Tour de France 2023 : Les 5 coureurs qui vont vous surprendre
TOUR DE FRANCE 2023 – Ils sont peu ou pas connus du grand public, mais pourraient se révéler sur les routes de la Grande Boucle. Présentation de 5 coureurs à très fort potentiel, et qui ont tout pour crever l’écran sur les trois semaines de course.
Torstein Traeen (Uno-X Pro Cycling)
Pour la première invitation de son histoire sur le Tour de France, la Uno-X Pro Cycling ne vient pas à Bilbao pour y faire de la figuration. Il y aura une équipe très solide, avec Alexander Kristoff en sprinteur et Tobias Johannessen en leader. Mais, ce dernier n’a pas montré de gages si rassurants que cela en 2023. Et, la formation norvégienne possède un autre atout dans sa manche. Torstein Traeen ne fait pas beaucoup de bruit, mais sa saison 2023 est magnifique. Il vient de terminer à la 8ᵉ place du Critérium du Dauphiné, en prenant la même place de l’étape reine vers la Croix-de-Fer. Dans la région Auvergne-Rhône Alpes, il est monté en puissance tout au long de la semaine. Âgé de 27 ans, il est dans la fleur de l’âge pour un cycliste.
C’est aussi une belle histoire. Car Torstein Traeen a eu un cancer la saison passée. Un cancer qui a été décelé à la suite… d’un contrôle antidopage. Une histoire révélée par le principal intéressé. Alors qu’il venait de prendre la 8ᵉ place au général du Tour de Catalogne. Il a dû couper durant quatre mois la compétition, avant de revenir et d’avoir des résultats à la fin de l’année 2022. En bref, c’est un bon grimpeur, qui sait être régulier. On pourrait le voir à l’attaque pour un maillot à pois, voire des victoires d’étape. À moins qu’il ne se concentre sur le classement général en cas de défaillance de Johannessen. Comme ce fut le cas sur le dernier Critérium du Dauphiné.

Corbin Strong (Israel-Premier Tech)
Pour ceux qui ont suivi les aventures d’Israel-Premier Tech sur le Giro, ils ont dû voir les exploits répétés et les multiples 2ᵉ place d’étape de l’infatigable Derek Gee. La formation israélienne, longtemps réputée pour être la maison de retraite des anciennes gloires, a changé d’identité avec sa relégation chez les ProTeams, à l’issue de la saison passée. Et a décidé de miser davantage sur la jeunesse et des coureurs offensifs. Choix fort de la formation israélienne, Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour de France (2013, 2015-17), a été écarté de la sélection pour le Tour de France. Jugé hors de forme. Mais, la formation a également écarté Jakob Fuglsang, double vainqueur du Dauphiné (2017 et 2019) ainsi que de Liège-Bastogne-Liège en 2019. Deux énormes cadres, deux grands noms du cyclisme mondial. On retrouve des vétérans comme Michael Woods, mais qui sont des coureurs en forme et résolument portés sur les offensives.
Puis, au milieu, il y a le jeune sprinteur Corbin Strong. Seulement 23 ans. Mais, déjà, quelques très beaux résultats. Notamment au niveau World Tour. Une 5ᵉ place de la 4ᵉ étape du Santos Down Under, mais aussi des 3ᵉ et une 4ᵉ places lors du Tour de Catalogne. Il est passé tout près de la victoire sur la 2ᵉ étape de la Route d’Occitanie au mois de juin. Capable aussi d’être là sur les parcours escarpés, comme en atteste sa 9ᵉ place au Faun Drôme Classic. Il peut sans doute se glisser dans des échappées sur des étapes vallonnées. Et, faire parler sa pointe de vitesse. Car sur les étapes pour purs sprinteurs, il lui manquera sûrement un petit quelque chose, face aux cadors des derniers 200 mètres.
Biniam Girmay (Intermarché-Circus-Wanty)
À l’heure où tout le monde a le regard tourné sur les purs sangs du sprint et la lutte pour le maillot vert, personne ne surveille Biniam Girmay. Et, pourtant, à l’heure où les étapes, même de plaine, sont de plus en plus dures, il a le profil idéal pour remporter le maillot vert. Biniam Girmay écrit l’histoire du cyclisme africain. Premier coureur subsaharien à remporter Gand-Wevelgem en 2022, il a un peu marqué le pas en ce début d’année 2023. Mais il revient fort ! Il a claqué une très belle étape sur le Tour de Suisse. Devant des Arnaud Démare et Wout Van Aert, qui ont tous deux remporté des sprints massifs sur le Tour de France. Car l’Érythréen semble avoir gagné en vélocité cette saison.
Sa première expérience en Grand Tour ne s’était pas trop mal passée. Lors du Giro 2022, il avait totalisé 6 tops 5 d’étape en 10 journées de course. Dont sa victoire sur la 10ᵉ étape. Malheureusement, en ouvrant la bouteille de Prosecco, il se met le bouchon de liège dans l’œil. Abandon le lendemain. Mais, il a prouvé là-bas sa grande régularité. Capable de prendre les échappées et de se battre dans les sprints massifs, c’est exactement ce qui en fait un candidat crédible au maillot vert. Rien que sur les étapes basques, il peut engranger des points là où les purs sprinteurs n’en prendront pas. Et, prendre une avance non négligeable. Les étapes de Limoges, d’Issoire et Belleville-en-Beaujolais peuvent lui être très favorables.

Axel Zingle (Cofidis)
Coureur polyvalent et qui a fait ses preuves en 2023, avec sa victoire sur la Classic Loire-Atlantique, mais aussi de très nombreuses places d’honneur, avec deux top 5 cette saison, dont une 3ᵉ place au classement général des Boucles de la Mayenne. Il lui manque sans doute encore un peu de caisse au niveau World Tour, malgré une 4ᵉ place sur la première étape du Critérium du Dauphiné au mois de mai.
Son profil polyvalent peut être intéressant. Axel Zingle possède une bonne pointe de vitesse, qui lui a permis de triompher sur la Loire. S’il prend des échappées, cela peut lui permettre de faire des différences dans le final. Le Tour de France sera le premier Grand Tour de sa jeune carrière. Un facteur qui peut soit bloquer, soit sublimer. Mais on en a vu d’autres briller sans être passés auparavant par un Giro ou une Vuelta. On pense forcément à Thibaut Pinot en 2012. Vainqueur d’étape et 10e du général cette année-là.

Mattias Skjelmose (Lidl-Trek)
Il a franchi un très gros cap sur le Tour de Suisse. Mattias Skjelmose est passé d’un très bon coureur sur les courses inférieures, comme en atteste sa 2ᵉ place sur l’Étoile de Bessèges, à un vainqueur du Tour de Suisse en début du mois. Devant Remco Evenepoel, Juan Ayuso et d’autres grands coureurs, à seulement 22 ans, lui qui est justement de la génération Evenepoel. Bon grimpeur, bon coureur de contre-la-montre (6ᵉ et 3ᵉ sur les deux chronos du Tour de Suisse), il peut, pourquoi pas, tenter sa chance sur le classement général.
Il n’aura pas de pression folle pour sa découverte du Tour de France, au sein d’une équipe Lidl-Trek résolument tournée vers l’offensive. Avec notamment un coureur comme Giulio Ciccone, qui va certainement chasser les pois et les victoires d’étape. Des coureurs qui vont attaquer également, comme Juan Pedro Lopez, Tony Gallopin, Jasper Stuyven voire Quinn Simmons. Et, si par bonheur, cela venait à bien se passer, son équipe est loin d’être affreuse dans la moyenne et la haute montagne. Maintenant, entre briller sur une course d’une semaine et briller sur une course de trois semaines, il y a quand même un gros cap. Que certains ont eu de la peine à franchir par le passé.

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