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Roland-Garros 2025 : Lois Boisson peut-elle aller au bout du rêve ?

Etienne Goursaud

Publié le

Roland-Garros 2025 - Lois Boisson peut elle aller au bout du rêve ?
Photo Icon Sport

ROLAND-GARROS 2025 – En quarts de finale, Lois Boisson affronte Mirra Andreeva. Forte de son parcours exceptionnel, la Française peut-elle gagner le tournoi ? 

Mirra Andreeva, encore un cran au dessus de Jessica Pegula

Si Lois Boisson a réalisé ce lundi, face à Jessica Pegula, un des exploits majeurs à Roland-Garros au 21ème siècle, la marche va encore monter d’un cran ce mercredi, lors de son quart de finale. Avec Mirra Andreeva, la jeune prodige russe de 18 ans, n°6 mondiale, et demi-finaliste sortante ici même. Actuellement troisième à la Race, classement qui recense les points pris sur l’année en cours. 16ème joueuse mondiale à la fin de l’année 2024, elle a déjà énormément progressé. En atteste ses deux succès en WTA 1000, à Indian Wells et Dubaï. Son début de tournoi est limpide. Quatre matchs, aucun set perdu Porte d’Auteuil. Et une moyenne de 6,5 jeux perdus par match.

Lois Boisson le sait, elle va encore devoir monter son curseur en défense. Face à elle, Jessica Pegula a décoché 45 coups gagnants en 29 jeux, soit 1,55 par jeu. Dans ses standards (1,44 au 3ème tour contre Marketa Vondrousova). Si Mirra Andreeva n’est pas forcément plus impressionnante en coups gagnants, elle a cette capacité à plier l’échange en quatre coups ou moins (39-21 contre Cristina Bucșa au 1er tour, 37-23 contre Ashlyn Krueger au 2ème tour, 31-18 contre Yulia Putintseva et 23-19 contre Daria Kasatkina en 8ème de finale, le seul match où elle a pris davantage l’ascendant sur les plus longs échanges).

Les courts échanges ont été en faveur de Jessica Pegula contre la Tricolore (39-46). Beaucoup de points sur cette courte filière, qu’il faudra impérativement éviter, notamment sur le service de la Russe. On connait la capacité de la Française à parfois faire le point rapidement avec son coup droit. Mais il faudra être patient, comme elle a su l’être à partir de la seconde manche contre l’Américaine. Mirra Andreeva c’est un vrai mur que certains spécialistes voient vraiment aller au bout de ce Roland-Garros. Favorite à la même échelle qu’Aryna Sabalenka, Iga Swiatek et Coco Gauff. Trois joueuses qui sont encore dans le tournoi. Lois Boisson en croisera au moins une, certainement deux, des trois, si elle veut gagner le tournoi. Les marches grimperont à chaque tour passé.

Lois Boisson n’a plus aucune pression

Financièrement, sportivement et populairement, Lois Boisson a déjà tout réussi à Roland-Garros. Avec plus de 400.000$ de gain, celle qui était dans la difficulté financièrement va s’offrir un bon bol d’oxygène, tout en pouvant optimiser des points de préparation dans le futur. Des stages qui peuvent avoir un coût, par exemple. Sportivement, elle va atteindre, au pire, la 121ème place mondiale, ce qui sera le meilleur classement de sa carrière. À un match d’être 61ème et n°1 tricolore. Quoi qu’il en soit, c’est un gain de 240 places qui va lui assurer de jouer les qualifications de tous les tournois du Grand Chelem et des Masters 1000. Et d’entrer dans des tableaux en WTA 125, au pire.

Populairement, la France a découvert et s’est pris de passion pour la Française, qui étonne et détonne au fil des tours et de ses exploits. Déjà deux têtes de séries abattues, dont la n°3 mondiale. Une « Une » du journal l’Équipe ce matin. De quasi inconnue, sauf des suiveurs les plus assidus, elle se retrouve dans toutes les discussions sportives de la semaine. Si l’exposition peut être dure à gérer, elle va forcément ouvrir des portes. À partir de là, que peut perdre Lois Boisson ? Si ce n’est gagner et continuer son rêve. La pression ne sera clairement pas sur elle sur ce quart de finale. Si ce n’est, peut-être, la pression populaire. Mais on a vu, lors du match précédent, que son niveau de jeu est monté au fil du remplissage du court Philippe Chatrier.



D’autres sont allé au bout de leur rêve

Avant Lois Boisson, d’autres ont été des invités surprises sur Roland-Garros. Et certains sont allés au bout de leur rêve. On pense à Gustavo Kuerten, 66ème joueur mondial en 1997, quand il gagne Roland-Garros. À l’époque, seulement le troisième joueur non tête de série à triompher Porte d’Auteuil, chez les hommes. Rien ne prédisposait celui qui n’avait encore jamais remporté de titre sur le circuit ATP, à réaliser une telle performance. Quelques années plus tard, en 2004, rien ne prédestinait Gaston Gaudio à aller au bout de son rêve. Le 44ème joueur mondial, même s’il était capable de performer sur terre, n’avait pas forcément les armes. Pourtant et en cinq sets d’une finale étrange, il soulève la Coupe des Mousquetaires.



Chez les femmes, même si elle avait fait une finale en Premier 5 (ancien nom des WTA 1000), Jelena Ostapenko n’était que 42ème joueuse mondiale avant Roland-Garros 2017. Tournoi dans lequel le monde entier va découvrir la puissance dévastatrice de la Lettone (qui fait encore des ravages sur le circuit quand son jeu est en place). Des parpaings en coup droit à plus de 140 km/h (aussi vite qu’Andy Murray au sommet de son art). Et frapper fort, Lois Boisson sait aussi faire. Si elle venait à remporter le tournoi, on serait sans doute sur un des plus grands exploits de tous les temps dans un tournoi du Grand Chelem.

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