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Rodez Aveyron Football – Olympique Lyonnais : tempête fenotte en terre rafette

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Rodez OL Féminin

La dernière journée de championnat a livré son verdict. L’ASPTT Albi et l’Olympique de Marseille s’en vont main dans la main en D2. Le Paris Saint-Germain aura droit à son épopée européenne. Et le ventre mou du classement, ces équipes dans un mouchoir de poche, de Soyaux, 5ème avec 24 points à Guingamp, 10ème avec 22 points, regardent avec soulagement le couperet de la D2 passer sur la nuque de quelqu’un d’autre. Ainsi en est-il de Rodez, 9ème, à 22 points, malgré la gifle 6 buts à rien infligée par un Olympique Lyonnais, invaincu.

Rodez est le chef lieu de l’Aveyron. L’Aveyron est un département qui se niche entre les Cévennes et la Dordogne, et qu’il ne faut surtout pas confondre avec la Lozère sous peine de vous attirer les foudres des Aveyronnais du Sud comme du Nord (qu’il ne faut également pas confondre).

Pour les pieux et les pèlerins, Rodez se résume à sa cathédrale gothique du XIIIème siècle, autour de laquelle s’organise la vieille ville. Pour les gourmets, Rodez rime avec aligot, tripou et farçou. Pour les fous de ballon rond, Rodez est une équipe de foot, qui se maintient dans l’élite depuis 2010 et qui, au soir du 27 mai, rempile pour une saison supplémentaire au pays des grandes, celui des Lyonnaises, Parisiennes et Montpelliéraines. Une saison de plus en D1, malgré la gifle reçue à domicile face à la bande à Renard, qui depuis leur victoire à Kiev le 24 mai, marchent littéralement sur l’eau.

Les frissons de bas de classement

Dans cette ultime rencontre de championnat où tous les frissons étaient concentrés sur le bas du classement, les Rafettes (petit nom des joueuses de Rodez) maudissaient sans doute le sort. Affronter les championnes de France en titre (depuis trois journées de championnat), championnes d’Europe en titre (depuis trois jours) alors que l’on joue son maintien, c’est courir un cent mètres en partant 150 mètres derrière.

Finalement, l’histoire tout est bien qui finit bien pour les Rafettes. Le 6-0 encaissé n’a pas changé leur destin, Albi s’est sacrifié pour accompagner Marseille dans la descente en D2.

Pourtant, sur le papier, elles auraient pu croire en leur chance, ces Rafettes. Un onze lyonnais sans Le Sommer, sans Renard, ni Bronze, ni Henry, et surtout sans notre hyperloop préféré, Shanice Van de Sanden, il y avait sans doute une carte à jouer.

Pour leur der des ders en championnat, Pedros avait aligné Camille Abily, brassard de capitaine au bras et Corinne Petit, en défense. Le reste, des taulières, Hegerberg, Marozsan. Des toutes jeunes, Bacha, Laurent. Des revenantes, Houara d’Hommeaux, Peyraud-Magnin, en remplacement d’une Bouhaddi blessée, bientôt opérée.

Une année lyonnaise

Mais contre ce groupe-là, cette saison, il n’y a rien à faire. Abily joue au poste de Le Sommer ? Buchanan remplace Renard ? Cascarino remplace Majri ? Demandez aux Rafettes, c’est du pareil au même. Fluidité du jeu, pressing, rouleau compresseur. Avalanche de buts. Contrairement à Marseille, Albi, Lille ou même le Fleury FC qui avaient résisté une mi-temps, cette fois, le gros œuvre s’est achevé dans les 45 premières minutes.

D’abord Emeline Laurent, de la tête (0-1, 8’), puis Hegerberg soucieuse de ses stats, marque le deuxième but de la rencontre, son 31ème but en championnat (0-2, 21’). Capitaine Camille ensuite, pour son ultime doublé, notamment grâce à une frappe somptueuse qui se fiche dans la lucarne de la gardienne ruthénoise Niphon (33’ et 41’) pour le 0-4. Enfin, comme pour continuer la fête commencée à Kiev, Le Sommer, entrée en cours de match en remplacement d’Ada Hegerberg, marque à deux reprises, et à trois minutes d’intervalle (66’ et 69’).

A 20 minutes de la fin, la messe était dite, les cloches de la cathédrale peuvent sonner pour célébrer la saison de feu des Fenottes et le maintien dans l’élite des filles du pays. Manière de prendre date aussi pour le prochaine affrontement Rafettes / Fenottes, version cru 2019.

Seul tourment dans ces riches heures lyonnaises, la nouvelle blessure de Jessica Houara, sur le même genou, synonyme de nouvelle opération. C’est ainsi qu’elle aura terminé sa carrière lyonnaise, et on a hâte de la revoir sous d’autres couleurs, plus en forme, encore plus.

Pour que le triomphe des Lyonnaises soit complet cette saison, un ultime obstacle. Toujours ce même poil à gratter, qui commence par Paris, se termine par Saint-Germain. Finale de la coupe de France, jeudi 31 mai, Strasbourg. La belle affiche. Les Parisiennes ne veulent pas se contenter des miettes. Et les Lyonnaises ont ceci d’extraordinaire qu’elles jouent chaque match comme une finale de Women’s Champions League.

Camille Cordouan


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

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