevait le Grand Prix de Jerez en Espagne. Le premier pilote français à l’emporter dans la catégorie reine depuis Régis Laconi. Ce dernier s’était imposé à Valence (Espagne) le 19 septembre 1999. Leader du championnat du monde à six courses du terme de l’exercice 2020, le Niçois est, depuis, monté sur la plus haute marche du podium sur les Grands Prix d’Andalousie et de Catalogne. Exceptionnel, comme l’est cette année 2020 particulière.

Personne ne sait si sans cette pandémie, sans ces calendriers remodelés, les Alaphilippe, Gasly et Quartararo auraient réalisé ces mêmes exploits. Le dernier cité, peut-être. Soit, aujourd’hui, le sport français peut savourer. En ces temps difficiles, où la grisaille règne, au sens propre comme au figuré, ces héros ont remis de la couleur dans nos vies. Et ce n’est pas les plus grognards et jaloux qui nous enlèveront ce bonheur que seul le sport peut nous procurer. Et ça, c’est une certitude.

Dicodusport

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