Rugby : Le point sur le début de saison des champions du monde U20
RUGBY – Sacrés champions du monde U20 le 14 juillet dernier, comment les Bleuets se comportent-ils en ce début de saison 2023-2024 ? Beaucoup ont du temps de jeu en club, en Top 14 comme en Pro D2. Certains sont même devenus incontournables.
Chaque équipe de Top 14 et Pro D2 doit aligner, à la fin de la saison, une moyenne de 16 JIFF (joueurs issus de la formation française). Et cela tombe bien, la formation française, elle se porte à merveille depuis quelques années. Les U20 sont même triples champions du monde en titre. De la génération Romain Ntamack, championne du monde 2018, à celle de Nicolas Depoortère, sacrée le 14 juillet dernier en passant par celle d’Arthur Vincent, championne du monde en 2019, des vagues dorées de Bleuets se succèdent pour maintenir la jeunesse tricolore sur le toit du monde. Et si les champions du monde 2018 et 2019 se sont bien intégrés dans l’élite du rugby français et que certains portent le maillot de l’équipe de France, qu’en est-il de la cuvée 2023, six mois après le titre ?
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Ils étaient déjà très présents en club
Pour beaucoup, l’intégration se passe bien. Certains n’ont pas attendu d’être champion du monde pour être des pierres angulaires de leur club. C’est le cas de Baptiste Jauneau, demi-de-mêlée de l’ASM Clermont Auvergne. S’il est actuellement touché à la cheville, le joueur de 20 ans totalisait déjà 24 apparitions en Top 14 l’an passé, pour 804 minutes jouées. En devenant titulaire au fil de la saison. Il a commencé neuf rencontres dont les quatre derniers matchs de championnat. Il a entamé l’exercice 2023-2024 dans la peau du titulaire, avant de se blesser.

Baptiste Jauneau – Photo Icon Sport
Si Léo Carbonneau a connu le malheur de la descente en Pro D2 avec son club du CA Brive, il a pu engranger pas mal d’expérience dans l’élite du rugby français la saison passée. Avec neuf matchs disputés avec les Brivistes. Dont cinq lors des dix dernières journées de championnat. Resté fidèle à son club, malgré la descente en Pro D2, le demi-de-mêlée est devenu incontournable. Il a disputé l’ensemble des 14 matchs de Pro D2, dont onze en tant que titulaire.
C’était aussi le cas de son coéquipier briviste Mathis Ferté. L’arrière était un joueur important de l’effectif, avec 17 apparitions en Top 14, dont treize titularisations. Capable de jouer ailier, arrière (son poste de prédilection), mais aussi de dépanner en demi-de-mêlée, sa polyvalence en fait une sacrée option. En Pro D2, il n’a manqué que la première journée et n’a été remplaçant que dans la seconde. Jouant, encore une fois, un match (contre Valence-Romans) en demi-de-mêlée.
Également en Pro D2, du côté de Provence, l’ailier Léo Drouet était déjà un joueur important de l’effectif de cette équipe provençale qui en cesse de progresser. Si les Provençaux n’ont pas pu atteindre les phases finales, il avait été titularisé à douze reprises la saison passée, pour quatre essais. En sachant qu’il a manqué des matchs pour cause de Tournoi des Six Nations U20. Cette année, au sein d’un effectif qui semble armé pour jouer la montée (2e de Pro D2), l’ailier a mis du temps à revenir. Mais depuis la 4e journée, il a joué à huit reprises, avec un essai marqué contre Soyaux-Angoulême.
Ils sont devenus incontournables cette saison
D’autres sont devenus cette année des joueurs incontournables. Preuve en est, le classement des meilleurs franchisseurs du Top 14 est dominé par deux champions du monde U20. En tête, le centre de l’UBB, Nicolas Depoortère, avec 10 franchissements. Soit un de plus que l’arrière/ailier Théo Attissogbé. Si le Bordelo-Béglais avait commencé à s’imposer dans la rotation l’an passé, notamment à partir de la seconde moitié de saison, le second, qui évolue à Pau, n’avait pas disputé la moindre minute en top 14. Ils sont devenus incontournables cette saison.
Nicolas Depoortère n’a débuté qu’un des dix matchs sur le banc et a inscrit trois essais, dont un lors de la dernière journée contre le LOU. Hors Challenge Cup, Théo Attissogbé n’a manqué que la première journée. Aligné à l’aile de la 2e à la 9e journée, il a prouvé, contre Clermont, qu’il pouvait aussi jouer à l’arrière. Point commun entre les deux équipes ? Elles jouent les premiers rôles cette saison dans l’élite du rugby.
À Perpignan, dans la lutte pour le maintien depuis la saison passée, Posolo Tuilagi impressionne par ses charges, depuis le deuxième moitié de l’exercice précédent. Celui qui n’a que 19 ans (donc encore éligible U20), s’est imposé dans le pack d’avant. Titulaire lors de sept des dix matchs qu’il a eus à disputer. Avec un essai magnifique à la clé contre Pau (lire ci-dessous). L’USAP est dans la course au maintien.

Et on a envie de ranger Paul Costes dans cette catégorie. Car, dans un effectif aussi concurrentiel que celui du Stade Toulousain, le trois-quart centre a été très en vue depuis le début de saison. Il a d’abord profité de l’absence des internationaux avant le Mondial. Mais au retour de ceux-ci, il est toujours dans l’effectif. Même si on ne l’a plus vu depuis la 7e journée. Titulaire à cinq reprises en Top 14, il a marqué un essai. Et il a fait de superbes apparitions en Champions Cup, au cœur des deux démonstrations de son équipe.
Ils sont dans la rotation
Transféré de Grenoble à l’UBB, le jeune troisième ligne Marko Gazzotti n’était pas un titulaire indiscutable en Pro D2, avec neuf matchs disputés – en comptant la demi-finale et l’access-match – dont trois seulement en titulaire. S’il n’est pas encore indiscutable à Bordeaux, son début de saison est intéressant. Il a disputé six matchs de Top 14, dont cinq en tant que titulaire. Déjà deux de plus qu’en Pro D2 et dans une équipe qui joue le haut de tableau. Il a également disputé des minutes en Champions Cup. Il s’est illustré contre le LOU, avec un essai magnifique, qui a relancé son équipe.
Apparu en fin de saison avec le Stade Rochelais, l’ouvreur Hugo Reus alterne les titularisations et les matchs débutés sur le banc cette saison. Mais il est déjà apparu sept fois en Top 14 et deux fois en Champions Cup. Contre Bayonne, lors de la 6e journée, entrée en jeu, il a offert, sur une pénalité très compliquée, la victoire à son équipe. Si le Stade Rochelais est dans le dur, lui s’impose comme un joueur important de l’effectif.

Le Palois Hugo Auradou gagne petit à petit du temps de jeu cette saison. Le deuxième ligne a été sur la feuille de match des dix matchs de Top 14 qu’a disputé son équipe. D’abord aligné quatre fois en tant que remplaçant, il a été titularisé lors de la 5e journée. Il a gagné du galon, titulaire lors de deux des trois derniers matchs de Top 14, mais aussi une fois en Challenge Cup. Une évolution très intéressante dans un club très compétitif. Mais il avait déjà découvert le Top 14 la saison passée (3 titularisations) et était même apparu lors de trois matchs de Challenge Cup, dès la saison 2021-2022.
Lenni Nouchi était apparu dix fois la saison passée, avec le Montpellier HR, dont six fois en tant que titulaire. Si son club connaît un début de saison très compliqué, scotché à la dernière place du championnat, le troisième ligne poursuit son apprentissage, apparu huit fois cette saison. Mais titularisé qu’à deux reprises. L’avenir dira s’il peut jouer un rôle plus important dans le redressement de son club.
En Pro D2, le talonneur Pierre Jouvin engrange du temps de jeu à Agen. Apparu deux fois en tant que remplaçant la saison passée, il a déjà disputé sept matchs dans le deuxième échelon professionnel français.
Pour eux, c’est plus compliqué
Zaccharie Affane n’a pas encore disputé la moindre minute avec l’UBB cette saison. Le pilier de 19 ans poursuit son apprentissage avec les Espoirs. C’est aussi le cas pour son coéquipier en première ligne Lino Julien.
Le cas Oscar Jégou
Le Rochelais avait bien entamé la saison, titularisé lors de deux des trois matchs avant le Mondial, avec son club du Stade Rochelais. Puis, il s’est fait contrôler positif à la cocaïne. Révélant visiblement un mal dans le monde du rugby. Les instances se sont montrées clémentes avec le troisième ligne, qui n’était apparu qu’en tant que remplaçant lors de la dernière journée de Top 14. Il a écopé d’un mois de suspension. Parti pour s’imposer a minima dans la rotation du double champion d’Europe en titre. Privé des terrains d’entraînement après ce contrôle, le Français peut-il voir sa carrière freinée ? On aura sans doute des éléments de réponse en 2024.



