Quel Tour de France pour Guillaume Martin ?
TOUR DE FRANCE 2023 – Guillaume Martin va prendre le départ de sa septième Grande Boucle. À 30 ans et en pleine possession de ses moyens, le leader de la Cofidis semble armé pour surprendre son monde. Dans l’ombre des grands leaders, Martin ne fait pas de bruit et reste discret. Une stratégie qui va devoir porter ses fruits en juillet.
Leader de la Cofidis depuis son arrivée en 2020, Guillaume Martin est en train d’atteindre l’acmé de sa carrière. Dans la force de l’âge et enfin arrivé à maturité, le Parisien d’origine vise haut pour ce Tour de France. En constante progression depuis qu’il est passé professionnel en 2017 et auteur d’une saison correcte jusqu’ici, tout est réuni pour que Martin performe sur les routes françaises cet été.
Un Dauphiné solide
Affaibli par la Covid-19 en février, Guillaume Martin s’est retrouvé retardé dans sa préparation. Après des premières courses poussives, il est monté en puissance petit à petit, mais toujours sans lever les bras. Sans victoire depuis le Tour de l’Ain 2022, Martin n’a pas démérité en 2023. En témoigne sa sixième place sur le Monument Liège-Bastogne-Liège ou encore ses tops 5 lors des épreuves de Coupe de France, Paris-Camembert et le Tour du Doubs.
Dernièrement, c’est sur le Critérium du Dauphiné qu’il s’est illustré par sa régularité. Grignotant des positions jour après jour, il a conclu la course à une superbe sixième place. Cependant, c’est sa capacité à suivre les bons coups en montagne qui a surpris. À son aise lorsque la route s’est élevée, Guillaume Martin a réussi à suivre les meilleurs derrière l’intouchable Vingegaard.

Une victoire d’étape pour objectif ?
Le philosophe du peloton vise le top 10 au classement général final. C’est le minimum pour celui qui a déjà terminé huitième en 2021. Martin semble être en mesure de faire mieux que cette position cette année. En plus de faire une place au général, le leader de la Cofidis ne peut pas exclure le fait de remporter une étape. Surtout que sa formation attend cela depuis 2008 ! Si les conditions sont réunies, il est clair que Martin ne va pas se priver de lever les bras.
Pour ce faire, la Cofidis a décidé d’aligner Izagirre, Zingle, Lafay, Renard, Perez, Geschke et Coquard aux côtés de Martin. En montagne, seul l’Espagnol semble en mesure d’épauler Guillaume Martin, mais le français est aussi capable de se débrouiller seul lorsque la route s’élève.
La priorité de Martin est le classement général. Il n’a pas l’intention de se lancer à la poursuite d’un hypothétique maillot à pois comme il l’a fait (avec brio) sur la Vuelta 2020. Une chute ou une grosse défaillance peut l’amener à revoir ses plans, mais personne ne lui souhaite cela. Sa progression est linéaire et ne semble pas vouloir s’arrêter de sitôt.

En forme trop tôt ?
Guillaume Martin a prouvé par le passé qu’il était fiable sur trois semaines. Il a terminé six des sept Tour de France qu’il a disputés. Son seul abandon l’an dernier étant dû au protocole Covid. Au-delà de sa fiabilité, sa régularité est impressionnante. Il n’a jamais terminé plus loin que la 23ème position au général final d’un Grand Tour.
Cependant, cette année, le Tour de France commence très fort dès le début avec de la montagne dès le cinquième jour de course. Il faudra donc être en forme de suite et ne pas oublier de monter en puissance, car l’étape du Markstein se déroule lors de l’avant-dernier jour de course. Normalement, la Grande Boucle laisse le temps à ses acteurs principaux de prendre leurs marques pendant la première semaine et atteindre un pic de forme lors de la dernière. Cette année, il n’en est rien, et les coureurs devront être bien préparés.

Guillaume Martin semble déjà dans une très bonne condition, contrairement à d’autres coureurs qui ont montré quelques difficultés au mois de juin (Carapaz, Bernal, Gaudu, Mas ou encore Landa). Cela est rassurant, mais le Normand d’adoption va-t-il pouvoir maintenir un tel niveau pendant encore un mois ? Attention à ne pas commencer trop fort le Tour de France avant de s’écrouler sur les derniers cols. Avec toute l’expérience accumulée depuis 2017, Martin ne doit pas tomber dans ce piège.
Enfin, le parcours convient parfaitement au leader de la Cofidis. Avec seulement 22 kilomètres de contre-la-montre cette année, l’opportunité est parfaite pour Martin. Surtout qu’il s’est amélioré dans cet exercice comme il l’a si bien démontré lors du Dauphiné, en terminant à une honorable 21ème place lors du chrono.
La victoire finale du Tour de France va vraisemblablement se jouer entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar. Cependant, l’écart entre les prétendants au podium est plus resserré que jamais. Pour peut-être la première fois de sa carrière, Guillaume Martin peut réellement croire en ses chances de top 5, voire mieux selon les circonstances. Après tout, Hindley, O’Connor, Landa, Gaudu, Bernal, Mas, S.Yates, Bardet et consorts n’ont pas impressionné jusqu’ici. Tout est à faire et Guillaume Martin peut bien être la bonne surprise de ce Tour de France 2023.


